Nathalie Kosciusko-Morizet accuse son adversaire socialiste à la mairie de Paris d’avoir enrôlé des membres dans son comité de soutien après leur avoir versé des subventions publiques en 2012.
L’entourage d’Anne Hidalgo dénonce un procédé « médiocre et insultant ».

A deux mois des élections municipales parisiennes, le ton se corse…et les attaques se durcissent. Le staff de campagne de Nathalie Kosciusko-Morizet a passé au peigne fin le comité de soutien d’Anne Hidalgo. Il en a tiré une liste de 48 personnes -sur les 507 du comité présenté par la candidate socialiste- bénéficiaires de subventions de la mairie de Paris en 2012. Un document intitulé « les très chers soutiens d’Anne Hidalgo ».

Premier d’entre eux, le président du comité de soutien, le mathématicien Cédric Villani. En décembre 2011, il a reçu du conseil de Paris une subvention d’un montant de 250 000 euros pour mener à bien l’extension de l’Institut Poincaré qu’il préside depuis 2009.

Le second, Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond-Point, qui a bénéficié de près de 2,4 millions d’euros de subventions. A ce propos, Nathalie Kosciusko-Morizet estime estime que cette subvention est disproportionnée par rapport à d’autres petits théâtres de la capitale moins bien dotés.

Au total, les 46 autres personnalités auraient perçu plus de 3,5 millions d’euros. Le document distingue « le titre dans le comité de soutien » du « titre réel » pour dénoncer un conflit d’intérêt.

Le co-directeur de la campagne d’Anne Hidalgo juge cette « attaque d’une très grande médiocrité ». Interrogé par L’Express, il affirme également: « Le procédé est insultant pour les artistes, chercheurs et intellectuels car c’est une vision mercantile de leur engagement ». « Si on doit leur interdire de s’engager parce qu’ils touchent des subventions publiques, on en fait des citoyens de seconde zone », ajoute l’élu socialiste de Paris.

A quelques heures du premier débat télévisé entre les principaux candidats à la mairie de Paris, la prétendante UMP cherche à se différencier de sa rivale socialiste. Nathalie Kosciusko-Morizet, qui ambitionne de « désinstitutionnaliser  » la culture, justifie ainsi son refus -à ce jour en tout cas- de constituer un comité de soutien.

30-01-2014/ L’Express Article original

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