Le parti au pouvoir en Egypte a intensifié jeudi la pression sur les islamistes à l’approche des législatives de dimanche, en engageant une procédure en justice qui permettrait à terme d’invalider leur élection au motif qu’ils se déclarent « indépendants ».

Le Parti national démocrate (PND) a demandé au procureur général de déclarer illégal le fait de se présenter comme « indépendant » pour faire valider une candidature par la commission électorale, tout en se réclamant des Frères musulmans, un mouvement officiellement interdit. Cette situation « constitue un défi flagrant à la Constitution et à la loi, et une infraction aux règles électorales », a affirmé le parti du président Hosni Moubarak dans un communiqué.

Le porte-parole du PND, Ali El-Din Hillal, a expliqué à des journalistes que l’instruction de cette demande par la justice pourrait « prendre du temps, et aller au-delà du processus électoral en cours ». Le parti a transmis au procureur une liste, non limitative, de 52 dossiers de candidats prouvant selon lui, images vidéo ou tracts à l’appui, qu’ils se réclament bien des Frères musulmans auprès de leurs électeurs, tout en arborant une étiquette d’indépendants.

Les Frères musulmans ont fait une percée politique en 2005 en raflant un cinquième des sièges avec des députés « indépendants ». La confrérie, illégale mais souvent tolérée dans les faits, soutient cette fois-ci 130 candidats, pour 508 sièges en lice.

« Un certain nombre de personnes se présentent comme indépendantes alors qu’elles ne le sont pas. Si les gens veulent faire de la politique, ils doivent être soit de vrais indépendants, soit former un parti », a ajouté le porte-parole du PND.

Interrogé pour savoir si la confrérie pouvait obtenir le statut de parti politique pour régulariser la situation, il a indiqué que, conformément à la Constitution, c’était impossible tant qu’elle se réclamerait d’une idéologie confessionnelle. « Nous voulons un système basé sur la citoyenneté, pas sur la religion. L’Egypte ne doit pas devenir un Etat confessionnel », a-t-il déclaré.

Le PND, dans son communiqué, laisse entendre qu’il ne s’agit pas d’une mesure ponctuelle, mais bien d’une démarche visant à régler une fois pour toutes la question de la présence des Frères musulmans au Parlement. « Si les partis légaux et la société dans son ensemble ne parvenaient pas à régler cette question (des islamistes « indépendants »), cela deviendrait une menace pour la vie politique et saperait l’ordre constitutionnel », écrit le parti.

De son côté, M. El-Din Hillal a souligné que « le temps n’est pas à une mesure policière, mais à une action légale » sur ce sujet.

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