Jérusalem tente de ménager Poutine par crainte de son influence sur la Syrie et l’Iran.La « neutralité » d’Israël sur l’invasion russe en Crimée aurait déplu à Washington, selon le quotidien israélien Haaretz, citant des responsables américains.
D’après le journal, plusieurs hauts responsables de la Maison blanche et du Département d’Etat reprochent à Israël de ne pas avoir soutenu suffisamment les Etats-Unis sur la crise ukrainienne, notamment lors du vote organisé à l’Assemblée générale de l’ONU il y a 15 jours.
L’issue du vote, auquel Israël s’est abstenu de participer, avait conduit à l’adoption d’une résolution condamnant l’invasion moscovite et soutenu l’intégrité territoriale de l’Ukraine.
« Nous avons consulté étroitement nos partenaires et alliés dans le monde sur l’Ukraine », a indiqué un haut responsable américain à Haaretz. « Nous avons été surpris de voir qu’Israël n’a pas rejoint la grande majorité des pays qui ont voté en faveur de l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’Organisation des Nations Unies », a-t-il ajouté.
En réponse à cette critique de Washington, un responsable israélien a tenté de justifier l’absence d’Israël lors du vote par la grève des employés du ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, tout en émettant quelques doutes.
« La grève est une solution élégante à ce dilemme, mais même sans la grève il y a de fortes chances qu’Israël n’ait pas voté dans le sens des États- Unis », a ajouté la même source.
Par ailleurs, les commentaires du ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Liberman, qui a mis au même niveau les relations israélo-américaines et israélo-russes ont jeté de l’huile sur le feu.
« Nous avons des relations de confiance avec les Américains et les Russes (…) Donc, je ne comprends pas pourquoi Israël devrait s’empêtrer dans cette affaire », avait dit Liberman à la télévision israélienne.
Ces déclarations ont profondément contrarié les Etats-Unis, outrés de constater qu’Israël accorde la même importance à ses relations avec les deux pays.
Mais si les Etats-Unis n’ont que très peu apprécié l’attitude d’Israël sur ce dossier, Moscou à l’inverse a perçu l’affront israélien à Washington comme une marque de soutien.
Un haut responsable israélien a souligné que Netanyahou a annulé une visite prévue à Saint-Pétersbourg en juin, dans le cadre d’un gala organisé par le président Vladimir Poutine pour célébrer les liens culturels israélo-russes.
Poutine avait convié Netanyahou en personne à cet événement il y a quelques mois, mais la semaine passée le Bureau du Premier ministre israélien a annoncé que la visité serait annulée en raison de « circonstances politiques » et de la crise en Ukraine.
Cette prudence israélienne à l’égard de Moscou serait motivée par la peur selon des responsables israéliens, qui considèrent que Netanyahou et Liberman craignent les capacités de dommages de Poutine, notamment concernant l’Iran et la Syrie, des dossiers de la plus haute importance pour Israël.
L’aide militaire américaine annuelle à Israël est de 3 milliards de dollars, en plus d’un soutien diplomatique inconditionnel de Washington à l’ONU, contrairement à la Russie, qui n’hésite pas à se prononcer contre l’Etat juif.
13-04-2014/I 24 NEWS
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