Pour le 70e anniversaire du siège de Léningrad, les survivants israéliens décorés par la Russie.Sonya Barula avait 10 ans lorsque les nazis ont commencé le siège de sa ville bien -aimée de Léningrad, un des blocus les plus longs et destructeurs de l’Histoire.

La population de Léningrad, aujourd’hui Saint-Pétersbourg, qui comptait 3 millions d’habitants, fut piégée pendant 900 jours par la Wehrmacht, 900 jours de famine et de froid.

Le but de l’opération était clair: Hitler n’avait aucune intention de conquérir la ville, il voulait affamer sa population jusqu’à la mort.

Il a échoué, mais près d’un milion de personnes sont morts durant cette période, la plupart d’entre eux de faim et de froid.

Pourtant les habitants luttèrent pour leur survie. Ils mangeaient de tout. Ils faisaient de la soupe à partir de ceintures de cuir et de colle de charpentier. Ils mangeaient des animaux domestiques, sauf les leurs. Mais ils les échangeaient pour manger ceux des autres. A la fin, ils mangèrent des corps humains.

« Nous serons pour toujours des enfants du siège (de Léningrad, ndlr) », affirme Barula. Elle se rappelle les 125 grammes de pain qu’elle recevait chaque jour, le goût de la « soupe » au cuir, que sa mère utilisait pour la cuisson. En passant, cette soupe était confectionnée avec des ceintures abandonnées par les Allemands durant la Première Guerre mondiale, comme il n’y avait pas de ceintures de cuir russes à cette époque.

Elle se souvient également de l’odeur de la colle qu’elle mangeait et de cette colle qui pouvait être prise pour de la nourriture.

Elle se rappelle de l’humour noir au cours des combats, des animaux dévorés et même de certains épisodes de cannibalisme.

Elle était au courant de ces faits en temps réel.

Elle se souvient de l’échec de la tentative de fuite de la ville dans un camion rempli de cadavres et la mort de son père lorsqu’ils réussirent finalement à s’échapper de la ville de Sartov ravagée par le choléra.

Selon le culte russe de la mémoire et des commémorations, ceux qui vécurent ce siège ne sont pas des victimes: ils sont des héros à l’intérieur comme à l’extérieur de la Russie. Ils ont même un surnom: ils sont des Russes « blockadnicks ».

Barula a immigré en Israël en 1990 et a créé l’association israélienne des « Blockadnicks en 1997. Sur les 2.000 personnes qui composèrent l’association, seules 850 sont encore en vie.

Elles fait partie des 50 Israéliens d’origine russe , survivants du siège, qui ont été décorés dimanche dernier de la médaille de Saint-Péetrsbourg commémorant les 70 ans de la fin du blocus.

Un émissaire spécial du gouverneur de Saint Pétersbourg est arrivé au Centre de la Culture russe de Tel Aviv pour remettre les médailles en personne.

‘Votre bravoure fut un véritable obstacle que l’ennemi n’a pu détruire », a écrit le gouverneur Georgy Poltavchenko dans un message remis par son représentant. « Nos coeurs sont remplis de gratitude ».

Ainsi Israël qui est le foyer d’environ 2.000 survivant du blocus, la plupart de ces immigrants étant arrivés durant les 20 dernières années, est devenu une extension de la célébration de masse de lundi à Saint-Pétersbourg. Le président Poutine lui-même assistera lundi au défilé qui aura lieu là-bas.

La fin du siège de Léningrad est commémorée chaque année en Russie, mais des festivités particulières ont été organisées cette année en raison du 70ème anniversaire de l’événèment.

A Saint-Petersbourg, ce siège fait toujours partie de la mémoire collective. Le « Moscow Times » rapporte que « les autorités de St Petersbourg ont demandé aux agences de publicité de retirer les pubs pour des produits allemands des principales rues de la ville et des secteurs où sont situés les cimetières om seront célébrées des manifestations marquant les 70 ans de la fin du siège ».

Pour ce qui est de ceux qui sont à Tel Aviv et qui ont accepté avec fierté la nouvelle décoration, il s’agit juste d’une médaille de plus dans leur collection de vétérans et de héros de l’Armée Rouge pendant la guerre.

Barula a épinglésa nouvelle médaille sur le revers de sa veste tout en discutant, une nouvelle décoration ajoutée à la collection qu’elle porte fièrement en tant que vétéran de la Deuxième guerre monsiale.

On sent la satisfaction au ton de sa voix lorsqu’elle raconte que dans le cimetière principal de Saint Petersbourg, où 65.000 victimes du siège ont été enterrées, une plaque spéciale va être aposée à la mémoire des Juifs de la ville.

Lily Galili est un écrivain, analyste de la société israélienne et spécialiste de l’immigration venant d’ex-Union soviétique . Elle est co-auteur d’un ouvrage « le million qui a changé le Moyen-Orient ».

Lily Galili/ I 24 NEWS Article original

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