Le Caire pourrait accepter une ouverture partielle du point de passage de Rafah entre Gaza et le Sinaï.


Mahmud Hams (AFP)

Les demandes de la délégation palestinienne en vue d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas seront débattues entre les Etats-Unis et Israël, a indiqué lundi après-midi une source égyptienne.

La télévision libanaise Al Mayadeen rapporte que le plan égyptien pourrait demander à Israël de débuter des négociations parallèlement à un cessez-le-feu incluant un retrait total de ses troupes de la Bande de Gaza. Selon Al Mayadeen, l’Egypte aurait demandé à la délégation palestinienne d’accepter un nouveau cessez-le-feu de 72 heures et ajoute qu’un responsable égyptien vient d’annoncer que cette nouvelle trêve humanitaire pourrait prendre effet dès cette nuit (lundi à mardi).

Selon l’agence Reuters, cette source a ajouté que l’Egypte a demandé aux Palestiniens de réduire le nombre de leurs déclarations publiques car elles nuisent aux efforts de médiation.

Une source diplomatique au Caire a ajouté que l’Egypte pourrait accéder à la demande de faciliter la libre circulation des personnes et des marchandises au point de passage de Rafah entre Gaza et le Sinaï égyptien, mais, toujours selon cette source, Le Caire n’acceptera pas une levée totale du point de passage.

Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a déclaré lundi matin que la décision concernant la fin de l’opération israélienne dans la bande de Gaza « n’avait pas encore été prise », quelque temps après l’entrée en vigueur à 0700GMT de la trêve humanitaire décidée par Israël.

Le ministre israélien des Affaires étrangères a affirmé que l’incursion prendrait fin en cas d’accord ou de capitulation du Hamas.

Avigdor Lieberman a par ailleurs suggéré que l’ONU prenne le contrôle de la bande de Gaza à la place du Hamas dès la fin des hostilités. « Plusieurs mandats que l’ONU exerce fonctionnent convenablement. C’est pourquoi il faut réfléchir à la possibilité de confier à l’ONU la gestion de la bande de Gaza. Je n’exclus absolument pas cette option », a affirmé le chef de la diplomatie lors d’une réunion de la commission de la Défense et des Affaires étrangères du Parlement. Ses propos ont été retransmis par la radio militaire.

La France dénonce un carnage « injustifié »

Le droit « total » d’Israël à la sécurité « ne justifie pas » le « massacre » de civils à Gaza, a déclaré aujourd’hui le ministre français des Affaires étrangères, Fabius. Selon lui, une « solution politique » entre Israël et les Palestiniens « devra être imposée » aux deux parties.


Laurent Kenzo Tribouillard (AFP)

« Le droit d’Israël à la sécurité (…) ne justifie pas qu’on tue des enfants et qu’on massacre des civils », a déclaré le ministre évoquant un « carnage » à Gaza. La solution politique au conflit israélo-palestinien « devra être imposée par la communauté internationale, puisque les deux parties, malgré d’innombrables tentatives, se sont malheureusement montrées incapables d’en conclure la négociation ».

« Le Hamas porte évidemment une responsabilité écrasante dans cet engrenage macabre qui sert surtout les extrémismes, mais celle-ci non plus ne justifie pas ce que le secrétaire général des Nations Unies a qualifié de crimes », rappelle Laurent Fabius.

Réunion « positive » au Caire pour la délégation palestinienne

La réunion au Caire entre les différentes factions palestiniennes s’est terminée sur une note positive d’après les parties en présence, qui ont indiqué qu’elles étaient prêtes à cesser le feu, selon les conditions qu’elles ont fixé : « ce sont les quinze dernières minutes de la guerre » a lancé un responsable du Djihad islamique.

Israël toutefois, qui n’a pas de contact direct avec le Hamas et le Djihad islamique, deux organisations terroristes, n’a pas envoyé de délégation au Caire en raison de la violation pour la sixième fois consécutive de la trêve acceptée par Israël, au cours de laquelle un soldat avait été kidnappé, puis déclaré mort samedi soir par l’armée israélienne. Les tirs de missiles avaient également repris 2 heures seulement après l’entrée en vigueur de la trêve, censée durer 72 heures.

Une délégation palestinienne au Caire

Une délégation de plusieurs factions palestiniennes est arrivée au Caire samedi pour tenter de trouver une solution au conflit à Gaza alors qu’Israël a renoncé à participer aux pourparlers après que le Hamas a violé la trêve humanitaire vendredi matin en tuant deux soldats et en capturant un lieutenant (déclaré mort par l’armée samedi soir).

Selon des sources égyptiennes, la partie palestinienne aurait accepté 4 conditions exigées par la médiation égyptienne pour un cessez-le-feu.

Les membres de la délégation palestinienne (Fatah-Hamas-Djihad islamique) ont présenté leurs demandes aux médiateurs égyptiens, dimanche soir.

Un membre de la délégation, issu de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine), Maher Taher, a affirmé qu’un brouillon des demandes palestiniennes avaient été présenté plus tôt au médiateur égyptien.

