Israël est revenu jeudi sur sa décision de suspendre ses relations avec l’Unesco, invoquant une « erreur de traduction », tout en considérant comme nulles et non avenues les récentes résolutions de l’organisation internationale sur le Proche-Orient.

Un communiqué du bureau du vice-ministre israélien des Affaires étrangères Dany Ayalon avait annoncé mercredi la suspension de la coopération d’Israël avec l’Unesco afin de protester contre une récente décision de décrire le tombeau de Rachel, lieu saint juif à Bethléem (Cisjordanie), comme étant également une mosquée.

« Nous n’avons pas suspendu notre coopération avec l’ensemble de cette organisation, et nous sommes impliqués dans un grand nombre de projets qui vont se poursuivre », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Ygal Palmor, clarifiant la position du gouvernement israélien.

M. Palmor a affirmé qu' »une erreur due à une traduction hâtive par le secrétariat du vice-ministre des Affaires étrangères Danny Ayalon avait tronqué les propos de ce dernier ». En revanche, a souligné le porte-parole, « Israël suspend sa coopération avec les récentes résolutions de l’Unesco portant sur le Proche-Orient, et les considère comme non existantes ».

Le conseil exécutif de l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, les sciences et la culture) a adopté le 21 octobre cinq décisions concernant les territoires palestiniens et arabes occupés, dont l’une portant sur « la mosquée Bilal Bin Rabah/Tombe de Rachel à Bethléem », une formulation rejetée par Israël.

Jointe par l’AFP, l’Unesco n’avait pas réagi jeudi matin.

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Dahan ariel

La Tombe de Rachel ne peut évidemment pas être une mosquée ! C’est un contresens absurde!
Rachel n’a aucun lien avec le monde Musulman. On peut même considérer que Rachel, concurrente malheureuse de sa soeur aînée Léa, est un archétype de la judaïté féminine.

Le glissement sémantique sournois et odieux que commettent les religieux musulmans locaux pour qualifier le tombeau de Rachel de « mosquée » est plus qu’un contre-sens. C’est une injure au peuple hébreux en son entier.

Il faut rappeler que le peuple musulman se constitue en frère ennemi du peuple hébreu à la naissance d’Ismaël, fils de Hagar et d’Abraham. Selon le Professeur De Fontette, (Historien du Droit, auteur entre autre d’un ouvrage sur l’origine de l’antisémitisme), Ismaël est l’un des ancêtres de Rémus et Romulus, fondateurs de la Rome antique, dont les institutions seront ensuite reprises par la chrétienté. D’où selon lui l’origine de l’antisémitisme chrétien (et non le prétendu déïcide sans lequel ils n’auraient pu advenir).

Cette scission entre Itzaak et Ismaël est tellement fondamentale qu’il est invraisemblable que le moindre religieux musulman se prétende gardien du tombeau de Rachel, deuxième épouse du petit-fils d’Abraham, première femme « aîmée’ de Jacob, qui deviendra Israël.

Le glissement sémantique va même au delà de l’injure, vers le déni d’existence autonome du peuple hébreu. Car si le tombeau de Rachel est en réalité une mosquée (lieu de culte musulman consacré), c’est donc que Rachel le serait également. Et que ses enfants ne sauraient être hébreux (appelons que l’appartenance au peuple hébreu est transmise par la mère).

Ce glissement sémantique, tel qu’il apparaît, est très gros. Mais ce n’est hélas pas le premier. Il faut évidemment le combattre. Pour le principe, mais pas uniquement. Egalement pour la porté ontologique de la confusion volontaire qu’il induirait.

Autrement, demain, je m’en vais revendiquer la place St Pierre de Rome comme une Synagogue dont l’accès doit être garanti au peuple hébreu dans son ensemble. Ce qui promettra un joli merdier…

Ariel DAHAN