27 janvier 1945: le camp d’Auschwitz-Birkenau était libéré

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Le 27 janvier 1945, tout en repoussant devant elles la Wehrmacht, les troupes soviétiques découvrent le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, à l’ouest de Cracovie (Pologne), aujourd’hui le plus emblématique des camps nazis. 

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Accueillies par 7000 détenus survivants, elles ont la révélation de la Shoah.

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Le 27 janvier 1945, le camp d’Auschwitz était… par francetvinfo

Ils ont filmé les camps nazis

Ce que les armées américaine, soviétique et britannique ont filmé. Ce que les cinéastes Alain Resnais ou Emil Weiss en ont fait.

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Roman Karmen filme les survivants du camp de Maidaken en aout 1944 © Radio France

### Des images pour un procès – NurembergAu procès de Nuremberg, deux films sont projetés, l’un américain, l’autre soviétique, pour faire preuve des atrocités nazies . Plus que n’importe quel mot, les images tournées les troupes libératrices décrivent l’horreur du système concentrationnaire .

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Affiche du film “Nuit et Brouillard” © Radio France

### Des images pour le public – une mémoire pour demainDix ans après la fin de la guerre, Alain Resnais est désigné par les autorités françaises pour réaliser un film documentaireillustrant les horreurs de la guerre. Nuit et Brouillard sortira à la fin de l’année 1955, comme le premier jalon d’une mémoire collective à entretenir.

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Samuel Fuller © Radio France / Emil Weiss

### Le fantassin reporterSoldat de la célèbre Big Red One , Samuel Fuller filme la libération du camp de Falkenau en Tchécoslovaquie . Il attendra plus de 40 années avant de commenter ses propres images pour le réalisateur Emil Weiss.

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la mémoire meurtrie © Radio France

### La mémoire meurtrieProduit par Sidney Bernstein en 1945 à l’initiative des autorités britanniques, le film Memory of the Camps rassemble des images d’archives des armées libératrices. Le montage, inachevé, est l’oeuvre du réalisateur Alfred Hitchcock. Une version restaurée de ce document longtemps resté inconnu sera diffusée cette année, à l’occasion du 70e anniversaire de la fin de la guerre.

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Affiche de “Shoah” © Radio France

### Shoah , une histoire de l’indicibleA rebours de ses prédécesseurs, ce document unique du réalisateur Claude Lanzmann ne montre aucune image d’archives. Les atrocités du système concentrationnaire nazi sont illustrés par les témoignages des acteurs de la shoah, les victimes, mais aussi leurs bourreaux.

 

 

Camp de concentration classique devenu plus tard camp de travail forcé et camp d’extermination immédiate, destination principale des juifs de France, Auschwitz a pris une place centrale dans l’histoire de la Shoah.

Il faut noter que la majorité des six millions de victime juives ont été exterminées par d’autres moyens que le gaz (famine, mauvais traitements et surtout fusillades de masse).

Libération du camp d'Auschwitz-Birkenau, le 27 janvier 1945

Un camp de concentration devenu camp d’extermination

Auschwitz (Oświęcim en polonais) se situe dans le gau de Haute-Silésie, dans le « Nouveau Reich », autrement dit dans une région polonaise annexée à l’Allemagne.

Le camp est aménagé le 30 avril 1940 dans une ancienne caserne pour incarcérer les résistants polonais. Son commandement en revient à Rudolf Höss, lieutenant-colonel SS de 39 ans qui a déjà servi au camp de Dachau, près de Munich.

Il introduit dans le nouveau camp le système de Kapos inauguré à Dachau, par lequel les SS arrivent à maintenir les prisonniers dans la soumission avec un minimum d’effectifs.

Les Kapos sont des criminels de droit commun chargés de surveiller les autres prisonniers et de les faire travailler. S’ils ne se montrent pas assez efficaces et donc brutaux, ils sont déchus de leur statut et renvoyés avec les autres prisonniers, ce qui signifie pour eux une mise à mort généralement atroce dans la nuit qui suit. De fait, les premiers prisonniers qui arrivent à Auschwitz sont trente Kapos allemands.

Auschwitz et le travail forcé

Auschwitz I reçoit à partir de l’été 1941 des prisonniers de guerre soviétiques. Comme il est situé dans une région très industrialisée, le camp attire l’attention de la firme chimique IG Farben. Elle commence à implanter d’importantes usines à proximité afin de faire travailler les détenus.

