Un colloque débat prévu mardi à l’Ecole normale supérieure (ENS) de Paris par l’auteur du best-seller « Indignez-vous! », Stéphane Hessel, et qui a provoqué les vives contestations d’associations juives, a été annulé, a-t-on appris lundi de sources concordantes.
Cette conférence avait pour objet de soutenir une campagne de boycott contre Israël (Boycott, Désinvestissement, Sanctions, BDS), a affirmé à l’AFP le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier. « Il s’agissait de défendre le collectif BDS et ses membres, autrement dit les partisans du boycott anti-israélien, ce qui est illégal », a-t-il souligné, en précisant l’avoir « signalé aux autorités responsables (ministère, rectorat, direction de l’ENS).
Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), qui a déjà déposé plainte contre M. Hessel, avait également demandé l’interdiction de ce colloque. Selon M. Prasquier, la salle de l’ENS devant accueillir cette conférence avait été réservée « sous un motif anodin ». Un fait confirmé de source proche du dossier, selon laquelle la directrice de l’ENS, Monique Canto-Sperber, a interdit la conférence après avoir appris son objet.
Contactée par l’AFP, la direction de l’ENS s’est refusée à tout commentaire et M. Hessel et ses éditeurs n’étaient pas joignables. L’annulation de cette conférence sous l’égide de M. Hessel, ancien résistant et ex-ambassadeur âgé de 93 ans, auteur du livre à succès « Indignez-vous! », a été dénoncée par le comité d’organisation, formé par plusieurs associations pro-palestiniennes, qui appellent à participer mardi à Paris à un rassemblement « pour soutenir la liberté d’expression ».
Le groupe PCF/Parti de Gauche au Conseil de Paris et un groupe d’étudiants « normaliens du groupe Palestine de l’ENS » se sont associés à leurs protestations. Parmi les participants au colloque devaient notamment figurer le secrétaire général adjoint du Syndicat de la magistrature, Benoist Hurel, la déléguée générale de Palestine auprès de l’Union européenne, Leïla Shahid et une députée du parlement israélien, Haneen Zoabi.
PARIS, (AFP)
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