Le parquet de Créteil (Val-de-Marne) a démenti vendredi que les deux suspects français d’un accident de la route mortel en Israël se tenaient à la disposition de la justice, comme l’affirmait mardi l’avocate de l’un des deux suspects, Me Françoise Cotta.
« A ce jour, ni Me Cotta, ni Me Ruben (l’avocat du second suspect, ndlr) n’ont daigné donné leurs adresses », a réagi Nathalie Becache, procureur au tribunal de grande instance de Créteil, qui dénonce « une volonté de comparaître pas si évidente » et « un affichage de transparence démenti par la réalité ».
Fin septembre, Lee Zeitouni, une Israélienne de 25 ans, était morte à Tel Aviv après avoir été heurtée par un 4X4 dont les deux occupants avaient précipitamment regagné la France le jour même, suscitant une vive émotion en Israël. Saisie après une commission rogatoire internationale des autorités israéliennes, une juge d’instruction de Créteil a renvoyé le compte rendu de ses investigations à État hébreu lundi.
Le lendemain, Me Cotta exprimait à l’AFP son regret que les deux suspects n’aient pas été entendus par la juge. « C’est justement ce que mon client demandait. On souhaitait qu’il soit mis en examen ici. Mon client veut être jugé mais il veut être jugé en France », avait-elle déclaré.
Pour le parquet de Créteil, la procédure suivie a été normale: la justice française n’avait pas à entendre les deux suspects, la France n’étant pas compétente pour juger de faits commis à l’étranger. La saisie d’une juge d’instruction visait simplement à localiser les deux hommes, comme le réclamaient les autorités israéliennes.
Peu après l’incident, un des suspects interrogé par téléphone par une chaîne de télévision israélienne avait affirmé « regretter » son acte mais avait ajouté qu’il n’avait pas l’intention de revenir en Israël pour « croupir 20 ans en prison ». Réagissant à l’accident, l’ambassadeur de France en Israël Christophe Bigot avait dénoncé un « acte odieux » et assuré que la police et la justice française coopéreraient avec les autorités israéliennes pour que « justice soit faite ». Il avait toutefois rappelé que les conventions internationales ne permettaient pas l’extradition des suspects.
CRETEIL, 10 déc 2011 (AFP)
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