Les Frères musulmans ont réaffirmé dimanche leur opposition à toute ingérence de l’armée dans la rédaction de la future Constitution de l’Egypte, alors que le rôle du conseil militaire au pouvoir dans la rédaction de la loi fondamentale est encore incertain.
« Personne, en dehors du Parlement élu, n’a le droit de légiférer », a déclaré le numéro deux de la confrérie Khairat al-Chater.
Le général Mokhtar el-Moulla, membre du Conseil suprême des forces armées (CSFA), avait affirmé mercredi que le futur Parlement ne « serait pas représentatif de tous les Egyptiens ».
Le général, dans des déclarations à des journaux anglo-saxons très commentées en Egypte, avait estimé en conséquence qu’il ne fallait pas laisser aux seuls parlementaires le soin de composer la commission qui rédigera la Constitution.
Les Frères musulmans avaient dénoncé la volonté de l’armée de « marginaliser » le Parlement en créant un Conseil consultatif chargé de choisir les rédacteurs de la loi fondamentale et annoncé qu’ils refusaient de siéger au sein de ce conseil.
Samedi, le général Mamdouh Chahine, également membre du CSFA, est toutefois revenu sur ces positions, assurant que l’armée n’aurait « aucun avis » concernant les membres de cette Assemblée constituante.
Ces déclarations « sont bien. Mais ce ne sont pas les paroles qui importent, mais les actes », a réagi Mohamed el-Baltagui, un des dirigeants de la confrérie interrogé par l’AFP.
« Le Parlement va être élu d’ici un mois et les membres de l’Assemblée constituante doivent être choisis par le Parlement », a-t-il insisté.
Les islamistes, Frères musulmans en tête, ont raflé plus de deux tiers des suffrages lors de la première phase des législatives, les premières élections depuis la chute en février du président Hosni Moubarak.
En mars, les Egyptiens avaient été appeléS à se prononcer par référendum afin de doter le Parlement du pouvoir d’élire 100 personnes chargées de rédiger la Constitution.
Le Caire, 11 déc 2011 (AFP)
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