L’effet des sanctions imposées à l’Iran est incertain, a affirmé mercredi à Washington le chef d’état-major israélien Gabi Ashkenazi, indiquant ne pas savoir si elles vont conduire Téhéran à mettre fin à son programme nucléaire controversé.

« La vraie question est de savoir si cela suffira à persuader » Téhéran d’abandonner son programme et « cela reste à déterminer », a affirmé le général Ashkenazi à l’issue d’une rencontre avec le chef d’état major interarmées américain, l’amiral Michael Mullen.
« Nous avons encore du temps pour étudier cela et voir quel sera le résultat final », a-t-il estimé, tout en se refusant à préciser combien de temps Israël était prêt à attendre.

Le chef d’état-major israélien a indiqué qu’Israël soutenait l’approche américaine de sanctions imposées à l’Iran. Les sanctions s’avèrent plus efficaces que certains ne l’ont prédit, a pour sa part jugé l’amiral Mullen, qui a précisé que « toutes les options restent sur la table, dont l’option militaire » en cas d’échec de la diplomatie.

Le groupe des Six (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie), qui suit le dossier nucléaire iranien, soupçonne Téhéran de vouloir acquérir la bombe nucléaire sous le couvert d’un programme civil. L’Iran dément avoir cet objectif. Pour le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, les sanctions sont « ridicules » et sont vouées à l’échec.

Israël laisse planer la menace de frappes militaires pour s’assurer que Téhéran ne se dote pas d’armes nucléaires. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ainsi assuré début novembre que c’était « la seule manière de s’assurer que l’Iran n’obtienne pas d’armes nucléaires ».

Le secrétaire à la Défense américain Robert Gates a rejeté cet appel, estimant que le dernier train de sanctions adopté en juin avait un effet sur l’économie iranienne. Selon le chef du Pentagone, des frappes ne constitueraient qu’une « solution à court terme » et « unifieraient une nation divisée ».

Le principe d’une reprise des négociations autour du programme nucléaire, qui sont interrompues depuis octobre 2009, est acquis. Les 5+1 ont accepté la date du 5 décembre proposée par Téhéran mais ont refusé que les discussions aient lieu en Turquie, considérée comme alliée de l’Iran dans ce dossier. Ils ont proposé vendredi que la rencontre ait lieu en Suisse ou en Autriche, mais Téhéran n’a pas encore répondu.

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