Ban Ki-moon a décidé de ne plus convier l’Iran à la session inaugurale de la conférence de paix à Genève mercredi, suite au refus iranien de soutenir un gouvernement de transition en Syrie. Une « erreur », selon Moscou. L’opposition syrienne a confirmé sa présence.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a retiré à l’Iran son invitation à participer à la conférence « Genève II » sur la Syrie qui doit se tenir mercredi en Suisse, a annoncé lundi soir son porte-parole. En conséquence, la coalition syrienne, qui menaçait de boycotter la conférence en cas de présence d’une délégation iranienne, a confirmé sa présence.
Le secrétaire général des Nations unies avait annoncé dimanche avoir qu’il avait invité Téhéran mais le pouvoir iranien a refusé de reconnaître le communiqué de Genève de juin 2012 sur la transition politique en Syrie comme condition de sa participation. Ban Ki-moon, qui devait s’envoler lundi soir pour la Suisse, a été « profondément déçu par les déclarations publiques de l’Iran aujourd’hui qui ne correspondent pas du tout à l’engagement » pris par les responsables iraniens dans leurs contacts avec lui.
Le président syrien Bachar al-Assad a accordé dimanche à l’AFP une interview exclusive dans laquelle, notamment, il charge la France, annonce qu’il se présentera « probablement » à la présidentielle de juin prochain et révèle avoir été approché par des services de renseignements occidentaux.
« Il (Ban) continue d’exhorter l’Iran à se joindre au consensus global qui soutient le communiqué de Genève », a dit son porte-parole Martin Nesirky. « Etant donné qu’il tient à rester en dehors de cet accord de base, (Ban) a décidé que la réunion de Montreux aura lieu sans la participation de l’Iran. »
« Une erreur impardonnable », pour la Russie
Les Etats-Unis, le Royaume uni et la France avaient tous trois fait d’un soutien iranien au communiqué de Genève une condition sine qua non de sa présence à Montreux, où près de 40 pays sont conviés. Un responsable du département d’Etat s’exprimant anonymement avait même enjoint l’ONU de « retirer » son invitation, annoncée à la presse par Ban Ki-moon lui-même dimanche soir.
De son côté, la Russie considère comme « une erreur impardonnable » la décision de l’ONU de renoncer à inviter l’Iran à Genève II. « C’est bien sûr une erreur », a déclaré mardi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, devant la presse. « Nous avons toujours souligné que tous les acteurs extérieurs devaient être représentés », a-t-il ajouté.
Sources Reuters et AFP
20/01 | 22:35 | mis à jour le 21/01 à 08:40
lesechos.fr Article original
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