Des avions de combat iraniens en Irak
Le premier lot de Sukhoi Su-25 est arrivé en Irak en provenance de Russie
Trois avions de combats Sukhoi filmés en train d’atterrir en Irak dans une vidéo diffusée par le ministère de la Défense sont probablement arrivés d’Iran, et non de Russie comme annoncé, a estimé mercredi un cabinet d’experts.
L’Irak a annoncé le 26 juin avoir acheté à la Russie plus d’une dizaine de Su-25, des avions d’attaque au sol, pour lutter contre l’offensive fulgurante menée depuis début juin par des insurgés sunnites qui se sont emparés de vastes pans de territoire dans le nord et l’ouest du pays.
Alors que cinq appareils ont été livrés dimanche par la Russie, le ministère de la Défense a annoncé mardi que cinq nouveaux appareils étaient arrivés en Irak, laissant entendre qu’ils faisaient partis de l’accord avec Moscou.
Le communiqué diffusé sur internet était accompagné d’une vidéo montrant trois Su-25 atterrissant en Irak.
Mais selon l’International Institute for Strategic Studies (IISS) à Londres, les trois avions sur les images viennent d’Iran, un pays qui a promis comme la Russie d’aider l’Irak à combattre les insurgés.
Selon l’IISS, les deux chiffres peints sur les trois avions correspondent aux deux derniers chiffres des numéros de série des avions iraniens, les motifs de camouflage sont les mêmes, et ils ont visiblement été repeints là où se trouvaient les insignes iraniens.
De plus, ces appareils sont arrivés en volant, alors que les cinq premiers livrés par la Russie sont arrivés en pièces détachées dans un avion cargo, a rappelé l’IISS.
Dans le cadre des sanctions imposées par l’ONU à Téhéran en raison de son programme nucléaire controversé, l’Iran n’a depuis 2007 pas le droit d’exporter des armes ou du matériel militaire.
Le cabinet d’experts a souligné que la plupart des Su-25 de la flotte iranienne provenaient de l’aviation irakienne, dans la mesure où sept appareils irakiens ont cherché refuge en Iran pendant la guerre du Golfe en 1991, avant d’être intégrés à l’armée iranienne contre le souhait de Bagdad.
Les deux pays se sont livré une guerre sanglante entre 1980 et 1988, pendant laquelle des Su-25 irakiens ont été utilisés contre l’Iran, mais les deux pays à majorité chiite se sont rapprochés depuis la chute de Saddam Hussein en 2003.
Bain de sang
Un des principaux idéologues djihadistes a dénoncé mercredi la proclamation d’un « califat » à cheval sur l’Irak et la Syrie par un groupe sunnite ultra-radical, mettant en garde contre un bain de sang.
« Est ce que tout musulman (…) peut trouver refuge dans ce califat? Ou s’agit-il d’un sabre aiguisé contre tous les opposants? » a écrit sur Facebook et des sites djihadistes Issam Barqawi, alias Abou Mohammed al-Makdessi.AFP
Les djihadistes de l’État islamique (EI), nouveau nom de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL, ou Daech), ont proclamé dimanche un « califat » sur les territoires conquis entre Alep, dans le nord de la Syrie, et la province de Diyala dans l’Est irakien, et appelé les musulmans du monde entier à prêter allégeance à leur chef.
Le califat est un régime hérité du temps du prophète Mahomet et abandonné depuis près d’un siècle.
« Ne pensez pas que vous pouvez faire taire la voix de la justice en criant, en proférant des menaces et en commettant des agressions », a ajouté à l’adresse de l’EI M. Makdessi, libéré le 16 juin après avoir purgé une peine de prison pour avoir recruté des combattants pour les talibans. « Réformez-vous, repentez-vous, et arrêtez de tuer des musulmans et de dénaturer la religion », a-t-il déclaré, mettant en garde contre les « musulmans qui tuent d’autres musulmans ».
Jordanien d’origine palestinienne, M. Makdessi a été un des mentors d’Abou Moussab Zarqaoui, l’ancien chef d’al-Qaïda en Irak, dont il s’était ensuite séparé en raison de divergences idéologiques. Selon des experts, la proclamation du « califat » est une provocation à l’égard d’al-Qaïda, dont l’EI conteste ouvertement l’autorité, et pourrait déclencher une lutte pour le contrôle du réseau extrémiste mondial.
La mouvance djihadiste jordanienne est généralement dominée par des groupes opposés à l’EI et partisans d’al-Qaïda et de sa branche syrienne, le Front al-Nosra. L’avancée des insurgés sunnites en Irak fait craindre une contagion en Jordanie, un pays déjà confronté à l’afflux de plus de 600.000 réfugiés syriens et à ses propres islamistes locaux. Lundi, le roi Abdallah II a appelé la communauté internationale à aider son pays à faire face à la menace djihadiste après la proclamation du califat.
« Rejoindre le califat »
« Ceux qui peuvent immigrer dans l’Etat islamique devrait le faire car l’immigration dans la maison de l’Islam est un devoir », a déclaré le chef de l’EI, Abou Bakr Al-Baghdadi.
Il a précisé que l’appel s’adressait en priorité aux « juges et ceux qui ont des compétences militaires, managériales et dans le domaine des services ainsi qu’aux docteurs et ingénieurs de toutes les disciplines ».
Le chef de l’EI a également assuré aux combattants de son groupe que leurs « frères du monde entier attendaient d’être sauvés » par eux.
Les djihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), engagés dans le combat en Syrie et en Irak, ont annoncé dimanche le rétablissement du califat, le régime politique islamique disparu il y a près d’un siècle.
Dans un enregistrement audio diffusé sur internet, l’EIIL, qui se fait appeler désormais « Etat islamique » (EI), avait désigné son chef Abou Bakr Al-Baghdadi comme « calife » et donc « chef des musulmans partout » dans le monde.
Ce califat devrait être imposé sur les régions conquises par ce groupe en Syrie et en Irak, où il a réussi à s’emparer de larges pans de territoires.
« Lors d’une réunion, la choura (conseil) de l’Etat islamique a décidé d’annoncer l’établissement du califat islamique et de désigner un calife pour l’Etat des musulmans. Le cheikh djihadiste Al-Baghdadi a été désigné calife des musulmans », a annoncé dans cet enregistrement Abou Mohammad al-Adnani, porte-parole de l’EIIL.
(avec AFP)
i24news.tv Article original
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{{Comme en Syrie , quelle différence ?}}