La justice londonienne examine mardi la demande de remise en liberté conditionnelle du fondateur de WikiLeaks, en détention provisoire depuis une semaine, dans l’attente d’un jugement sur son extradition en Suède.Le fondateur de WikiLeaks a déployé les grands moyens pour obtenir sa liberté conditionnelle. La justice britannique est appellée à se prononcer mardi sur la demande de Julian Assange, qui comparaîtra en personne en début d’après-midi.
C’est avec une équipe d’avocats renforcée que le prévenu renouvèle mardi sa requête: il a réussi à rallier à sa cause un ténor du barreau, Geoffrey Robertson. Champion de la défense des droits de l’homme, Me Roberson a notamment défendu Salman Rushdie, écrivain cible d’une fatwa des autorités religieuses iraniennes. Cependant, la justice britannique refuse généralement toute liberté conditionnelle dans des procédures d’extradition.

Lors d’une première comparution devant ce même tribunal, le mardi 7 décembre, Julian Assange avait été placé sous écrou extraditionnel dans l’attente d’un jugement sur une demande de la justice suédoise qui le recherche pour de présumées agressions sexuelles sur deux femmes en août dernier. La cour avait alors rejeté une première demande de remise en liberté conditionnelle. Le juge Howard Riddle avait avancé « l’extrême gravité des accusations » et estimé que le prévenu avait « les moyens et la capacité de s’enfuir ».
Parmi ses arguments, la défense devrait faire valoir la « machination politique » qui se cache, selon elle, derrière la procédure lancée en Suède et qui viserait en fait à faire museler WikiLeaks, dont les révélations sur les secrets de la diplomatie européenne embarrassent de nombreux pays dont les Etats-Unis. Des voix se sont élevées à Washington pour réclamer des poursuites contre Assange. Les partisans du fondateur de WikiLeaks devraient faire entendre le même message lors d’une manifestation de soutien convoquée devant le tribunal, au moment où il se réunira
Julian Assange a vivement critiqué mardi les émetteurs de cartes bancaires américains Visa et MasterCard et la société de paiements par internet PayPal pour avoir bloqué les virements vers son site, dans un communiqué rédigé depuis sa prison. « Nous savons désormais que Visa, Mastercard et PayPal sont des instruments de la politique étrangère américaine. C’est quelque chose que nous ignorions jusqu’à maintenant », a-t-il déclaré dans ce communiqué dicté à sa mère, Christine Assange, à l’attention de la télévision australienne Channel 7.
« J’appelle le monde à protéger mon travail et mes proches de ces actes illégaux et immoraux », a ajouté Julian Assange. « Mes convictions ne faiblissent pas. Je reste fidèle aux idéaux que j’ai exprimés », a-t-il dit. « Les circonstances actuelles ne les entament pas. Au contraire, elles ont accru ma détermination » et la conviction que ces idéaux sont « vrais et corrects », précise-t-il. Il y a une semaine, Visa et MasterCard avaient tous deux annoncé suspendre les transferts de fonds vers le site internet WikiLeaks.
Visa disait attendre des « éléments supplémentaires » pour savoir si l’activité du site était conforme à ses « règles de fonctionnement », tandis que MasterCard qualifiait cette activité d' »illégale ». PayPal a pour sa part réactivé le compte du site WikiLeaks, débloquant notamment les fonds disponibles, mais elle a prévenu qu’elle lui imposerait encore certaines restrictions et n’accepterait plus de nouveaux versements jusqu’à nouvel ordre.
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