Tsahal a installé une nouvelle arme anti-émeute sur le mur de séparation, cette arme est destinée à disperser les foules et elle est actionnée par une télécommande. Un petit pas vers la révolution a venir dans les guerres du futur, des guerres plus robotisées…

Le marathon de Beit Lehem a lieu dans des conditions particulières, entre les murailles, les tours de garde et les check-points. Lors de la dernière course, qui a eu lieu il y a deux semaines, les participants ont remarqué ce qui ressemble a une énorme mitrailleuse, et qui les suivait a partir de la barrière de séparation. En réaction aux questions du magazine 972+, le porte-parole de Tsahal a déclaré qu’il s’agit d’une nouvelle arme destinée à disperser les émeutes, et que cette arme est activée à distance a l’aide d’une télécommande. Elle est capable de tirer de l’eau et des gaz lacrymogènes.

Apparemment, il n’y a rien de spécial dans cette invention. En fait, cela ne change rien pour le manifestant qui reçoit le gaz lacrymogène, c’est pareil si ce gaz est tiré par un soldat ou par un robot actionné à partir du centre de commandement. Une grenade anti-émeute lancée par un soldat et un tir effectué à partir d’un robot donnent le même résultat, tout le reste est une question d’efficacité, non ? Mais, quand les photos de cette arme futuriste ont été mises en ligne, il y eu de nombreuses réactions, et même ceux qui n’ont pas beaucoup de sympathie pour les manifestants palestiniens ont reconnu que ce nouvel engin a l’air plutôt effrayant et donne la chair de poule.

Le problème avec ce genre de robot, c’est la vision que cela nous donne du futur. Noah Smith a publie il y a un mois, un article passionnant et angoissant sur le magazine en ligne ’Quartz’, dans lequel il parlait des armes automatisées du futur, et qui changeront le monde.

Afin de simplifier et de raccourcir ses propos, Smith prétend que, dans un futur proche – c’est-a-dire une a trois décennies – le prix de ces robots baissera de façon importante, et que les armées n’auront plus besoin d’avoir autant de soldats. En plus de cela, même les vieilles industries auront besoin de moins de main d’oeuvre. Déjà de nos jours, déclare Smith, on devrait bientôt voir d’importants changements sociétaux, a la fin desquels une très petite couche de population vivra dans dans de petites localités protégées et contrôlera le monde et ses ressources grâce a ce genre de robots, ce sera une ère semblable a l’époque de l’esclavage ou du féodalisme, sauf que là, il n’y aura aucun besoin de disposer des mains travailleuses de la masse.

Il est possible de ne pas croire en cette dystopie (ndtr : une dystopie est un récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle manière qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur. Une dystopie peut aussi être considérée comme une utopie qui vire au cauchemar et conduit donc a une contre-utopie.

L’auteur entend ainsi mettre en garde le lecteur en montrant les conséquences néfastes d’une idéologie, ou d’une pratique présente à notre époque), mais il n’est pas non plus nécessaire d’aller trop loin pour commencer a s’inquièter.

Il n’est pas difficile d’imaginer combien les régimes dictatoriaux seraient heureux de mettre la main sur cette nouvelle arme de Tsahal (ou sur les engins que certains disent que nous employons a la frontière avec Gaza et qui seraient capables de tirer des balles réelles, des obus et des roquettes).

Est-ce que nous verrons bientôt ces développements maîtriser les manifestations dans les favelas du Brésil ? Aider a maîtriser les ouvriers d’une usine en Chine, ou disperser des activistes qui luttent pour la liberté en Afrique ou en Russie ?

La situation particulière d’Israel – déclare une start-up qui travaille dans le domaine des conflits militaires sans fin, fait que ce pays entretient une armée enorme et est obligée de contrôler une certaine population civile – a fait de nous une pépinière de créateurs de nouvelles armes de dissuasion futuristes, que nous exportons dans le reste du monde.

Ce n’est plus l’époque du Uzi et du Galil, il s’agit d’engins complexes et très efficaces, dont nous ne comprenons pas encore vraiment comment ils vont influer sur l’humanité. C’est un des problèmes de la situation d’Israël face aux Palestiniens : ce conflit utilise le talent créatif des israéliens, les infrastructures et le potentiel national, et les recrute pour créer ce genre d’inventions, qui ouvrent de nouveaux horizons plutôt sombres pour le genre humain. Il faudrait peut-être prendre tout cela en compte, car il se pourrait que dans une ou deux décennies, nous devenions ceux qui devront se sauver face a ce genres de robots.

Source  Haabir-haisraeli.over-blog

 

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