Dajani, qui avait organisé le 1er voyage d’étudiants palestiniens dans le camp, a été qualifié de « traître ».

Mohammed Dajani, le professeur de l’université Al-Qods de Jérusalem, qui a organisé le premier voyage d’étudiants palestiniens au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau en mars dernier, a démissionné de son poste après avoir subi de nombreuses pressions.

Le professeur Dajani, qui dirige le département d’étude américaine a déclaré au journal israélien Haaretz qu’il avait estimé ne pas avoir eu le choix de démissionner après que les responsables universitaires ont refusé de le soutenir face à la campagne de dénigrement menée contre lui par certains membres de l’université.

Après le voyage à Auschwitz, Dajani a été qualifié de « traître » et de « collaborateur », et a été expulsé du syndicat du personnel de l’université. Il a justifié ce voyage en expliquant qu’il était important à ses yeux que les Palestiniens comprennent leur « ennemi » – les Israéliens – et notamment le rôle de la Shoah dans l’élaboration de la politique et de la conscience israélienne.

Dajani a présenté sa démission le 18 mai, en espérant que les responsables de l’université la rejetteraient et dénonceraient la campagne menée contre lui.

A la place, la direction du personnel de l’université lui a signifié que sa démission prenait effet le 1er juin.

« Je voulais que le président de l’université prenne position en refusant ma démission et, ce faisant, envoie un message clair et fort aux employés de l’université, aux étudiants et à la communauté palestinienne en général, que l’université soutient la liberté académique et considère mon voyage comme un voyage éducatif, qui n’est pas contraire aux règlements ou à la politique de la faculté », a indiqué Dajani.

Il s’est également dit consterné par le fait que l’université ait pris ses distances avec le voyage en Auschwitz, estimant que le professeur était « en congé » et avait agi « à titre personnel ».

Ce voyage faisait partie d’un programme conjoint de « réconciliation et de résolution des conflits », conduit conjointement avec l’Université Ben Gourion du Néguev et l’Université allemande Schiller.

Le programme, qui rassemble des étudiants israéliens et palestiniens, avait pour objectif d’enseigner la souffrance endurée par les deux peuples, afin de comprendre comment chacune des consciences historiques s’était développée.

Des étudiants israéliens avaient notamment visité un camp de réfugiés au sud de Bethléem pour appréhender l’expérience de la « Naqba » (« catastrophe »), terme employé par les Palestiniens pour qualifier la création de l’Etat d’Israël en 1948.

L’idée finale est d’étudier les réactions de chacun des groupes pour évaluer si la confrontation avec les récits historiques de l’autre facilite la réconciliation entre les deux peuples.

« J’ai été élevé dans une société négationiste, où l’Holocauste était un tabou. Je n’ai jamais rien pu étudier sur ce sujet à l’université. Tout ce que je savais sur le génocide était vague, exagéré ou présenté comme un simple détail parmi tant d’autres atrocités commises pendant la Seconde Guerre mondiale », avait déclaré Dajani à i24news lors d’une interview qui s’est déroulée en avril dans son bureau de Beit Hanina, un quartier de Jérusalem-Est. « Par définition, le fait d’avoir été bercé par cette culture et d’effectuer un tel voyage vous met face à une dissonance cognitive.”

A lire sur le même sujet : Un enseignant de la Shoah pas comme les autres

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oxomars

Il est regrettable que ce genre d’information n’apparaisse pas sur Mediapart ou le Fiagaro ou le Monde, histoire de calmer la hargne des pro palos