Le président palestinien Mahmoud Abbas a de nouveau évoqué mardi des alternatives aux négociations de paix avec Israël en cas d’échec des efforts américains pour convaincre Israël de geler la colonisation en Cisjordanie.

Il a également appelé à la libération du soldat israélien Gilad Shalit, détenu par le mouvement islamiste Hamas à Gaza, lors d’une conférence de presse conjointe à Bethléem (Cisjordanie) avec le président allemand Christian Wulff, dont le pays mène une médiation pour un échange avec des Palestiniens détenus par Israël.

« Nous poursuivrons sur la voie de la paix et nous n’avons pas d’autre option que la paix et nous souhaitons le succès des efforts américains. S’ils n’aboutissent pas, nous nous tournerons vers d’autres options conformes à la paix et à la légalité internationale pour parvenir à l’établissement d’un Etat palestinien indépendant », a déclaré M. Abbas. Il a ajouté qu’aucune date n’était fixée pour une réunion arabe destinée à trancher entre les différentes options en cas de persistance du blocage des négociations avec Israël.

« Le comité de suivi arabe se réunira lorsqu’il y aura une réponse officielle américaine sur les efforts pour un nouveau moratoire sur la colonisation dans tous les territoires palestiniens sans exception, que nous n’avons pas reçue jusqu’à présent », a indiqué le dirigeant palestinien.

Il a réaffirmé son « refus d’un Etat aux frontières temporaires », ajoutant toutefois : « Mais cela ne nous interdit pas d’appliquer un règlement sur un ou deux ans ».

S’agissant du soldat Shalit, détenu depuis 2006, M. Abbas a rendu hommage au rôle du médiateur allemand et rappelé qu’il demandait « sa libération depuis le début ». « Malheureusement, nous n’avons pas de canal avec le Hamas pour discuter de ce sujet, je les appelle à relâcher leur prisonnier et nous appelons également Israël à libérer les prisonniers palestiniens », a poursuivi M. Abbas.

Les pourparlers de paix lancés le 2 septembre à Washington sous l’égide des Etats-Unis sont interrompus depuis l’expiration le 26 septembre d’un moratoire de dix mois sur les nouvelles constructions dans les colonies de Cisjordanie occupée. Pour les reprendre, les Palestiniens exigent un nouveau moratoire, portant également sur Jérusalem-Est, auquel se refuse jusqu’à présent le gouvernement israélien. La Ligue arabe a avalisé le 8 octobre la position palestinienne et accordé un délai à l’administration américaine pour régler ce différend. M. Abbas avait exposé lors de cette réunion plusieurs alternatives aux négociations, à commencer par la présentation d’une demande de reconnaissance d’un Etat palestinien par les Nations unies.

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