Les éditorialistes étrangers sont sceptiques après la nomination du nouveau Premier ministre. Un « choix hasardeux », déjà « une cohabitation », selon « La Stampa » !La presse européenne a accueilli lundi soir avec prudence et scepticisme la nomination par le président français François Hollande de Manuel Valls, jusqu’alors ministre de l’Intérieur, en remplacement du Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

En Allemagne, premier partenaire économique de la France, la Süddeutsche Zeitung (centre gauche) estime que « les effets (de ce remaniement) ne pourront pas durer ». « Les problèmes demeurent : le président doit trouver une stratégie pour ranimer l’économie, redresser les finances, soulager les citoyens et empêcher une fronde au sein de son parti », explique-t-il.

Même son de cloche dans les colonnes du quotidien conservateur Die Welt, pour lequel « le changement du Premier ministre et de deux, trois ou dix-neuf ministres n’aura guère d’importance sur le fond, au mieux une valeur psychologique ».

De son côté, le quotidien économique Handelsblatt s’interroge sur la « mission confuse » confiée par M. Hollande à Manuel Valls, décrit comme quelqu’un d' »obstiné ». Enfin, la Frankfurter Allgemeine Zeitung (libéral) rappelle que « pendant longtemps Hollande n’a pas fait confiance à ce Valls envahissant et habitué au succès ». « Maintenant, le socialiste de 51 ans doit le sauver de la situation fort épineuse qui est celle de sa carrière présidentielle encore courte. »

« Un dur » à Matignon

En Grande-Bretagne, le Times (conservateur) titre : « Hollande en difficulté nomme un dur au poste de Premier ministre ».

Pour The Daily Telegraph (droite), « cette nomination représente une menace potentielle pour le très impopulaire M. Hollande, alors qu’un récent sondage suggère que M. Valls aurait bien plus de chances que son patron de remporter la prochaine présidentielle ».

The Guardian (gauche) estime pour sa part que le président « Hollande a peiné pour limiter les dégâts (…) après les élections ».

« L’absence de réaction aurait convaincu les électeurs que le président faisait la sourde oreille » aux demandes d’un changement de gouvernement, commente le quotidien économique The Financial Times.

Les journaux espagnols mettent pour leur part l’accent sur les origines catalanes du nouveau chef de gouvernement. « Hollande met un dur à la tête du gouvernement après l’échec électoral », titre El País, de centre gauche, ajoutant : « Le président réagit à chaud au cataclysme des municipales, nomme Premier ministre l’homme politique d’origine catalane Manuel Valls et promet de baisser les impôts pour les salariés. »

« Valls, un Espagnol pour un gouvernement de combat », souligne l’autre grand journal espagnol, El Mundo (centre droit), qui fait aussi de la nomination de Manuel Valls, né à Barcelone, le premier titre de son édition en ligne lundi soir.

Le grand quotidien catalan, La Vanguardia, met lui aussi en avant ses origines catalanes.

« Celui qui était jusqu’à présent ministre de l’Intérieur, d’origine catalane, occupera ce poste après la débâcle socialiste aux élections municipales », écrit le journal, qui le décrit comme « un Premier ministre de Barcelone, supporteur du Barça et qui parle catalan ».

« Un choix hasardeux », déjà une « cohabitation »

En Italie, le quotidien des milieux économiques, Il Sole 24 Ore, présente Manuel Valls comme « le socialiste qui fait un carton chez les électeurs de droite ». Appelé à « sauver la gauche française », « durant ces deux dernières années, il s’est fait une réputation de dur, il ne plaît pas à l’extrême gauche qui a souvent demandé sa tête ».

La Stampa, le quotidien de Turin (nord), estime qu’il s’agit là « d’un choix hasardeux, que d’aucuns qualifient déjà de cohabitation entre le président et son Premier ministre, tant les deux hommes semblent différents et incompatibles ».

Valls est « unanimement reconnu comme le représentant de la droite socialiste, libéral en économie et républicain dans les valeurs », ajoute La Stampa, pour qui il s’agit là en tout les cas d’un « tournant absolu par rapport au social-démocrate Ayrault ».

La Repubblica le présente comme un « homme qui suscite des passions fortes, d’amour comme de haine, et que de nombreux commentateurs comparent à Matteo Renzi (le président du conseil italien) pour son attitude directe ». Pour Il Fatto quotidiano (gauche), cette nomination est « un signal très fort à l’attention des électeurs qui ont voulu punir la gauche lors des élections municipales ».

Source AFP

01-04-2014/ Le Point Article original

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire