Une journaliste néerlandaise a fui l’Egypte mardi après avoir été accusée par les autorités d’avoir diffusé « de fausses informations ».Le parquet égyptien avait annoncé le 29 janvier que 20 journalistes, dont quatre étrangers, seraient jugés. Ils sont accusés de diffusion de « fausses nouvelles » pour le compte d’Al-Jazeera, d’appartenance à une « organisation terroriste » et d’avoir « porté atteinte à l’unité nationale et à la paix sociale ».

Elle est arrivée aux Pays-Bas

Rena Netjes, une journaliste néerlandaise, n’a pas attendu d’être incarcérée et a quitté le territoire égyptien mardi. Dans un entretien avec la radio BNR, la journaliste a confirmé sa fuite alors qu’elle se trouvait à bord d’un avion à destination d’Amsterdam. Selon la télévision publique néerlandaise NOS, la journaliste a atterri aux Pays-Bas vers 12h00

Mme Netjes, qui travaille également pour le quotidien d’Amsterdam « Het Parool », a expliqué avoir été prévenue des accusations à son encontre par l’ambassade des Pays-Bas au Caire. « L’ambassade a trouvé une solution dont je ne souhaite pas parler, ils m’ont trouvé un endroit sûr », a expliqué Mme Netjes dans l’entretien diffusé sur BNR : « j’ai eu le feu vert pour partir hier après-midi ».

Huit des 20 accusés détenus

Parmi les journalistes étrangers figurent également deux Britanniques et un Australien. Sur les 20 accusés également, seuls huit sont détenus, les autres étant recherchés par les autorités.

Qualifiant les accusations à son encontre de « ridicules », Mme Netjes pense avoir été incriminée par les autorités égyptiennes en raison d’un rendez-vous professionnel en décembre avec un journaliste d’Al-Jazeera à l’hôtel Mariott, dans le centre du Caire.

Le parquet avait accusé les journalistes d’entretenir des liens avec les Frères musulmans, considérés comme une organisation terroriste par les autorités, dirigées de facto par l’armée.

Répression envers les partisans de Morsi

Après la destitution du président islamiste Mohamed Morsi le 3 juillet par l’armée, les nouvelles autorités se sont lancées dans une sanglante répression de ses partisans. Et elles n’ont pas du tout apprécié la façon dont Al-Jazeera a couvert les événements, l’accusant de prendre fait et cause pour les Frères musulmans.

En les déclarant « terroristes », le gouvernement a de fait placé les membres de la confrérie sous le coup d’articles du code pénal qui prévoient la peine de mort pour ses dirigeants et cinq années de prison pour toute personne participant à leurs manifestations.

Ouest France Article original

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