Le président colombien Juan Manuel Santos a émis une vive protestation mardi contre un arrêt de la Cour européenne des droits de l’Homme interdisant qu’un Israélien, recherché pour avoir entraîné des paramilitaires, soit extradé vers la Colombie.
« Je veux protester contre l’arrêt de la Cour de Strasbourg, qui a interdit l’extradition de Yair Klein en Colombie (…) Nous regrettons au plus haut point cette décision », a déclaré M. Santos lors d’une cérémonie publique. Le chef de l’Etat a annoncé qu’il avait demandé à son ministre de l’Intérieur et de la justice, German Vargas, de « vérifier la possibilité d’interjetter appel de cette décision ». « C’est un signal très négatif », a ajouté le chef de l’Etat, déplorant qu' »un tribunal européen interdise l’extradition d’une personne qui aurait commis tous types de crimes », en voyant « une contradiction de fond ».
Yair Klein avait été condamné en 2001 par un tribunal colombien à plus de dix ans de prison pour avoir entraîné des groupes paramilitaires d’extrême droite, au milieu des années 1980. La CEDH avait estimé le 1er avril que le requérant courait « un risque sérieux de subir des mauvais traitements s’il venait à être détenu en Colombie ».
Gal Yair Klein avait été arrêté en août 2007, à l’aéroport de Domodiedovo à Moscou, sur la base d’un mandat d’arrêt d’Interpol en vue de son extradition vers la Colombie. Il est en prison en Russie dans l’attente d’une décision sur ce point. Selon son avocat, Mordejai Tzivin, l’arrêt de la CEDH devrait entraîner sa remise en liberté et son droit de circuler « dans n’importe que pays du monde ».
Le président colombien a également souligné que son pays avait collaboré comme « peu d’autres » avec la justice internationale en extradant des milliers de Colombiens.
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