L’Egypte a rejeté samedi les critiques des Etats-Unis sur les libertés religieuses dans ce pays, un de ses alliés clés au Moyen-Orient, affirmant que Washington n’a pas le droit d’émettre de tels jugements.
« Le rapport est rejeté par principe car il a été émis par une partie qui n’a pas le droit de faire une telle évaluation », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères égyptien dans un communiqué. « L’Egypte se préoccupe uniquement de ce qui émane de parties liées aux Nations unies », ajoute-t-il. Il réagissait au rapport annuel du département d’Etat américain sur les libertés religieuses dans le monde, publié mercredi, et qui émet de dures critiques à l’égard de l’Egypte.
Le rapport affirme que « la situation concernant le respect de la liberté religieuse par le gouvernement reste pauvre, inchangée par rapport à l’année précédente ». Il évoque particulièrement les minorités, notamment les chrétiens et les bahaï, qui « subissent des discriminations collective et personnelle, en particulier dans l’accès à la fonction publique et pour construire, rénover et réparer des lieux de culte ».
En outre, les membres des Frères musulmans « subissent toujours des détentions arbitraires et des pressions du gouvernement », poursuit le rapport. C’est la deuxième fois en quelques jours que le Caire exprime son mécontentement à l’égard de critiques de Washington. Jeudi, Le Caire a accusé les Etats-Unis d’ingérence après un appel en faveur de la présence d’observateurs étrangers pour superviser les législatives du 28 novembre en Egypte.
La tension monte à l’approche du scrutin, et les Frères musulmans, principal groupe d’opposition, ont accusé les autorités d’avoir arrêté plusieurs centaines de ses membres depuis l’annonce le 9 octobre par la confrérie de son intention de présenter des candidats aux élections. L’Egypte ne reconnaît pas les bahaïs pour qui Baha’u’llah, né en 1817, est le dernier prophète envoyé par Dieu alors que les musulmans considèrent Mahomet comme le dernier des prophètes.
Les Coptes, ou chrétiens d’Egypte, représentent 6 à 10% de la population égyptienne, dans sa grande majorité de confession musulmane sunnite. Ils se plaignent régulièrement d’être marginalisés au sein de leur propre pays, en particulier pour l’accès à la fonction publique.
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