JERUSALEM, (AFP) – Un groupe d’importants intellectuels israéliens s’est élevé, dans une lettre adressée aux 120 élus du Parlement, contre l’ouverture d’une enquête parlementaire sur le financement d’ONG jugées hostiles à Israël.
Selon cette lettre, dont des extraits ont été publiés dimanche par le journal en ligne Y-Net, l’enquête sur l’origine des fonds alimentant ces organisations non gouvernementales « marquerait la fin de la démocratie en Israël ».
Certains des intellectuels les plus connus d’Israël figurent parmi les signataires de cette pétition, notamment les professeurs Yéhouda Bauer, Haïm Adler, Haïm Ben-Shahar, Yaron Ezrahi, Yirmyahu Yovel et Micha Ullmann, les écrivains Sami Michaël et Yéhoshua Sobol, la fondatrice du parti Meretz (gauche laïque) Shoulamit Aloni, ou encore le peintre et sculpteur Danny Karavan.
Tous estiment qu’aux yeux de l’histoire, les promoteurs de cette enquête parlementaire apparaîtront comme « ceux qui ont tenté d’écraser ce qui subsiste de la démocratie en Israël pour imposer un régime fasciste ». La semaine dernière, 41 députés contre 15, sur un total de 120, ont approuvé l’ouverture d’une enquête sur le financement d’organisations de défense des droits de l’Homme qui aideraient selon eux à monter des dossiers afin d’engager des poursuites judiciaires à l’étranger contre des militaires israéliens.
Cette initiative a été proposée par le parti Israël Beiteinou, du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman. Une députée de cette formation, Fania Kirshenbaum, a nommément mis en cause sur le site internet du parti les groupes B’Tselem, Breaking the Silence, une organisation d’anciens soldats témoignant de la réalité de la guerre dans les territoires palestiniens et Machsom Watch, une association surveillant le comportement des soldats aux postes de contrôle.
Dans le passé, diverses ONG avaient été accusées de recevoir des fonds de pays et d’organisations hostiles à Israël. Plusieurs officiers, politiques et autres responsables israéliens ont déjà fait l’objet de mandats d’arrêt à l’étranger, notamment en Grande Bretagne, pour crimes de guerre, à la suite de plaintes d’organisations de soutien aux Palestiniens.
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Dans tous les états souverains, démocratiques ou autoritaires, le financement d’un parti, d’un syndicat, d’une religion, d’une ONG, d’un groupe armé par un gouvernement étranger est interdit et puni comme atteinte à la souveraineté nationale
Article 411-5 du code pénal français:
» Le fait d’entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, avec une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, lorsqu’il est de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, est puni de dix ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende. »
La justice israélienne est une serpillière.