Vie privée du président, virage libéral, affaire Dieudonné et état de santé de l’UMP… Eric Woerth, ancien ministre de Nicolas Sarkozy (Budget puis Travail), s’exprime sans concessions dans une interview au «Parisien» «Aujourd’hui en France» ce dimanche.Proche de François Fillon, il estime que les primaires à l’UMP pour la présidentielle de 2017 ne sont pas une étape incontournable.
ÉRIC WOERTH. Il faut admettre que lorsqu’on est président de la République, il n’y a pas de vie privée possible. On peut le regretter, mais c’est comme cela.
Il faut se battre contre le racisme et l’antisémitisme, toujours et tout le temps. Après, c’est une question de méthode. Celle de M. Valls est-elle la bonne ? Je ne le pense pas. Se mettre à parler soudainement autant de M. Dieudonné, c’est lui faire beaucoup d’honneur, ça devient même ridicule. Il y a des tribunaux pour régler cela, à eux de dire s’il doit être condamné. Je ne crois pas que ça puisse être le combat de tout un gouvernement, comme je ne crois pas que la France soit raciste ou antisémite. Laissons Dieudonné dans l’obscurité où il est.
C’est Hollande contre Hollande. Pendant ce quart d’heure de vœux, il a passé son temps à dire qu’il allait faire en 2014 le contraire de ce qu’il a fait en 2013. Il parle de choc de simplification, mais tout ce qu’il fait depuis le début est plutôt un choc de complexité. Même chose pour les impôts, il dit qu’il y en a trop et en même temps il n’a cessé de les augmenter.
Le Pen marque le pas. On entend peu le FN sur le fond des choses. Quant à Hollande, c’est vrai qu’il se droitise, il se sarkozyse même. Ce serait une qualité s’il était Sarkozy, mais c’est un inconvénient quand on est Hollande. Car il fait du mauvais Sarkozy. Concernant l’UMP, nous devons incarner une opposition crédible. Mais encore faut-il que nous puissions respecter quelques règles.
Je pense vraiment que Paris est gagnable. Compte tenu du découpage électoral, cela est difficile, mais Nathalie Kosciusko-Morizet peut créer la surprise, car elle a de grandes qualités.
Cela dépendra de l’état de la France en 2016. La présidentielle, c’est la rencontre d’un homme et d’un peuple… sauf que ce peuple change souvent d’avis. Je ne sais quelles seront les attentes de l’opinion en 2017.
Non, il faut qu’il continue à réfléchir, à faire ce qu’il fait aujourd’hui. François Fillon ou Alain Juppé, quant à eux, doivent continuer à creuser leur sillon. A un moment donné, quelqu’un émergera et je ferai tout pour qu’il gagne !
Le Parisien.fr Article original/12-01-2014
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