L’ex-président de la Knesset Reuven Rivlin arrive en tête avec 44 voix suivi par Sheetrit (31 voix).

Les députés du Parlement israélien ont voté mardi matin pour élire le 10ème président de l’Etat d’Israël, qui sera finalement désigné au terme d’un second tour.

A l’issue du scrutin qui s’est tenu à 8h00GMT, les candidats Reuven Rivlin (droite) et Meir Sheetrit (centre) ont remporté le premier tour de l’élection.

Le grand favori Rivlin, 74 ans, ex-président de la Knesset et membre du Likoud (droite nationaliste) arrive en tête en recueillant 44 suffrages, suivi par le député centriste Meïr Sheetrit, 65 ans, avec 31 voix.

M. Rivlin a le soutien du Likoud, le parti du Premier ministre Benyamin Netanyahou, qui a fini par appuyer sa candidature du bout des lèvres, l’inimitié personnelle et idéologique entre les deux hommes étant de notoriété publique.

A la fois partisan du « Grand Israël » et ardent défenseur de la démocratie israélienne, Rivlin s’est taillé une carrure de futur président en multipliant les arbitrages politiques complexes durant sa carrière parlementaire.

De son côté, Meïr Sheetrit, transfuge du Likoud élu sur la liste de la ministre Tzipi Livni a rempli des fonctions ministérielles dans de nombreux gouvernements.

En 1998, aux Finances sous le gouvernement Netanyahou, puis en 2001 à la Justice ainsi que deux fois aux Transports dans les deux gouvernements successifs de Ariel Sharon.

En 2005, Sheetrit quitte le Likoud pour Kadima puis rejoint le nouveau parti de Livni, Hatnuah en décembre 2012.

L’ex-présidente de la Knesset Dalia Itzik a de son côté obtenu 28 votes, l’ex-juge à la Cour suprême Dalia Dorner 13, et enfin le prix Nobel de Chimie 2011 Dan Shechtman, qualifié d' »outsider », a recueilli seulement 1 vote.

Changement de cap

En Israël, le poste de président est largement honorifique et les pouvoirs exécutifs restent aux mains du Premier ministre. Le chef de l’Etat a toutefois pour tâche de nommer après les élections législatives la personnalité chargée de former une coalition et appelée à devenir Premier ministre.

Mais, fort de sa notoriété internationale, Shimon Peres, élu président en 2007, a su adroitement utiliser une fonction essentiellement protocolaire pour promouvoir un message politique en faveur de la paix.

Il n’a pas craint de donner de sérieux coups de canif au devoir de réserve dans lequel est censé se cantonner le chef de l’Etat, au point d’apparaître souvent comme le seul opposant de M. Netanyahou.

Sur des dossiers aussi sensibles que le processus de paix avec les Palestiniens, les relations stratégiques avec l’allié américain ou le programme nucléaire iranien, Shimon Peres n’a cessé de faire entendre sa propre voix.

Ainsi, le mois dernier, le prix Nobel de la paix 1994 a accusé publiquement M. Netanyahou d’avoir fait capoter en 2011 la conclusion d’un accord qu’il avait négocié secrètement avec les Palestiniens.

« Nous devons réaliser que le prochain président ne sera pas un Peres. La présidence va retrouver sa fonction naturelle, de représentation et de cérémonial », a estimé l’éditorialiste vedette Nahum Barnéa.

Shimon Peres doit quitter ses fonctions fin juillet, avant son 91e anniversaire.

(Avec AFP)

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