Convaincu que le travail contribue à assagir les prisonniers, Höss affiche au-dessus de la grille du camp la devise cynique inaugurée à Dachau : Arbeit macht frei (« Le travail rend libre »). Mais les prisonniers soviétiques ne résistent pas longtemps aux mauvais traitements et beaucoup meurent d’épuisement.

Pour combler les vides dans un camp prévu pour plus de cent mille déportés, Himmler décide alors d’envoyer à Auschwitz essentiellement des Juifs, ceux qui survivent au travail forcé, aux épidémies et à la terreur étant de toute façon voués à être exécutés.

En 1942, une extension, avec des baraquements en bois (Auschwitz II), est réalisée près du village de Birkenau (Brzezinka en polonais), dans un terrain marécageux de 170 hectares. Là sont amenés les déportés destinés à une mort immédiate ou devenus inaptes au travail. Ils sont au début, comme dans les autres camps d’extermination, asphyxiés par les gaz d’échappement d’un camion, dans les bois jouxtant le camp.

Un troisième camp (Auschwitz III) reçoit, comme Auschwitz I, les prisonniers destinés au travail forcé. La plupart sont affectés dans une usine chimique voisine de la firme IG Farben dédiée à la production de caoutchouc synthétique.

Entrée du camp d'Auschwitz

Auschwitz, au bout de l’horreur

Fours crématoires du camp d'Auschwitz-BirkenauDans le camp d’extermination de Birkenau, Höss a bientôt l’idée de remplacer le gaz d’échappement par du Zyklon B, un insecticide à base d’acide cyanhydrique. Il s’agit de cristaux verts qui se gazéifient spontanément au contact de l’air !

À l’automne 1942, il fait construire quatre chambres à gaz capables de contenir chacune 2.000 victimes. Un industriel lui fournit autant de fours crématoires pour brûler au plus vite les cadavres de déportés.

Fours crématoires du camp d'Auschwitz-Birkenau ; les chambres à gaz sont au niveau du solCes fours doivent tout à la fois éliminer les corps, qui étaient au début ensevelis dans des fosses communes, et lutter contre une épidémie de typhus qui sévit dans le camp et affecte les gardiens autant que les déportés.

Du fait de ces équipements surdimensionnés qu’il faut bien utiliser, Auschwitz va devenir à partir du printemps 1943 le principal lieu d’extermination des Juifs. À cette date, notons-le, environ 80% des victimes de la Shoah ont déjà été tuées.

Vers Auschwitz vont être envoyés en particulier les déportés français, à partir du camp de transit de Drancy, au nord de Paris.

Le camp, où sévissent 3.000 SS, va connaître une pointe d’activité à la fin de la guerre, au printemps 1944, avec l’extermination précipitée de 400.000 Juifs de Hongrie, ces malheureux étant gazés et brûlés au rythme de 6.000 par jour.

L’indicible vérité

En définitive, Auschwitz apparaît comme le seul camp où l’extermination a été pratiquée de façon industrielle. Un médecin diabolique, Josef Mengele, s’y est rendu par ailleurs célèbre en pratiquant des expériences insoutenables sur les déportés à des fins scientifiques.

À leur arrivée, les convois de déportés faisaient l’objet d’une sélection sur la « rampe juive », située entre le camp principal et Auschwitz-Birkenau : les uns, généralement les moins valides, étaient immédiatement gazés et leurs cadavres brûlés ; les autres étaient envoyés aux travaux forcés dans les chantiers ou les usines du complexe, après avoir été tatoués.

Notons qu’Auschwitz est aussi le seul camp où les déportés destinés aux travaux forcés avaient le bras tatoué du matricule qui devenait leur seule identité officielle.

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Environ un million cent mille Juifs sont ainsi morts à Auschwitz-Birkenau, auxquels s’ajoutent environ 300.000 non-Juifs. Oświęcim est aujourd’hui une ville polonaise presque ordinaire de 40.000 habitants.

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La révolte du sonderkommando d’Auschwitz-Birkenau – vidéo

Si l’insurrection du ghetto de Varsovie est devenue emblématique de la résistance juive à la barbarie nazie, on sait moins que dans la plupart des camps et ghettos, des juifs se révoltèrent aussi, outre Treblinka et Sobibor.

