Près de la moitié des Israéliens juifs (44%) approuvent un récent appel à ne pas louer d’appartements à des membres de la minorité arabe, contre 48% de l’avis opposé, révèle un sondage de l’Université hébraïque publié mardi.
En outre, 40% des Israéliens juifs approuvent une loi qui autoriserait les petites collectivités à refuser l’installation de nouveaux venus en raison de leur différence sociale, nationale ou économique, tandis que 48% sont opposés à cette éventuelle loi, selon l’étude.
Cette enquête a été menée à la suite d’un appel lancé le 7 décembre par des dizaines de rabbins israéliens à refuser de louer ou vendre des logements à des non-juifs, alors que des propositions de loi visant les citoyens arabes sont en cours d’élaboration (installation de nouveaux venus, serment d’allégeance, interdiction du port du voile dans les lieux publics, etc.).
L’appel des rabbins a provoqué un tollé des plus hautes autorités de l’Etat mais aucune sanction.
Les Arabes israéliens, descendants des 160.000 Palestiniens restés après la création d’Israël en 1948, sont plus d’1,2 million et représentent 20% de la population totale. Ils sont en butte à des discriminations, en particulier en matière d’emploi et de logement dans des localités juives.
Dans cette même enquête, menée également auprès de Palestiniens, les habitants de la région se sont montrés sceptiques sur le processus de paix.
Quelque 71% des Palestiniens interrogés et 66% des Israéliens (juifs et arabes) ont estimé que les chances de voir une solution à deux Etats d’ici cinq ans étaient faibles ou nulles, soit 5 points de plus qu’en octobre des deux côtés.
Signe que la méfiance reste de mise, la majorité des personnes interrogées s’attend à voir l’autre camp attaquer. Environ 54% des Israéliens redoutent qu’eux-mêmes ou leurs proches soient « blessés par des Arabes dans leur vie quotidienne », et 75% des Palestiniens craignent qu’eux-mêmes ou leurs proches « puissent être blessés par des Israéliens ou voir leurs terres confisquées ou leurs maisons détruites ».
Le sondage a été réalisé par téléphone entre le 21 et le 29 novembre, sur un échantillon de 511 Israéliens juifs et 408 Israéliens Arabes, pondéré par leur proportion dans la population, avec une marge d’erreur de 4,5%. Pour la partie palestinienne, il a été réalisé par le Palestinian Center for Policy and Survey Research (PSR) à Ramallah (Cisjordanie) auprès de 1.270 Palestiniens de Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est.
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