Tant pis si ça pince ! Producteur historique des télévisions publiques à qui le téléspectateur doit, entre autres, un magnifique Clemenceau et des documentaires souvent dérangeants comme les Francs-Maçons et le Pouvoir ou 1962 de l’Algérie française à l’Algérie algérienne, Jacques Kirsner n’a plus la cote à France Télévisions.

Depuis des mois, sa maison de production se voit refuser tous ses projets, comme si un ordre non écrit veillait à l’écarter systématiquement de toute commande publique. L’équilibre économique de sa maison de production est menacé. Que reproche-t-on à l’homme de programmes ? Certainement pas son orientation politique : militant d’extrême gauche, vieux compagnon de route du trotskisme le plus orthodoxe, connu des initiés sous le surnom de “Berg”, il aurait tout pour plaire à nos hiérarques culturels, qui en sont tous plus ou moins les enfants adultérins. La qualité trop française de ses programmes, alors ? D’avoir dénoncé dans les Nouveaux Chiens de garde la consanguinité inquiétante des médias et de la finance ? En réalité, son mal vient de plus loin : Kirsner a commis le péché mortel d’avoir produit, il y a bien longtemps, un film, le Dernier Été, avec Jacques Villeret, tiré du livre de Nicolas Sarkozy sur Georges Mandel. Certains murmurent qu’il aurait même soufflé à l’ancien président l’idée de la suppression de la publicité sur le service public. Ému, le monde culturel se mobilise, une pétition circule et accumule les signatures.
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