Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem,

Le Hezbollah rejette le cessez-le-feu avec Israël

Le Hezbollah a officiellement rejeté le plan de cessez-le-feu convenu entre les gouvernements libanais et israélien lors de pourparlers médiés par les États-Unis, alors qu’Israël poursuit ses frappes dans le sud du Liban. Ce refus a été confirmé par des sources libanaises et intervient malgré l’annonce américaine d’un accord conditionné à l’arrêt des tirs du Hezbollah et au retrait de ses combattants des zones frontalières. Le chef du Hezbollah, Naim Qassem, a qualifié ces négociations de « feuille de route pour l’anéantissement d’une partie du peuple libanais » et a affirmé que la résistance se poursuivrait tant que l’occupation israélienne perdurerait. De son côté, un responsable israélien a souligné que le Hezbollah n’était pas partie aux négociations, qui impliquent uniquement Israël, le Liban et les États-Unis, avec pour objectif la démilitarisation du sud libanais et le désarmement du groupe chiite soutenu par l’Iran.

Les hostilités ont repris le 2 mars, lorsque le Hezbollah a ouvert le feu en soutien à Téhéran, ciblé par des attaques américano-israéliennes. Malgré plusieurs cessez-le-feu proclamés par Washington depuis avril, les combats persistent, compliquant les efforts diplomatiques pour stabiliser la région. Le commandant des Gardiens de la Révolution iraniens a exigé le retrait israélien aux positions antérieures au conflit, tandis que le ministre israélien de la Défense a annoncé la poursuite des opérations militaires, y compris des frappes aériennes et des raids contre des cellules et dépôts d’armes du Hezbollah. Israël maintient une présence dans la zone de sécurité autoproclamée au sud, notamment autour du château de Beaufort, sans envisager un retrait immédiat.

Sur le terrain, les frappes israéliennes ont causé la mort de plusieurs civils libanais, notamment à Sohmor, et ont forcé environ 1,2 million de personnes à fuir, principalement des chiites du sud du Liban. Le gouvernement libanais a proposé de créer des zones pilotes sous contrôle exclusif de l’armée libanaise, excluant les acteurs non étatiques, dans le cadre d’un cessez-le-feu durable. Toutefois, la capacité de l’armée à imposer ce contrôle face au Hezbollah est remise en question, notamment par des responsables israéliens. La tension politique interne en Israël s’accentue également, certains membres du gouvernement dénonçant le cessez-le-feu comme une erreur stratégique. Par ailleurs, un Casque bleu de l’ONU a succombé à ses blessures après une attaque dans le sud-est libanais, illustrant la gravité de la situation sécuritaire.

La situation demeure donc instable, avec un Hezbollah déterminé à poursuivre sa résistance armée tant que ses revendications ne seront pas satisfaites, et un Israël résolu à neutraliser la menace terroriste à sa frontière nord. Le cessez-le-feu proposé, conditionné à un désarmement du Hezbollah et à un retrait partiel israélien, semble difficile à mettre en œuvre sans un accord direct avec le groupe chiite, qui reste hors des négociations officielles. Cette impasse accentue les risques d’une escalade prolongée, avec des conséquences humanitaires lourdes et un impact durable sur la sécurité régionale.

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