Antisémitisme : l’université de Berkeley transmet 160 noms au gouvernement
Une enquête a été ouverte pour des « incidents antisémites ». Elle concerne notamment des étudiants et des professeurs de la prestigieuse université américaine.
« Une pratique de l’ère McCarthy. » C’est en ces termes qu’une professeure de l’université de Berkeley (Californie), Judith Butler, décrit la transmission au gouvernement d’une liste de 160 noms, incluant des étudiants et certains de ses pairs, dans le cadre d’une enquête pour des « incidents antisémites », rapporte le New York Times. Une référence à Joseph McCarthy, sénateur des États-Unis de 1947 à 1957, à qui l’on doit le « maccarthysme » qui évoque des méthodes politiques fondées notamment sur la peur et la dénonciation.
Les membres de l’établissement californien concernés ont été informés début septembre par courrier. Cette démarche intervient dans le cadre des nombreuses offensives menées par le président Donald Trump contre des universités, notamment pour s’attaquer au militantisme propalestinien, à l’antisémitisme de certains étudiants et professeurs et aux étudiants étrangers.
« Il est temps de résister à l’injustice »
Là où certaines universités américaines ont fait le choix de s’opposer à l’administration Trump, même lorsque celles-ci se trouvent menacées de perdre de nombreuses subventions, l’université de Californie a, de son côté, cédé au grand regret de Judith Butler. « C’est choquant… Avez-vous envisagé de ne pas accéder à cette demande ? » a-t-elle réagi dans une lettre adressée au conseiller juridique en chef de Berkeley, peut-on lire dans The Guardian.
La philosophe s’inquiète également de l’impossibilité d’obtenir des informations de base sur l’enquête, les procédures habituelles ayant été apparemment suspendues, privant les professeurs de ce droit. « Les conséquences de cette conformité pourraient être terribles pour de nombreuses personnes, dont la plupart sont bien plus vulnérables que moi. Ils peuvent subir de nombreuses conséquences, en particulier les étudiants internationaux, notamment l’expulsion, la perte d’emploi, le harcèlement et la surveillance », s’est-elle alarmée, avant d’ajouter : « Nous ne savons pas si nous avons nous-mêmes été accusés d’antisémitisme ou si notre nom est simplement associé à une allégation. »
« Comme toutes les universités publiques, l’université de Californie est soumise à la surveillance des agences étatiques et fédérales. […] L’UC s’engage à protéger au maximum la vie privée de ses étudiants, de ses professeurs et de son personnel, tout en respectant ses obligations légales », a simplement expliqué la porte-parole du président de l’université, Rachel Zaentz.
A la différence des universités françaises où l’antisémitisme fait sa loi, aux USA c’est la loi qui se rappelle au bon souvenir des antisémites.
Le Point
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Sauf que c’est de la recherche de déchets. En hébreu : ביקור פסולת
Or les déchets, nous n’en détruisons jamais assez !