Inquiétude à La Haye : conflit d’intérêts dans l’enquête sur les accusations visant le procureur Karim Khan en raison de ses liens avec l’organe investigateur.
Des responsables de haut rang de la Cour pénale internationale (CPI) ont exprimé leur inquiétude concernant les liens entre le procureur en chef et l’organisme chargé d’enquêter sur les accusations portées contre lui pour conduite sexuelle inappropriée.
De sérieuses préoccupations ont été soulevées au sein de la CPI quant à l’intégrité de la commission d’enquête qui doit examiner les accusations de conduite sexuelle inappropriée contre le procureur Karim Khan. Selon un rapport publié aujourd’hui (samedi) par *The Guardian*, ces inquiétudes découlent des liens antérieurs entre Khan et l’organisme investigateur, le Bureau des services de contrôle interne (OIOS).
Au centre des préoccupations se trouve l’épouse du procureur Khan, une avocate spécialisée en droits humains, qui avait auparavant travaillé en tant qu’enquêtrice pour le même organisme de contrôle. Son implication dans l’affaire s’est accrue après la publication des accusations, lorsqu’elle a contacté la plaignante ayant déposé une plainte contre son mari, un geste perçu comme inapproprié dans ces circonstances.
Une autre inquiétude concerne la relation antérieure entre le procureur Khan et le chef de l’organisme de contrôle, les deux ayant travaillé ensemble par le passé dans le cadre de missions onusiennes. Ce lien suscite des doutes supplémentaires quant à la capacité de mener une enquête objective et indépendante.
La décision d’ouvrir une enquête externe a été prise au début de la semaine par l’organe directeur de la Cour, après qu’une enquête interne précédente a été critiquée pour des pressions exercées par le procureur Khan et ses collaborateurs. L’affaire soulève des questions majeures sur la capacité du système à s’auto-enquêter de manière efficace et impartiale.
« La gigantesque contribution de l’Iran et du Qatar » à l’Afrique du Sud avant la plainte contre Israël à La Haye
Un nouveau rapport de l’Institut pour l’étude de l’antisémitisme mondial et des politiques (ISGAP) allègue une implication financière et politique dans l’action intentée contre Israël devant la Cour pénale internationale (CPI). Le parti au pouvoir en Afrique du Sud, qui était au bord de la faillite, aurait reçu une contribution massive de ces pays après le dépôt de la plainte en décembre : « Il est difficile de rejeter l’idée qu’il a bénéficié d’un soutien extérieur significatif ».

Selon le rapport, l’Afrique du Sud a déposé une plainte devant la CPI, accusant Israël de commettre un génocide à Gaza, avec un soutien financier et politique de l’Iran et du Qatar.
Le rapport affirme que le Congrès national africain (ANC), parti au pouvoir en Afrique du Sud, qui était en situation financière critique, aurait reçu une importante donation de l’Iran et du Qatar quelques jours après avoir soumis la plainte en décembre dernier.
Il souligne également que le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, a assisté en juillet à la cérémonie d’investiture du nouveau président iranien, Massoud Farshkian, à Téhéran. Lors de cette visite, Lamola a rencontré son homologue iranien, Ali Bagheri, qui l’a félicité pour son « rôle déterminant et innovant en tant que diplomate intrépide dans la promotion du dossier contre les crimes du régime sioniste devant la CPI ». Bagheri a également déclaré que l’Iran soutenait pleinement le rôle stratégique de l’Afrique du Sud dans ce processus juridique.

Le dépôt d’une plainte devant la CPI nécessite un financement substantiel. Selon les estimations, la soumission initiale coûte environ 10,5 millions de dollars, tandis que le coût total, incluant la couverture juridique, s’élève à 79 millions de dollars. Cela exige la mobilisation d’un réseau complexe d’experts juridiques internationaux. « Compte tenu de l’ampleur des coûts, il est difficile de rejeter l’idée que l’Afrique du Sud a bénéficié d’un soutien extérieur significatif », conclut le rapport ISGAP.
Des rumeurs d’une implication iranienne dans la plainte se sont rapidement propagées en Afrique du Sud parmi les dirigeants de l’opposition. Cependant, les dirigeants de l’ANC, y compris le président sud-africain Cyril Ramaphosa, ont refusé de divulguer l’origine de la mystérieuse contribution financière reçue avant le dépôt de la plainte, qui a permis au parti de surmonter une dette de près de 30 millions de dollars.
Le rapport note également que le commerce entre l’Afrique du Sud et le Qatar a grimpé au cours de la dernière décennie, passant d’environ 307 millions de dollars à près d’un milliard de dollars, indiquant un renforcement des relations économiques. Par ailleurs, l’Iran considère l’Afrique du Sud comme une plateforme stratégique pour contourner les sanctions occidentales, utilisant ces liens pour accéder à des technologies avancées, telles que l’interception de satellites, le piratage informatique et la direction de missiles.
En retour, l’Afrique du Sud a aidé à intégrer l’Iran dans le bloc économique des BRICS (qui regroupe le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Égypte, l’Iran, l’Éthiopie et les Émirats arabes unis), auquel elle appartient également. Cette inclusion offre à l’Iran un accès à des financements internationaux malgré les sanctions américaines.
Enfin, le rapport relève que sur les 574 citations contenues dans la plainte sud-africaine, au moins 45 proviennent d’organisations « clairement anti-israéliennes ». Cela soulève des questions sur la crédibilité des arguments présentés. Parmi ces organisations figurent *Al-Haq*, qualifiée de groupe terroriste par Israël mais reconnue par les États-Unis et l’Europe, ainsi que le *Centre palestinien pour les droits de l’Homme*, dirigé par Raji Sourani, qui a purgé une peine de prison en Israël pour son affiliation au Front populaire de libération de la Palestine.
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