De Gaza au Paraguay? Les plans de transfert du gouvernement israélien en 1969

Le plan a été approuvé la même année que le Mossad a cessé de chasser les nazis, y compris au Paraguay, où le célèbre docteur Josef Mengele et de nombreux autres nazis vivaient à l’époque.

Alfredo Stroessner Matiauda (crédit photo: Wikimedia Commons)
Alfredo Stroessner Matiauda
(crédit photo: Wikimedia Commons)

Le gouvernement israélien a secrètement prévu d’encourager les Palestiniens à déménager de Gaza au Paraguay, qui a accepté d’en recevoir jusqu’à 60 000, selon le procès-verbal d’une réunion du cabinet de 1969 dévoilé par le journaliste de la KAN Eran Cicurel cette semaine.

Le plan a été approuvé la même année que le Mossad a cessé de chasser les nazis, y compris au Paraguay, où le célèbre docteur Josef Mengele et de nombreux autres nazis vivaient à l’époque, ce qui éveille des soupçons sur le lien entre les deux politiques [Prévention pour ne pas avoir à nourrir un futur état nazi à sa frontière? Lire la charte du Hamas].

Le protocole de 1969 stipule qu’Israël prendrait en charge les frais de voyage des Palestiniens se rendant au Paraguay et donnerait à chaque personne 100 dollars, plus 33 dollars par personne, qui iraient au gouvernement du Paraguay. Au moment de la signature de l’accord avec le Paraguay, Israël paierait 350 000 dollars pour couvrir les frais de 10 000 émigrés. Le montant total qu’Israël était censé payer était de 33 millions de dollars.

Le Paraguay a accepté d’octroyer à 60 000 Palestiniens – environ 10% de la population de Gaza à l’époque – le statut de résident dès leur arrivée et la citoyenneté dans les cinq ans. Israël n’aurait aucune responsabilité de devoir permettre le retour des émigrés, bien que le gouvernement ait accepté d’en reprendre certains.

Le Mossad a conclu l’accord avec le dictateur paraguayen Alfredo Stroessner, responsable du meurtre de milliers de Paraguayens, y compris des autochtones.

La Première ministre de l’époque, Golda Meir, a déclaré lors de la réunion : «Nous devons prendre une décision, et il est très important que tout le monde soit d’accord là-dessus.»
Le chef du Mossad d’alors, Zvi Zamir, a déclaré que le Paraguay serait prêt à accepter «60 000 Arabes musulmans qui ne sont pas communistes, selon leur définition».

Zvi Zamir : Les Gazaouites ne sont pas communistes

Zamir a évoqué un document secret dans lequel le Paraguay demandait à Israël de couvrir les frais.

« Je recommande, sur la base des arrangements avec le gouvernement paraguayen, que je considère comme assez digne de confiance, de le faire », a déclaré Zamir. «Nous utilisons les connexions que nous avons, et elles se sont avérées utiles … Notre représentant sur le terrain a rencontré le président.

Zamir a recommandé que si certains des Palestiniens n’étaient pas absorbés avec succès au Paraguay, ou s’il y avait un scandale à propos de l’accord, Israël devrait les reprendre.

«Si les choses se passent bien pour eux et qu’ils peuvent se permettre les frais de voyage pour revenir, ils y resteront sûrement», a déclaré Meir.

Le plan a été un échec et seuls 30 Palestiniens ont déménagé au Paraguay. En 1970, deux d’entre eux, restés membres du Fatah à l’étranger, ont fait irruption, tiré et tué Edna Peer, qui travaillait à l’ambassade d’Israël au Paraguay, mettant ainsi fin à la politique.

Fue el 4 de Mayo de 1970, cuando 2 palestinos de la organización Al Fatah, llegados desde la franja de Gaza, Khalid Abed Rabu Darwish Kassab, estudiante de mecánica de 21 años y Talal Mota Demasi, estudiante de Ingeniería electrónica de 20 años, irrumpieron en el edificio de la Embajada, que se encontraba en la calle Alberdi de la capital y balearon a 2 mujeres, Edna Peer, esposa del primer Secretario de la embajada, Moshe Peer y Diana Zawluk, que trabajaba como secretaria de la embajada.

EDNA PEER 1

L’accord avec le Paraguay est entré en vigueur juste au moment où Israël a arrêté de chasser les nazis. En 1968, avec la permission du premier ministre de l’époque, Levi Eshkol, Zamir a réduit ses efforts pour trouver des nazis dans le monde en raison de fonds insuffisants. À partir de 1969, Israël n’a en fait plus essayé de retrouver des nazis en Amérique du Sud.

Le Paraguay était connu pour avoir fourni un refuge aux officiers nazis. En 1971, le chasseur de nazis Tuvia Friedman a exigé qu’Israël capture Mengele, dont on savait qu’il se trouvait au Paraguay, mais les autorités ne l’ont pas fait, a rapporté KAN.

Dans les années 1980, Benno Varon, qui était ambassadeur au Paraguay au moment de l’accord, a déclaré qu’il était au courant d’un plan pour attraper Mengele qui a ensuite été annulé, a rapporté KAN. Varon a déclaré que lorsqu’il a rapporté à Israël où se trouvaient les criminels de guerre nazis, on lui a dit: «Vous êtes un diplomate, pas un chasseur nazi ».

Cependant, KAN n’a fourni aucune preuve démontrant que le ralentissement de la chasse aux nazis et le plan d’émigration palestinien étaient liés.

Adaptation : Marc Brzustowski

3 Commentaires

  1. Merci pour cet article. Je n’avais pas cette information. Je veux malgré-tout rappeler ici que le 12 juin 1967, le ministre Ygal Allon avait l’accord de tous les partis politiques israéliens pour déplacer les squatters arabes de la Terre Juive vers la Transjordanie et la Lybie. Bien que 250.000 d’entre-eux soient passés en Transjordanie dès l’arrivée des troupes israéliennes, par refus de vivre sous administration Juive, Allon n’a pas procédé à ce déplacement prévu de populations. Dayan s’est alors retrouvé avec le fardeau de près d’un million de squatters arabes à prendre en charge. Une faute grave qui a été source de nombreux problèmes et crimes que les Juifs auraient-pu éviter. Si quelqu’un sait pourquoi Allon n’a pas mis en œuvre ce déplacement de populations vers la Transjordanie et la Lybie, n’hésitez-pas à le préciser, nous saurons ainsi le dessous des cartes et serons plus à même de comprendre.

  2. Nous autres Juifs sommes des gens compliqués.
    Au lieu de chercher une « solution » tarabiscotée au Paraguay, il suffisait de prendre un énorme sac poubelle et y mettre dedans toute cette pourriture.
    Ensuite, il aurait fallu le balancer directement en Jordanie dans le cadre du rapprochement familial, là où il y a déjà les tatas, les tontons, les cousins et toutes les racailles…

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