Quand les convictions politiques s’effondrent comme un château de cartes
Depuis des années, certains responsables politiques israéliens ont fait de leur opposition aux partis ultra-orthodoxes un véritable cheval de bataille. Ils ont dénoncé, attaqué, parfois même diabolisé ceux qui consacrent leur vie à l’étude de la Torah, l’un des fondements les plus sacrés du peuple juif.
Liberman, Bennett, Yaïr Golan et d’autres ont construit une partie de leur discours politique sur des lignes rouges présentées comme infranchissables. Ils ont fait des promesses à leurs électeurs, juré de ne jamais céder, de ne jamais s’asseoir avec certains partis.
Et aujourd’hui ? Tout s’effondre.
Ce qui était inacceptable hier devient soudainement négociable. Ceux qu’on refusait de fréquenter deviennent des partenaires potentiels. Les convictions s’effacent, les promesses s’envolent et les électeurs découvrent que les principes défendus pendant des années peuvent disparaître en quelques heures.
Tout cela pour une seule raison : remplacer Benjamin Netanyahou.
Je le reconnais, j’ai moi-même été assez naïve pour croire, pendant des années, que certains de ces discours reposaient sur de véritables convictions. Aujourd’hui, je me demande combien d’électeurs ont été pris pour des imbéciles.
L’histoire du peuple juif est marquée par des tentatives répétées d’entraver l’étude et la transmission de la Torah. Voir aujourd’hui cette étude devenir un instrument de marchandage politique me laisse un goût particulièrement amer.
Dans ce paysage de contradictions, je tiens néanmoins à saluer le parti ultra-orthodoxe séfarade Chas. Qu’on partage ou non ses positions, il a au moins maintenu son engagement envers Netanyahou, sans sacrifier son alliance au nom d’une opposition personnelle à l’homme.
La fidélité à la parole donnée mérite aussi d’être reconnue en politique.
Reste maintenant à observer comment ceux qui ont passé des années à stigmatiser, vilipender et discréditer les partis ultra-orthodoxes envisagent soudainement de gouverner avec eux. Et comment ceux qui refusaient catégoriquement certaines alliances sont désormais prêts à reconsidérer leurs propres interdits.
On nous parlait de valeurs, de principes, de convictions et de lignes rouges.
Aujourd’hui, on découvre surtout que la seule ligne rouge qui semble compter est celle qui permet d’écarter Netanyahou.
Quel triste spectacle pour les électeurs qui ont cru à ces promesses.
Sarah Ben La Matinale – l’info en direct d’Israël.
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