Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, s’exprimera dimanche soir sur la crise politique provoquée par la démission des ministres de son parti et de ses alliés ayant conduit à la chute du gouvernement de Saad Hariri, a annoncé samedi la télévision du parti chiite.

« Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, fera une apparition dimanche à 20H30 (18H30 GMT) sur la télévision Al-Manar pour s’exprimer sur les derniers développements », a annoncé cette chaîne, qui n’a pas précisé s’il s’agissait d’un discours ou d’une interview.

La coalition gouvernementale s’est effondrée mercredi après la démission des ministres du camp du puissant mouvement chiite armé. Depuis, les formations politiques rivales sont engagées dans une épreuve de force en vue de la nomination d’un nouveau Premier ministre.

Le président de la République Michel Sleimane doit entamer lundi des consultations avec les groupes parlementaires qui doivent proposer le nom du futur chef du gouvernement. Le Hezbollah a déjà fait savoir qu’il voulait proposer comme Premier ministre un leader « connu pour son soutien à la Résistance » (Hezbollah, ndlr). La presse de samedi évoquait le nom d’Omar Karamé, ancien Premier ministre proche de l’opposition qui avait présenté sa démission dans la foulée de l’assassinat du dirigeant Rafic Hariri en février 2005.

« La personnalité que proposera l’opposition lors des consultations est originaire de Tripoli (nord) et le choix se portera probablement sur Omar Karamé », affirme le quotidien Al-Akhbar, proche du Hezbollah, citant des sources de l’opposition. « Ces sources ont insisté sur leur refus d’un retour de Saad Hariri à la tête du gouvernement », poursuit le quotidien. Les sources citées par Al-Akhbar indiquent aussi qu’un Premier ministre autre que M. Hariri pourrait choisir d’annuler les protocoles signés avec le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) en charge de l’enquête sur le meurtre de son père, et qui est à l’origine de la crise gouvernementale actuelle.

De son côté, la majorité parlementaire menée par le Premier ministre en exercice, Saad Hariri, refuse tout autre candidat pour ce poste, réservé par tradition à un musulman sunnite. M. Hariri est le leader sunnite le plus puissant et le plus populaire du pays. Selon la majorité, il est inacceptable qu’un leader ne jouissant pas d’une grande popularité parmi sa communauté devienne Premier ministre.

D’après les observateurs, c’est le groupe parlementaire du leader druze Walid Joumblatt (centre) qui pourrait faire pencher la balance en faveur ou non de Saad Hariri, dont il était l’un des plus proches alliés avant de s’en démarquer. M. Joumblatt, qui se trouvait samedi en Syrie, ancienne puissance de tutelle et allié du Hezbollah aux côtés de l’Iran, a rencontré à Damas le président Bachar el-Assad avec qui il a discuté des « derniers développements sur la scène libanaise ».

BEYROUTH, (AFP)

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