Selon le brouillon, publié par les médias israéliens, la délégation aurait demandé un cessez-le-feu immédiat, accompagné d’un retrait total de la bande de Gaza par l’armée israélienne, la fin du « blocus », l’ouverture des points de contrôle pour la population et les marchandises et l’extension de 12 miles de l’espace maritime au large de Gaza.

S’ajoutent à la liste en 8 points la demande d’un aéroport et d’un port dans la bande de Gaza, la promesse « d’une aide d’urgence » assistée par la communauté internationale pour gérer la reconstruction du territoire, ainsi que la libération des prisonniers libérés dans le cadre de l’accord Shalit, puis emprisonnés de nouveau depuis l’opération « Gardiens de nos frères » et du quatrième contingent de prisonniers, promis en 2013 dans les pourparlers entre Israël et l’Autorité palestinienne.

Un responsable du Hamas a confirmé l’accord. A la fin de la réunion, les parties se sont dites satisfaites.

« Il n’y a aucun intérêt à promouvoir un accord », avait déclaré un haut responsable israélien au quotidien Haaretz samedi.

Il semblerait cependant qu’Israël pourrait envoyer une délégation au Caire dans les prochains jours.

La veille de la visite, un haut responsable de l’Autorité palestinienne a indiqué que les Palestiniens avaient reçu « l’assurance » des Etats-Unis sur le fait que le blocus de Gaza pourrait être levé une fois qu’un cessez-le-feu aurait été conclu.

La délégation palestinienne, dont font partie le chef des renseignements de l’Autorité palestinienne Majid Faraj et l’envoyé du Fatah, Azzam al-Ahmed, a rencontré dimanche des responsables égyptiens ce dimanche en compagnie de plusieurs membres du Hamas dont Moussa Abu Marzouk, Khalil al-Haya, Izzat al-Risheq et Emas al-Alami, tous résidents en dehors de Gaza.

L’envoyé des Etats-Unis au Moyen-Orient, Frank Lowenstein et le représentant du Quartet au Proche-Orient, Tony Blair étaient également au Caire

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a expliqué vendredi lors d’une conférence de presse que son pays était le seul capable d’obtenir un cessez-le-feu sur le long terme entre Israël et le Hamas.

« L’initiative peut mettre un terme à la situation actuelle », a déclaré Sissi. « Il peut ouvrir des portes sans rencontrer d’obstacles et apporter un cessez-le-feu ».

Les USA ne suspendront pas la livraison d’armes à Israël


Brendan Smialowski (AFP/Archives)

L’administration américaine ne suspendra pas ses livraisons d’armes à Israël pour encourager un cessez-le-feu, a indiqué dimanche un porte-parole du Pentagone.

« Les armes et les munitions sont fournies à Israël dans le cadre d’un programme de vente d’équipement militaire de longue-date », a précisé le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby, à la presse dimanche, « Israël est un allié fidèle dans cette partie du monde. Ce programme existe depuis des années, et nos livraisons d’armes sont réalisées dans le cadre de cet accord ».

Kirby a souligné que Washington avait clairement fait savoir qu’il voulait un cessez-le-feu et la fin des violences dans la bande de Gaza. Par ailleurs, les Etats-Unis ont insisté pour qu’Israël s’efforce de limiter les pertes civiles.

« Nous respectons le droit d’Israël à se défendre. Et comme je l’ai déjà indiqué, je pense que les Israéliens qui pourront vous le dire d’eux-mêmes, aimeraient aussi qu’il y ait un retour à la paix », a poursuivi le responsable américain.

« Consternation » après les tirs contre une école de l’ONU

Washington s’est dit « consterné » par le nouveau bombardement d’une école de l’ONU à Gaza dimanche, où au moins dix personnes ont trouvé la mort, appelant Israël à « faire plus » pour éviter les victimes civiles, a indiqué la porte-parole du département d’Etat. « Les États-Unis sont consternés par le bombardement honteux d’une école de l’UNRWA (l’agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés palestiniens, NDLR) à Rafah », a déclaré Jennifer Psaki dans un communiqué. « Nous insistons une nouvelle fois sur le fait qu’Israël doit faire plus pour respecter ses propres standards et éviter les victimes civiles ».

L’armée israélienne a reconnu dimanche soir avoir déclenché un tir sur une cible proche de l’école de l’ONU à Rafah, au sud de la bande de Gaza. « L’armée israélienne a pris pour cible trois terroristes du Djihad islamique montés sur une moto à proximité d’une école de l’UNRWA à Rafah. Les forces de défense d’Israël examinent les conséquences » de cette frappe, a précisé Tsahal dans un communiqué.

« C’est un scandale du point de vue moral et un acte criminel », ainsi qu’une « nouvelle violation flagrante du droit humanitaire international », s’est indigné le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon sans désigner expressément Israël, mais en soulignant que l’armée israélienne est informée de la localisation des refuges de l’ONU.

Par ailleurs, le ministre britannique des Affaires étrangères Philippe Hammond s’est entretenu avec le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman et la ministre israélienne de la Justice, Tzipi Livni, dimanche.

« Je suis consterné par les rapports faisant état de nouvelles victimes civiles près d’une école gérée par l’ONU où des Palestiniens s’étaient abrités à Rafah ce matin », a déclaré dimanche le responsable britannique.

i24news.tv Article original

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