Ainsi, la révolte du Sonderkommando d’Auschwitz a été longtemps ignorée, sous-estimée, voire occultée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ignorée parce qu’aucun témoin oculaire n’a survécu, sous-estimée parce que peu de témoignages existent, et sont dans certains cas divergents, occultée enfin par certains pour présenter une image d’Auschwitz focalisée sur les victimes juives martyrisées.

Grâce aux recherches historiques, et notamment à la découverte en 1961 du manuscrit poignant de Zalmen Lewental enterré dans le sol du Crématoire, et d’autre part à divers témoignages et publications telles que l’ouvrage de Hermann Langbein, l’histoire de la révolte est maintenant accessible pour l’essentiel. De futures découvertes éventuelles préciseront peut-être les quelques points qui restent obscurs.

Rappelons que le secret de l’extermination entretenu par la propagande nazie, secret indispensable au déroulement de l’opération, s’étendait jusqu’au camp lui-même, ce qui est peu connu.

Détenu moi-même à Auschwitz I à l’époque, j’ignorais que quelques quinze pays envoyaient des trains de déportés à Birkenau et que fonctionnaient à proximité de vastes complexes de « crématoires » industriels. Je ne connaissais que le mot Krematorium dont le mystère m’angoissait.

Les membres du Sonderkommando (« équipe spéciale » affectée à l’incinération des cadavres, ici dorénavant désignée par SK) étaient eux-mêmes périodiquement exterminés en tant que « détenteurs de secret » et en étaient pleinement conscients.

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Pour pouvoir effectuer leur horrible tâche ‒ sans conteste la pire de toutes ‒ ils étaient bien nourris, à l’inverse de la plupart des détenus. Les résistants disposaient d’autre part, du fait du pillage des arrivants, de moyens de se procurer des objets utiles pour corrompre certains Kapos, voire des SS. Figuraient aussi parmi eux des résistants chevronnés, ainsi que plusieurs officiers russes, français et hongrois qui apportaient leur compétence militaire.

En ce mois d’octobre 1944, la situation du SK est particulièrement complexe.

Depuis le camp-souche dit Auschwitz I, un « groupe de combat » international dirige la résistance de l’ensemble de l’immense complexe concentrationnaire. Il prépare un soulèvement général coïncidant avec l’approche des forces soviétiques qui ont déjà libéré le camp de Maïdanek en juillet. Le « groupe de combat » agit en liaison étroite avec les organisations de la résistance polonaise très actives à l’intérieur et à l’extérieur, qui doivent participer au soulèvement.

Maurice Cling  lire la suite

 

Elle éclate en octobre 1944, et constitue la dernière grande révolte. Les principaux coordinateurs furent Zalmen Gradowski 18, Josef Deresinski, Ala Gertner et Roza Robota.

La section Birkenau comprend les chambres de la mort, surnommée Auschwitz II, où les unités de travail spécial, lessonderkommandos, sont affectées aux chambres à gaz. À l’époque des convois en provenance de Hongrie, pendant l’été 1944, ces unités comportent mille hommes.

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Après le meurtre massif des Juifs de Hongrie, les nazis commencent à réduire les effectifs des sonderkommandos. Ceux qui font partie de cette unité savent que leur mort est proche.

Dès les débuts du camp, le réseau clandestin existe à Auschwitz. Ses initiateurs sont polonais, liés à la résistance extérieures 19. Le réseau s’organise en deux sections : la première,  composée d’officiers polonais et de membres de la grande résistance, fonctionne comme une entité nationale,  mais refuse les Juifs polonais.

La deuxième section comprend des radicaux, des socialistes, des prisonniers politiques, des Juifs et contribuent à former une organisation juive séparée, composée en grande partie de Juifs sionistes.

Le réseau organise la fuite des prisonniers. En 1944, il existe un lien étroit entre le réseau d’Auschwitz et des organisations militaires de l’extérieur. On envisage de préparer une révolte générale pour la libération du camp. La tâche du groupe juif, qui travaille dans les usines d’explosifs, « Union », est de voler de la poudre. À l’aide du réseau dans le camp des hommes et celui du sonderkommando, à Birkenau, on passe des quantités d’explosifs par les prisonniers travaillant dans le département qui s’occupe de la dernière étape, l’assemblage des bombes.

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Le groupe juif, à l’intérieur d’Auschwitz, réussit à joindre Roza Robota, du groupe de Birkenau, pour convaincre les femmes de faire aussi passer des explosifs et de les remettre aux hommes de l’organisation. À l’aide de gamelles à double paroi, la poudre arrive à Auschwitz I et à Birkenau. Le Sonderkommando peut ainsi utiliser ce matériel pour fabriquer des bombes.

Dans un document retrouvé à Auschwitz 20, Zalman Leventhal, Juif religieux, membre du sonderkommando, raconte l’état d’esprit qui règne pendant les préparatifs de la révolte. Leventhal juge sévèrement la Résistance internationale qui profite des services du commando mais qui, lorsque l’heure fatidique arrive, rejette la demande du sonderkommando d’ouvrir les hostilités.

Le plan se concentre autour des fours crématoires. Les prisonniers doivent faire exploser le four trois. À côté des fours deux et quatre, un combat commence contre les SS qui sont sur place. Le four quatre explose. Les prisonniers prennent le contrôle du territoire et commencent à courir vers les barbelés. Tout se passe en plein jour. Immédiatement, des milliers de SS sont alertés : ils mettent le périmètre du camp à feu et à sang, tuant ceux qui s’échappent. Un groupe de prisonniers réussit à percer le siège et à s’éloigner. Mais presque tout le sonderkommando est tombé dans un combat perdu d’avance.

Un petit groupe de survivants du sonderkommando est emmené au bunker, la prison du camp, pour être torturé. Les nazis apprendront l’origine du matériel explosif qui a servi aux révoltes. Des femmes seront arrêtées, dont Roja Rolvota. Elle subira de cruelles tortures, mais elle n’avouera rien. Le 6 janvier 1945, quatre femmes seront pendues publiquement : c’est la dernière exécution à Auschwitz-Birkenau.

Vont commencer alors, avant l’arrivée des alliés, les longues marches de la mort pour les derniers rescapés. Ce sont des opérations de regroupement des derniers déportés, qui feront des dizaines de milliers de victimes.

Aussi longtemps que cela a été possible, les nazis ont continué l’extermination dans les chambres à gaz. Ce n’est qu’en novembre 1944 que les trois crématoires restant en activité (le crématoire IV est inutilisable depuis octobre à la suite d’une révolte du sonderkommando) sont dynamités 20. Avant cela, les nazis prennent soin d’assassiner la plupart des témoins oculaires du génocide et particulièrement ceux des Juifs qui avaient travaillé dans les crématoires. D’une manière générale, les SS tentent, dans la seconde moitié de l’année 1944, de détruire et d’effacer les traces des crimes commis. Ils brûlent les listes des Juifs exterminés, une partie des dossiers et de la documentation. Ils font nettoyer et recouvrir de terre par des déportés les fosses contenant des cendres de victimes.

Les nazis ne mettent fin aux travaux d’agrandissement d’Auschwitz (camp souche et Birkenau) qu’à la fin de l’année 1944. Les travaux d’extension de certains des camps auxiliaires continuent pratiquement jusqu’à la libération.

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Le camp se dépeuple progressivement. Les détenus évacués sont soit employés dans des usines d’armement situées plus à l’intérieur du Reich (principalement des Polonais et des Soviétiques), soit conduits vers d’autres camps de concentration dans le cadre des marches et des transports de la mort.

Les marches de la mort, endurées par des détenus épuisés, sans manger ou presque, dans un froid glacial, sont responsables de plusieurs dizaines de milliers de morts 22.

Le 17 janvier 1945 a lieu le dernier appel général. Y sont présents 67 000 déportés dont 31 800 à Auschwitz I et II et 35 100 dans les camps auxiliaires dépendant de Monowitz. Le camp d’Auschwitz est libéré par l’Armée rouge le 27 janvier 1945.

Le camp souche d’Auschwitz I et celui d’Auschwitz II —Birkenau sont libérés par les soldats de la soixantième armée du front ukrainien dans le cadre d’une offensive sur la rive gauche de la Vistule.

Ceux-ci y pénètrent à la suite de combats qui font 66 morts parmi les Soviétiques. 7000 déportés, maintenus dans le camp, survécurent jusqu’à la libération. Les soldats soviétiques ont découvert sur place environ 600 corps de détenus, exécutés par les SS pendant l’évacuation du camp ou morts d’épuisement.

Ces hommes et ces femmes ont remporté là une victoire morale qui doit être enseignée à la jeunesse, en même temps que les nazis vainqueurs provisoires resteront honnis à jamais.

 

 

Adaptation par Haï

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