La Syrie s’est « étonnée » mercredi des déclarations du département d’Etat américain qui a « déformé », selon elle, les propos du président Bachar al-Assad tenus sur une chaîne américaine.
Dans un entretien accordé à ABC News diffusé mercredi, le président Assad a nié toute responsabilité dans la mort de milliers de manifestants en Syrie, assurant que seul « un fou » pourrait donner l’ordre de tirer sur son peuple.
Et s’il a concédé que des membres des forces armées aient pu aller trop loin dans la répression, ça a été pour mieux s’en démarquer.
« Je suis président. Je ne suis pas propriétaire du pays. Ce ne sont pas mes forces », a-t-il assuré, ajoutant: « Il y a une différence entre une répression politique délibérée et quelques erreurs commises par certains responsables.
Interpellé sur ces propos, le porte-parole du département d’Etat Mark Toner a jugé « ridicule » que le président syrien « tente de s’abriter derrière je ne sais quel jeu de bonneteau et ose affirmer qu’il n’exerce pas d’autorité dans son pays ».
« Nous exprimons notre étonnement après les déclarations de (…) Mark Toner, qui s’est moqué des propos du président Assad en les déformant », a déclaré le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères Jihad Makdessi lors d’une conférence de presse.
Le président Assad n’a pas cherché à se dérober à ses responsabilités de chef de l’Etat en disant que les forces de sécurité n’étaient pas « ses propres forces », a-t-il dit.
Lorsque « la journaliste Barbara Walters a demandé à M. Assad si +vos+ forces, comme s’il s’agissait de ses milices personnelles, avaient procédé à une violente répression, alors le président a répondu que ce n’étaient pas +mes+ forces, expliquant qu’en Syrie il y avait des forces dont les tâches (…) étaient de préserver la sécurité et la stabilité du pays », a expliqué M. Makdessi.
M. Assad « a des tâches présidentielles définies par la constitution », a dit M. Makdessi.
DAMAS, 7 déc 2011 (AFP)
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