La France « ne se taira pas devant le scandale syrien » et ne peut accepter « la répression féroce » de la contestation par le régime du président Bachar el-Assad, « qui conduit tout droit le pays au chaos », a affirmé vendredi Nicolas Sarkozy lors de ses voeux aux ambassadeurs.

« Nous ne pouvons pas accepter la répression féroce par les dirigeants syriens contre leur peuple, répression qui conduit tout droit le pays au chaos et ce chaos profitera aux extrémistes de tout bord », a déclaré le président français. « La Syrie appartient au peuple syrien qui doit enfin pouvoir choisir librement ses dirigeants et décider de son destin », a-t-il poursuivi.

« La Ligue arabe s’est engagée dans une action courageuse, elle doit la poursuivre, et le conseil de sécurité (de l’ONU) dont c’est la mission doit lui apporter son concours », a insisté le chef de l’Etat. « Nous ne voulons pas nous ingérer dans les affaires syriennes mais nul plus que moi n’a essayé de tendre la main avec sincérité à Bachar el-Assad. Mais à un moment, chacun est confronté aux réalités, et la France ne se taira pas devant le scandale syrien », a-t-il lancé. Nicolas Sarkozy avait renoué en 2008 avec le régime syrien, soupçonné par son prédécesseur Jacques Chirac d’être responsable de l’attentat contre le Premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005, et l’avait même invité à Paris pour le lancement de l’Union pour la Méditerranée, notamment pour hâter le règlement du conflit politique au Liban.

A ce sujet, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois lancé un avertissement vendredi à la Syrie contre toute tentative de déstabilisation de son voisin. « Il y a des soldats français au Liban sous mandat de l’ONU depuis près de trois décennies (…) là aussi, l’avertissement de la France est clair: tous ceux qui s’en prendront à un soldat français en essuieront immédiatement les conséquences », a-t-il dit. « Nous ne laisserons pas le Liban et nous ne serons pas complices d’un asservissement du Liban, qu’il vienne de l’extérieur ou qu’il vienne de l’intérieur », a-t-il insisté, « la France est l’amie de tous les Libanais, sans aucune exception ». La France a accusé la Syrie d’avoir commandité un attentat en décembre contre une patrouille française de la force de l’ONU au Liban. Cinq soldats français avaient été blessés, mais la Syrie avait vivement démenti être impliquée dans cet acte.

PARIS, 20 jan 2012 (AFP)

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