Interrogée sur Europe 1, Najat Vallaud-Belkacem a accusé le président de l’UMP Jean-François Copé de se faire le porte-parole des extrémistes en apportant son soutien à une « théorie du genre » qui n’existe pas dans les écoles.Non, il n’y a pas et n’y aura pas d’enseignement d’une « théorie du genre » à l’école primaire. Najat Vallaud-Belkacem l’a de nouveau martelé sur les ondes d’Europe 1, mercredi matin. « Je suis scandalisée par les propos de Jean-François Copé sur ce sujet, qui fait le pari de la peur, du fantasme, de l’inquiétude des parents, qui ce faisant apporte son soutien à Mme (Farida) Belghoul, à Alain Soral et à toutes les théories défendues par ce dernier », a-t-elle réagi.
Elle revenait ainsi sur la réaction du président de l’UMP qui s’était dit « choqué par la théorie du genre » et « comprendre l’inquiétude des familles ». « Lorsque Jean-François Copé dit ‘je comprends les inquiétudes des parents quant à une théorie du genre’, lui qui sait parfaitement qu’il n’y a aucune théorie du genre qui est développée dans les écoles primaires de France, M. Copé fait le pari du fantasme », réplique la porte-parole du gouvernement. « En disant cela, M.Copé (…) se range du côté des extrémistes contre la République et ses valeurs. »
Des propos qui ne font que relayer, selon elle, de fausses rumeurs propagées par des mouvements extrémistes qui ont lancé un appel au boycott de l’école vendredi dernier. D’étranges SMS étaient parvenus aux parents qui avaient alors choisi de ne pas mettre leurs enfants à l’école. Une centaine d’établissements avaient été touchés. Les messages sur les téléphones et sur Internet ciblaient essentiellement la communauté musulmane.
Ils affirmaient que les enseignants allaient apprendre la théorie du genre aux enfants. « L’Education nationale va enseigner à nos enfants qu’ils ne naissent pas fille ou garçon comme Dieu l’a voulu mais qu’ils choisissent de le devenir.
Avec des intervenants homos et lesbiennes qui viendront leur bourrer la tête d’idées monstrueuses… », était-il écrit. Selon eux, la « théorie du genre » vise à effacer toute différence biologique et sociale entre les hommes et les femmes.
L’appel au boycott scolaire a été lancé par Farida Belghoul, proche de l’essayiste d’extrême-droite Alain Soral. Celle-ci estime que le dispositif élaboré par les ministères du des Droits des femmes et de l’Education nationale ne cherche pas à lutter contre les stéréotypes filles-garçons, mais à introduire la « théorie du genre » à l’école.
L’institut Civitas, proche des catholiques intégristes et qui soutient l’initiative, affirme que l’Ecole cherche à diffuser une « idéologie du genre » sous la pression de mouvements gay et lesbiens.
« A l’école, on apprend l’égalité aux filles et aux garçons, pas la théorie du genre », a répliqué Najat Vallaud-Belkacem qui teste actuellement un programme intitulé ABCD de l’égalité dans dix académies. « On ne parle aucunement de sexualité à des enfants de primaire, (mais) du fait que les filles et les garçons doivent pouvoir ambitionner d’être à égalité plus tard dans les rêves qu’ils font, dans les ambitions professionnelles qu’ils peuvent avoir », a ajouté la ministre. Les affirmations du mouvement ont également été démenties par Vincent Peillon devant l’Assemblée nationale.
Mercredi matin, sur LCI et Radio Classique, Jean-François Copé a condamné les appels au boycott. « C’est la double peine pour les enfants. Il faut naturellement que les parents les envoient à l’école », a-t-il déclaré, tout en demandant à l’Education nationale de « lever toute ambiguité ».
Melinda Davan-Soulas LCI.TF1
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