Tentative du Premier ministre israélien de calmer la colère des opposants à la libération des prisonniers.Le gouvernement israélien s’apprête à annoncer la libération d’une 3ème vague de prisonniers palestiniens dans le cadre des négociations de paix, malgré la recrudescence d’attaques palestiniennes contre des cibles israéliennes, dont la chute d’une roquette de type Kassam au cours de ces dernières heures en zone frontalière avec Gaza.

Pour apaiser les objections à la libération de la part des familles des victimes d’actes terroristes et des tenants de la ligne dure, le Premier ministre Benyamin Netanyahou aurait chargé le gouvernement de préparer des appels d’offre pour 1400 unités à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

L’Autorité palestinienne a déjà prévenu qu’une telle mesure risquerait de menacer la poursuite des négociations entre les deux parties, qui ont débuté fin juillet et sont censés terminer fin avril.

« A l’inverse des libérations qui permettent de faire avancer les discussions, la construction de logements sape la poursuite positive de ces discussions », a expliqué le ministre palestinien chargé des droits des prisonniers, Issa Karake. Les discussions entre Israéliens et Palestiniens avaient récemment été interrompues suite à ces nouveaux projets de construction avant de reprendre par la suite mais aucune avancée concrète n’a été annoncée.

Parmi les détenus appelés à être relâchés, 26 détenus dimanche 29 décembre, figurent Salim Suleiman Mohammed et Adam Ibrahim Juma’a, emprisonnés en 1988 après un attentat perpétré dans un autobus en Cisjordanie qui a tué un soldat israélien, une mère et ses trois enfants.

« Ces prisonniers ne rentrent pas à la maison pour faire de la tapisserie », a lancé Sherri Mandell, dont le fils a été tué en 2001, et est devenue une porte-parole des familles de victimes. « Nous ne pouvons pas simplement rester assis et attendre que les prisonniers soient libres. Ce sont des assassins ».

Des mères de victimes ont rencontré mercredi le vice-ministre de la Défense Danny Danon, un fervent opposant aux libérations de prisonniers qui les a assuré avoir demandé au Premier ministre de geler ces libérations. Avec la montée des tensions « de nombreux ministres du gouvernement, auparavant favorables aux relâchements, m’ont dit qu’ils ne voteraient plus en leur faveur maintenant », a dit Danon.

Une voie secrète

La semaine dernière le quotidien Haaretz, citant un haut responsable a rapporté que le secrétaire d’Etat américain John Kerry et son émissaire Martin Indyk avaient demandé au gouvernement de ne pas annoncer de nouvelles constructions dans le sillage des libérations.

Les ambassadeurs du Royaume-Uni, de France, d’Italie et d’Espagne ont rencontré récemment un officiel du ministère des affaires étrangères israélien le prévenant que si les négociations échouent à cause des constructions, Israël en sera tenu comme seul responsable.

Par ailleurs le journal Yediot Ahronot a rapporté jeudi que Netanyahou et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas mènent des négociations secrètes depuis plusieurs années.Elles seraient conduites à Londres par Yitzhak Molcho, un conseiller du Premier ministre et par un homme d’affaires palestinien probablement Bassem Akel, considéré comme proche de Abbas. Cette voie n’a pas permis aux deux hauts dirigeants de se rencontrer mais a réussi à résoudre certains points sensibles sans la pression politique et médiatique, indique le journal.

I 24 NEWS Article original

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