* Al Qaïda renforce son implantation au Liban, notamment à Tripoli
* Profite des tensions confessionnelles créées par le conflit syrien
* Promet de frapper les chiites et Israël

Al Qaïda a réussi à prendre pied au Liban en tirant profit de la radicalisation des tensions confessionnelles provoquées par le conflit syrien et devrait y proclamer prochainement la création d’une branche de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), disent des sources proches du groupe djihadiste.
Les militants d’Al Qaïda sont surtout implantés dans le nord du Liban et en particulier à Tripoli, théâtre depuis des mois d’affrontements meurtriers entre salafistes (sunnites) et membres de la communauté alaouite (chiite) du président syrien Bachar al Assad.
La contagion du conflit syrien y a été nourrie par un vieux contentieux: dans les années 1980, Hafez al Assad, le père de l’actuel chef de l’Etat, avait envoyé l’armée syrienne écraser, avec l’aide de miliciens alaouites locaux, les sunnites de Tripoli qu’il accusait de soutenir les groupes palestiniens actifs au Liban.
Aujourd’hui, c’est dans la ville portuaire que serait basé celui qui est présenté comme le chef d’Al Qaïda au Liban, Abou Sayyaf al Ansari, qui a proclamé le week-end dernier dans un message audio son allégeance à l’EIIL en présentant le pays du Cèdre comme une base pour frapper Israël.
Selon le chef d’un groupe rebelle islamiste syrien, proche d’Al Qaïda, Abou Sayyaf al Ansari a reçu le feu vert de l’émir de l’EIIL, Abou Bakr al Bagdadi, pour rendre public la présence du mouvement au Liban.
« Un communiqué sera publié dans les prochains jours et le monde saura alors ce qu’il va se passer au Liban », dit-il.
« UNE PORTE VERS JÉRUSALEM »
En dehors de Tripoli, la branche libanaise d’Al Qaïda aurait des soutiens dans la province d’Akkar, dans le nord, mais aussi dans des fiefs du Hezbollah chiite comme la vallée de la Bekaa, à l’est, et Saïda, une ville portuaire du sud où l’armée avait écrasé l’an dernier un soulèvement des partisans du cheikh sunnite radical Ahmed al Assir.
Pour les habitants de certains quartiers de Tripoli ou de villages de la province d’Akkar et de la Bekaa, les drapeaux noirs calligraphiés en blanc d’Al Qaïda sont déjà un spectacle familier.
Mais avec les difficultés rencontrées par l’EIIL dans le nord de la Syrie, où les groupes rebelles islamistes se sont récemment ligués contre les djihadistes étrangers, Al Qaïda pourrait être tentée d’accélérer son repli vers le Liban, à la fois pour y recruter et pour y mener des attaques contre ses ennemis chiites.
« Ils veulent réaliser leur rêve », estime le commandant d’une katiba (brigade) syrienne qui a fait prisonniers des djihadistes de l’EIIL. « Ils se proclament ‘en Irak et au Levant’, ce qui signifie la Syrie, le Liban, la Jordanie et la Palestine. Ils ne vont pas s’arrêter en chemin. »
Dans son message diffusé sur YouTube, Abou Sayyaf al Ansari appelle les sunnites libanais à s’unir contre les chiites et se réjouit des récents attentats dans les bastions du Hezbollah à Beyrouth, revendiqués par les « Brigades Abdallah Azzam », tout en jugeant que cela ne suffit pas.
« Maintenant que le drapeau de l’islam a été levé en Irak et au Levant (…), nous avons décidé de lui prêter allégeance », dit-il. « Nous prêtons allégeance à l’émir Abou Bakr al Bagdadi pour devenir la porte qui le conduira, si Dieu le veut, du Liban à la ville sainte (Jérusalem). » (Tangi Salaün pour le service français)
par Mariam Karouny
30/01/2014 | 19:15
zonebourse.com Article original
![]() |
![]() |









































