Les députés de droite israéliens intensifient cependant leurs attaques contre le secrétaire d’État américainIsraël se prépare à donner son approbation timide à l’accord-cadre de paix avec les Palestiniens conçu par le secrétaire d’État John Kerry, a rapporté samedi soir la deuxième chaîne de télévision israélienne.
Cette proposition doit servir de base pour la poursuite des négociations de paix avec l’Autorité palestinienne.
La chaîne de télévision a également rapporté que le Premier ministre Benyamin Netanyahou, le ministre de la Défense Moshe Ya’alon et le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman sont tous enclins à accepter les conditions de l’accord-cadre américain.
Le document devrait être finalisé dans les prochaines semaines, avant une quatrième et dernière libération de prisonniers palestiniens qui purgent leur peine dans les prisons israéliennes. L’accord-cadre prévoit de discuter de l’établissement d’un État palestinien sur la base des frontières de 1948, et permettre à environ 80 pour cent des habitants des implantations juives de Judée-Samarie de rester sous souveraineté israélienne.
L’accord aborde la reconnaissance d’Israël comme un État juif, prévoit l’indemnisation des réfugiés palestiniens mais ne possède pas de détails sur le statut de Jérusalem.
Kerry ne se rendra pas dans la région cette semaine, mais reste en contact permanent avec les deux parties. Il doit rencontrer dimanche à Munich la ministre israélienne de la Justice Tzipi Livni et l’avocat Isaac Molho, le représentant du Premier ministre pour les négociations de paix. Tous sont appelés à travailler sur le texte de l’accord-cadre. Kerry rencontrera ensuite l’homologue palestinien de Mme Livni, Saeb Erekat, dans le même but, a rapporté dimanche le quotidien Haaretz.
Kerry discute avec Netanyahou et le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas presque quotidiennement, a indiqué Haaretz.
Kerry est arrivé à Munich après avoir rencontré la chancelière allemande Angela Merkel et le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier à Berlin vendredi. Steinmeier était à Jérusalem et à Ramallah il y a deux semaines, et Mme Merkel doit se rendre dans la région plus tard ce mois-ci. Il est probable que Kerry ait demandé l’aide de l’Allemagne pour presser les deux parties à accepter l’accord-cadre.
Des sources ont indiqué ces dernières semaines que l’Autorité palestinienne pense rejeter l’accord-cadre, mais ces informations n’ont pas été officiellement confirmées.
Saeb Erekat insiste sur le fait que les Palestiniens ne reconnaîtront pas Israël comme un État juif. S’exprimant lors de la conférence de Munich sur la sécurité, M. Erekat a même qualifié cette demande « d’inacceptable ».
« Quand vous dites accepter Israël comme un État juif, vous me demandez de changer mon histoire », a-t-il déclaré, affirmant que ses ancêtres ont vécu dans la région « 5500 ans avant que Josué arrive et brûle ma ville natale Jericho », a rapporté le Times of Israël.
Pendant ce temps, le secrétaire d’État Kerry subit des critiques accrues de la part de députés de la droite israélienne, opposés à l’accord-cadre.
Suite à l’avertissement de M. Kerry samedi concernant les conséquences désastreuses pour Israël si les efforts de paix en cours échouaient, le chef du parti du « Foyer Juif », le ministre de l’Économie et du Commerce Naftali Bennett, a accusé le secrétaire d’État de servir de « porte-parole » des antisémites qui veulent boycotter Israël.
A M. Kerry « et tous les conseillers », a écrit sur sa page Facebook le ministre Bennett, « le peuple juif est plus fort que les menaces à son encontre ». Il a ajouté que les Juifs ne « céderont pas leurs terres » à cause de pressions économiques.
Le ministre du Logement et de la Construction Uri Ariel, membre du « Foyer Juif », a également été prompt à réagir aux déclarations de Kerry.
« Kerry a déclaré aujourd’hui que la prospérité économique et la sécurité d’Israël sont une illusion, et que si les pourparlers de paix échouent, Israël sera boycotté.
La vérité est que les seules illusions sont les messages de paix que Kerry essaie de vendre à Israël », a posté M. Ariel sur sa page Facebook.
La député du Likoud Tzipi Hotovely a quant à elle déclaré que « les menaces de boycott sans précédent » de Kerry étaient « des tentatives d’intimidation d’Israël dans le but d’imposer un accord dangereux qui va à l’encontre de la position du gouvernement israélien ».
Le député du Likoud et vice-ministre Ofir Akunis également fustigé Kerry: « nous étions ici avant Kerry, nous serons là après lui aussi, » a-t-il dit.
02-02-2014/ I 24 NEWS Article original
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