Des enseignantes de la crèche d’Ariel accusées de maltraitance d’enfants
La justice israélienne a transmis au tribunal un dossier accablant concernant des actes de maltraitance sur de très jeunes enfants dans une crèche privée nommée « Luchik » située à Ariel. Le dossier, qui compte près de cent pages, relate plus de 400 épisodes de violences impliquant 17 enfants, dont le plus jeune âgé de moins d’un an. Trois femmes, la directrice de l’établissement et deux éducatrices, sont mises en cause. Elles sont accusées d’avoir infligé des sévices prolongés à des enfants âgés de six mois à trois ans, transformant la violence en une pratique quotidienne.
Selon l’acte d’accusation, les méthodes de punition comprenaient notamment la privation d’air en maintenant la tête des nourrissons de force, le fait de les attacher avec des couvertures pour les immobiliser totalement, et même de les nourrir de force dans ces conditions. Certains enfants étaient enfermés seuls dans une pièce sombre, sans que leurs pleurs ne suscitent d’intervention. Les actes de violence physique incluent des coups, des secousses violentes et des jets au sol. La gravité des faits dépasse les incidents isolés pour constituer un système de maltraitance organisé.
L’enquête a débuté début octobre à la suite d’un signalement à la police. L’analyse des vidéos de surveillance, qui ont constitué une preuve majeure, a révélé ces abus. Une équipe spéciale a visionné plus de 2400 heures d’enregistrements sur plus de deux mois. La première éducatrice a été arrêtée rapidement, suivie par les autres inculpées. La crèche a été fermée pour une période de 60 jours.
Le parquet a demandé que les trois femmes restent en détention provisoire en raison de la gravité des accusations et de la violation de la confiance des parents. Lors de la première audience, les familles des victimes ont exprimé leur colère et leur douleur face aux accusées. L’enquête se poursuit pour déterminer si d’autres cas de maltraitance ont eu lieu dans les années précédentes.
Depuis une série de scandales en 2018, la loi israélienne impose la surveillance vidéo dans les établissements accueillant des enfants de moins de trois ans, espérant ainsi prévenir de tels abus. Malgré cela, les plaintes pour violences dans les structures préscolaires restent nombreuses, avec 168 affaires ouvertes en 2023 et 113 en 2025, soulignant un problème persistant de protection des tout-petits.
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