Le tribunal administratif de Besançon a rejeté les requêtes des Dibrani. La famille, qui a la possibilité de faire appel, doit pour le moment rester au Kosovo.La famille Dibrani déboutée. Le tribunal administratif de Besançon a rejeté mardi les requêtes des parents de Leonarda visant l’obtention d’un titre de séjour en France. La famille de la collégienne rom, dont l’expulsion, le 9 octobre dernier, pendant une sortie scolaire avait provoqué une polémique nationale, va donc devoir rester au Kosovo.
Il s’agit des 17e et 18e décisions de justice à propos des parents de Leonarda. Les Dibrani, hébergés à Mitrovica par le gouvernement kosovar depuis leur expulsion le 9 octobre dernier, demandaient l’annulation du refus de titre de séjour, portant obligation de quitter le territoire français (OQTF) et fixant le Kosovo comme pays de retour. Le 7 janvier dernier, le rapporteur public s’était prononcé pour le rejet de leurs requêtes.
Selon lui, le préfet du Doubs n’avait «commis aucune erreur manifeste d’appréciation sur la situation des requérants» quand il a ordonné leur reconduite à la frontière.
Avant la décision du tribunal, l’avocate des Dibrani, Me Brigitte Bertin, n’excluait pas «une décision négative, car le tribunal est tenu par des critères juridiques».
Depuis le Kosovo, la famille attendait la décision avec impatience: «On ne sait plus quoi faire, j’ai envie de me tuer!» «Ils nous ont coupé la lumière, et on n’a pas mangé depuis samedi, se plaignait l’adolescente.
On crève de froid et de faim. Et ma mère est enceinte de deux mois! Elle n’a presque plus de lait pour allaiter ma petite sœur!» Souffrant de «140 de tension», son père n’a pas pu être soigné à l’hôpital, faute de moyens. «Personne ne s’intéresse à nous, se lamente-t-il. Moi je suis OK pour qu’on me mette en prison, pourvu que ma famille puisse rester en France».
Jusqu’à présent, l’ensemble des demandes judiciaires ou administratives du couple pour obtenir le droit d’asile ou un titre de séjour ont été rejetées.
La décision du tribunal est encore susceptible d’appel. «La probabilité que la famille Dibrani épuise toutes les voies de recours est grande, précise Me Claisse. Mais faire appel sans apporter d’éléments nouveaux, c’est un peu hasardeux…»
28-01-2014/Stéphane Kovacs/ Le Figaro.fr Article original
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