La semaine dernière, je vous ai parlé des perspectives de croissance de par le Monde pour 2019 avec des prévisions à la baisse, notamment pour l’Europe ; 1,6 % sont attendus en 2019 contre 1,9 % enregistrés en 2018.
Cette situation ne va pas constituer un élément positif pour l’Europe lors de la prochaine campagne électorale. La situation économique devrait être un des thèmes des débats.
L’Europe ne peut accepter sans réagir à ce retournement de croissance, et se réfugier derrière l’évolution internationale. L’Europe, et plus particulièrement la zone euro ont les moyens de conjurer ces prévisions négatives.
Il ne peut être question de solliciter à nouveau la politique monétaire, pour au moins deux raisons :
  • La politique exceptionnelle d’assouplissement monétaire conduite depuis 5 ans par la banque centrale européenne (BCE) n’a eu qu’un impact de 0,4 % sur la croissance annuelle de la zone euro
  • La BCE a amorcé l’atterrissage en diminuant ses achats de titres tant publics que privés, mais n’a pas, à la différence de la Banque centrale américaine, la FED, commencé à relever les taux d’intérêt. Il ne parait pas opportun de revenir en arrière sauf à prendre de grands risques de créer des bulles financières par l’abondance des liquidités et l’argent facile.
Par ailleurs, la situation européenne se caractérise par des déséquilibres entre les pays du Nord en tête desquels se trouve l’Allemagne qui cumulent excédents budgétaires et balances commerciales positives, et les pays du Sud qui ne cessent d’enregistrer des déficits sur les deux tableaux. Si rien n’est fait, les économies continueront de diverger alors que la durabilité du succès de l’intégration monétaire passe par la convergence économique.
N’oublions pas que l’arme de la dévaluation ne peut plus être utilisée pour rétablir la compétitivité. Heureusement que le niveau de l’euro par rapport au dollar, malgré sa récente réappréciation, est moins handicapant qu’il ne le fût.
Pouvons-nous demander plus aux Grecs qui ont accepté tant de sacrifices, ou aux Espagnols dont certains ont vu leurs salaires diminuer ?
Après avoir envisagé prendre des libertés avec les règles européennes, les Italiens ont modifié leur projet de budget ; faisant fi de leurs déclarations pré-électorales, les nouveaux dirigeants italiens ont accepté de renflouer la banque Carige.
Quelle qu’en soit la difficulté, une solution réside dans l’utilisation par les pays excédentaires, et notamment l’Allemagne, de leurs capacités de relance par le financement d’investissements publics.
Alors que l’Eurozone enregistre un déficit public moyen de 0,6 % du PIB, l’Allemagne a un excédent de 1,7 %. L’Allemagne doit aider la zone à retrouver le chemin de la croissance. C’est son intérêt de favoriser la convergence économique essentielle à la stabilité de la zone.
Au-delà de contexte global, nous enregistrons des éléments positifs :
Rappelons les deux récentes avancées européennes du dernier Conseil européen des Chefs d’Etat et de gouvernement. Il a acté le principe de la création d’un instrument budgétaire.
Il s’agit d’une avancée, mais il faut aller plus loin dans la mise en place d’un véritable gouvernement économique de la zone euro.
Au-delà de cette symbolique décision, le sommet a pris deux décisions importantes :
  • La mise en place d’un « filet de sécurité supplémentaire » en cas de grave faillite bancaire
  • La réforme du mécanisme européen de stabilité (MES), le fond d’aide aux Etats en difficulté créé à l’occasion de la crise grecque.
Il faut également rappeler que la directive contre la planification fiscale agressive, également dénommée « Anti Tax Avoidance Directive (ATAD) » s’applique depuis le 1er janvier. Ce texte édicte des règles pour empêcher la perte de matière fiscale pour l’Union européenne (UE).
S’appuyant sur des normes mondiales élaborées par l’OCDE en 2015, ces règles devront s’appliquer dans chacun des Etats de l’Union, notamment par
  • La taxation de tout bénéfice transféré vers un pays à faible imposition
  • Le contrôle des intérêts susceptibles de diminuer l’assiette imposable.
Ce dispositif est mis en place alors que dans le même temps se sont développés les échanges d’informations entre les Etats-membres et qu’a été établie la liste noire des paradis fiscaux.
Force est de constater que l’Europe bouge en matière fiscale. Il faut aller plus loin et avoir une plus grande harmonisation fiscale.
Dans cette logique, il convient de saluer la dernière initiative de M. Pierre MOSCOVICI, commissaire européen aux affaires économiques et financières, à la fiscalité et à l’union douanière qui n’a pas hésité à critiquer l’unanimité qui « …ne protège plus la souveraineté comme l’affirme certains Etats-membres. Il est temps de constater que face aux menaces actuelles, elle n’est plus un rempart mais un obstacle. »
Un Etat ne peut rien faire seul contre le dumping fiscal ; nous devons tous ensemble nous protéger.
Quelles que soit les chances de succès d’une telle perspective, il est salutaire qu’un des principaux membres de la commission ait osé le dire, et il serait opportun que le sujet soit repris dans le débat des prochaines élections.
Saisissons l’opportunité de ce prochain rendez-vous électoral pour faire bouger les positions, et remettre l’Europe en mouvement.
Tous ensemble, nous aurons plus de forces pour affronter notre monde turbulent, et permettre à l’Europe de retrouver sa place dans le Monde. Que pourrions-nous faire seuls ?
A défaut, ce sera la place à tous les populismes, à tous les extrêmes, à tous les vieux démons européens qui ont conduit le vieux continent à son déclassement.
Dov ZERAH MARDI 29 JANVIER 2019
Je vous invite à me retrouver le mardi matin à 7h05 sur Radio J 94.8 FM pour ma chronique économique et financière. 
De plus, j’invite toute personne intéressée par l’information économique sur l’Afrique,  à consulter le site « economiesafricaines.com »  Merci

3 Commentaires

  1. Tout cela sera du PIPI de chat lorsque l’Eurabia ser en place.
    Lorsque qu’un parti genre « Démocrate-Musulman » (pendant de Démocrate-Chrétien) sera dans l’hémicycle, cLes islamistes déchireront tous les actes.

  2. Bonnes nouvelles… Quoi donc ?
    On a raté un épisode ?
    Faut arrêter de leurrer les européens ! Ya pas d’Europe unie et y en aura jamais.
    Tous ces pays qui la composent sont différents, d’autres langues, se sont mis sur la gueule depuis toujours, et tous pensent différemment !
    De plus, ces économies disparates et les niveaux de vie différents font qu’il faudrait un millénaire pour qu’une réelle économie commune voit le jour.
    Et si l’Allemagne est en solde positif, c’est qu’elle est besogneuse et bien gérée. Deux fois moins de ministres et secretaires d’état, et les frais de gouvernance sont eux aussi divisés par… 4!
    Merkel paye un loyer et voyage sur des avions commerciaux… Et le pognon alloué aux émigrés est dépensé en Allemagne.
    Et on vole beaucoup moins…
    Et il faudrait que les allemands payent ?
    Mais ils vont se barrer, cher Dov ! Le deuxit nous pend au nez !
    En fait, je pense que le départ des Juifs les prive de la Bénédiction. Et après tout ce qu’ils nous ont spolié et massacré, et qu’ils continuent avec leurs condamnations, ce n’est que justice. On se barre. Et on ramasse nos billes, bien entendu.

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