VIDÉO – Le départ de ces deux adolescents toulousains avait mis en lumière le nombre grandissant de candidats européens au djihad. Leur retour devrait permettre à la police d’en savoir plus sur leur itinéraire et la façon dont ils ont été recrutés.Les deux apprentis djihadistes n’ont jamais coupé le contact avec leurs proches, en France. Depuis leur départ pour la frontière turco-syrienne, le 6 janvier, A. 16 ans et Y. 15 ans, (les parents souhaitent que les prénoms restent anonymes) donnaient assez régulièrement des nouvelles à leurs parents par téléphone. Ils ont même posté à plusieurs reprises des informations et des photos sur leurs comptes Facebook.

Dès leur arrivée dans le sud de la Turquie, les deux lycéens toulousains, élèves en classe de seconde au lycée des Arèmes à Toulouse, ont été pris en main par un homme, connu des services de police en Turquie. Cet homme a signalé le 18 janvier à sa femme, qu’il allait «passer la frontière en compagnie de deux jeunes mineurs français pour se rendre sur une zone de combats en Syrie».

C’est vendredi, à la mi-journée, que les deux toulousains auraient été localisés, repérés par les autorités locales, puis «récupérés» à la fin du week-end par des proches.

Ayoub serait rentré en France le premier. On ne connait pas – pour le moment – les conditions de son retour dans l’Hexagone. En revanche, le père de Yacine est parti par ses propres moyens en Turquie pour retrouver son fils. C’est ce dernier qui aurait acheté, avec la carte bleue de ses parents, les deux billets d’avions qui ont permis aux adolescents de s’envoler pour la Turquie.


Entre soulagement et interrogations

Lorsque le retour des deux toulousains a été confirmé, il n’y avait qu’un seul mot dans la bouche de leurs amis lycéens, Rania, Ivan ou Alexis: «Soulagement!». Mais une question les taraude: «Pourquoi sont-ils partis là-bas pour faire la guerre?»

C’est bien évidemment une des questions que leurs poseront les policiers de la DCRI, mais ce n’est pas la seule! Les hommes du Renseignement Intérieur veulent savoir «qui les a convaincus d’aller faire le Djihad en Syrie?

Comment ont-ils été accueillis sur place? quels étaient leurs objectifs? et pourquoi ont-ils décidé de revenir en France plus tôt que prévu?

Ont-ils passé la frontière pour aller faire le Jihad? Quelques heures seulement ou plusieurs jours?»

Ces auditions avec les policiers de la DCRI pourraient avoir lieu dans les prochaines heures à Toulouse. «Nous les attendons dans l’établissement lorsqu’ils se seront confiés aux policiers», explique le proviseur du lycée des Arènes, Denis Demersseman, «ils ont toujours leur place dans leurs classes respectives». Mais, pour l’établissement scolaire, cette affaire va également servir de leçon: «rien ne sera plus jamais comme avant, nous allons tirer les enseignements de cette équipée, notamment sur l’influence des réseaux sociaux sur les lycéens».

Jean-Wilfrid Forquès/ Le Figaro.fr Article original

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