Les combats ont fait quelque 500 morts et 800 blessés selon l’ONU dans la capitale sud-soudanaise.

Des forces rebelles fidèles à l’ancien vice-président Riek Machar, en fuite après avoir été accusé de tentative de coup d’État, ont pris la localité de Bor, à 200 km au nord de Juba, a annoncé jeudi l’armée sud-soudanaise.

« Nos soldats ont perdu le contrôle de Bor au profit des forces de Riek Machar tard mercredi », a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’armée, Philip Aguer, précisant que des combats étaient toujours en cours dans la capitale de l’Etat traditionnellement instable du Jonglei (est).

« Il y a eu des tirs durant la nuit (…) nous n’avons pas d’informations concernant les pertes ou les déplacés dans la localité car les opérations (militaires) se poursuivent », a ajouté le colonel Aguer.

Mercredi, le président Salva Kiir avait accusé le puissant chef milicien Peter Gadet d’avoir attaqué Bor, sans parvenir à s’en emparer, pour le compte de Riek Machar. Selon M. Aguer, les forces de Gadet affrontent l’armée dans le maquis à l’extérieur de Bor.

Peter Gadet a changé de camp à plusieurs reprises durant la guerre civile soudanaise qui a opposé la rébellion sudiste à Khartoum entre 1983 et 2005, et a débouché sur l’indépendance du Soudan du Sud en 2011. Il était entré en rébellion en 2011 contre les autorités avant d’accepter une amnistie du président Kiir et de signer un cessez-le-feu.

Le président sud-soudanais Salva Kiir a annoncé mercredi, à l’issue de 48 heures d’intenses combats à Juba entre factions de l’armée, vouloir « parler » avec son rival politique Machar, accusé d’avoir voulu le renverser.

Les combats ont fait quelque 500 morts et 800 blessés selon l’ONU dans la capitale sud-soudanaise, où la situation semblait revenir lentement à la normale mercredi, mais des affrontements étaient désormais signalés en province.

Ce début d’accalmie n’a pas empêché les États-Unis d’évacuer mercredi 150 de leurs ressortissants ainsi que des diplomates américains et étrangers.

Des réfugiés arrivent dans le centre géré par l’ONU de Juba le 18 décembre 2013 ( AFP )En province, outre l’État traditionnellement instable du Jonglei, notamment sa capitale, Bor, des affrontements ont eu lieu à Torit, capitale de l’État d’Equatoria-Oriental (sud-est).

Selon le porte-parole des Nations unies, Martin Nesirky, il y a également de vives tensions dans les États du Nil supérieur et de Unité (nord-est).

A Bor, « on nous a signalé des combats (…) depuis 3H00 (00H00 GMT mercredi). Des centaines de civils ont afflué dans notre base des faubourgs de la ville, on me dit qu’ils sont plus de 1.000 et que Bor est très tendue », a déclaré Joe Contreras, porte-parole de la Mission de l’ONU dans le pays (Minuss).

Le président Kiir a aussi annoncé à la presse vouloir discuter avec M. Machar, officiellement recherché avec quatre autre figures politiques du pays et qui, selon le chef de l’Etat « a fui avec les troupes qui lui sont loyales ».

« Je vais m’asseoir avec lui – Riek (Machar) – et parler (…) mais je ne sais pas quels seront les résultats des discussions », a déclaré Salva Kiir, tout en affirmant que « les gens qui ont tué seront traduits en justice et jugés ».

Il a accusé mercredi soir un général rebelle d’avoir tenté, sans y parvenir, de prendre Bor pour le compte de Riek Machar. Il a néanmoins parallèlement appelé les habitants de Juba « à rentrer chez eux », notamment ceux ayant trouvé refuge dans les bases de l’ONU à Juba, estimés à entre 15 et 20.000.

AFP

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