Yom Kippour : “J’ai pardonné comme tu Me l’as demandé”

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Yom Kippour 2018
De la soirée du mardi 18 septembre
À la soirée du mercredi 19 septembre

Tout le monde sait déjà que Kippour fut le jour où Hachem a pardonné au peuple d’Israël la faute du Veau d’or – après que Moché eut passé quarante jours au mont Sinaï à jeûner, prier et supplier D.ieu de ne pas exterminer Son peuple – pour recevoir enfin, le 10 du mois de Tichri, la fameuse réponse : « Sala’hti kidévare’ha [J’ai pardonné comme tu Me l’as demandé] »…

D’où, en français, le nom « Jour du Grand pardon », car c’est bien ce jour-là qu’Hachem a pardonné « l’impardonnable » : l’idolâtrie faite aux pieds du mont Sinaï sous l’influence du Érev rav.

De surcroît, ce jour de Kippour, nous avons mérité de recevoir les deuxièmes Tables de la Loi – celles qui nous sont restées, les premières ayant été brisées par Moché lui-même lorsqu’il découvrit le Veau d’or.

Kippour est enfin le jour où Hachem a dit à Moché : « Je vais t’enseigner les 13 ‘ Midot hara’hamim ’ [les 13 Attributs divins de Miséricorde]. Lorsque tes enfants réciteront ce texte, Je leur pardonnerai leurs fautes ».

Or nous avons bien retenu la leçon puisqu’à Kippour, nous répétons 26 fois le fameux « Vayaavor » avec l’énumération de ces 13 Attributs divins !

Tout ce que nous venons de rappeler ne concerne que les Enfants d’Israël. Et pourtant que le monde tout entier est concerné par Kippour…

Comment ?

Rappelons ce que le Gaon de Vilna dit au sujet de Kippour qui est en fait le dernier jour de jugement sur les dix jours commençant à Roch Hachana. Voilà pourquoi, explique-t-il, on se congratule avant Kippour avec la formule « Léchana tova tekatvou veté’hatmou», y compris pour les Justes, le Jugement divin ne s’achevant qu’au jour de Kippour. Donc, conclut le Gaon de Vilna, ces dix jours sont comme une conclusion de l’année écoulée : comme si, du 1er au 10 Tichri, nous étions encore dans l’année précédente à en faire le bilan… Et donc, en fait, le véritable Roch Hachana de la nouvelle année serait le 10 Tichri !

Cette conception originale a une conséquence surprenante : alors que l’année solaire dure 365 jours et 6 heures, d’un point de vue astronomique, le mois solaire n’existe par contre pas, car il n’est qu’une invention des hommes.

À l’inverse, si l’année lunaire n’existe pas non plus, il n’y a que le mois lunaire qui décrit le cycle de la lune, lequel dure 29 jours, 12 heures et 44 minutes environ.

Or pour obtenir une année lunaire, on multiplie par 12 la durée d’un mois : on obtient alors 355 jours. Il existe donc chaque année un décalage de dix jours entre « l’année lunaire » et l’année solaire. Le Gaon explique que nous retrouvons ces dix jours entre Roch Hachana et Kippour, justement pour que l’année lunaire « rattrape » la durée de l’année solaire.

De là, nous constatons que l’année solaire ne devrait donc pas commencer le 1er janvier, mais bien à Kippour. Car ce jour-là, disent nos Sages, le monde tout entier est passé au crible devant D.ieu Qui scelle, pour les Juifs et les non-Juifs, ce que sera la nouvelle année ! Ainsi, ce simple petit calcul a restitué au calendrier hébraïque sa dimension universelle qui fait de Kippour le véritable Nouvel An des nations.
Que s’accomplisse donc à Kippour, la prière répétée durant le Moussaf de Roch Hachana : « Et chaque être vivant dira : L’Éternel, D.ieu d’Israël, est le roi et Sa royauté s’étend à toute chose ! » Amen.

Par le Rabbin Sitruk Zatsal

 

10 petits trucs avant le jeûne. Bon à savoir avant Kippour

Jeûne de Kippour

Dans notre société de consommation et d’abondance, que l’on soit pratiquant ou pas il n’est pas toujours facile de concevoir un jeûne de 25 heures. Et pourtant, le jeûne est souvent recommandé pour améliorer sa santé ou même se soigner (pas seulement pour maigrir!). Dans le judaïsme le rôle du jeûne est double: laisser la place au spirituel et se déconnecter, afin de mieux analyser notre conduite (« Heshbon Nefesh).

Pour ceux qui vivent le jeûne comme un événement quasi traumatique, voici quelques conseils afin que celui de Yom Kippour le soit le moins possible.

  1. Il est recommandé de diminuer l’absorption de caféine un à deux jours précédant le jeûne.
  2. Il faut boire fréquemment la veille, 10 à 12 verres d’eau.
  3. Il est préférable de manger plusieurs petits repas sains avant le repas de clôture dit « Arou’ha Mafssekete ».
  4. Eviter les boissons gazeuses, les mets relevés ou trop épicés, salés.

Conseils pour le menu du repas d’avant le jeûne:

  1. Préférez les aliments contenant des glucides: le riz, le pain complet, le boulgour. Ceci créera des « réserves ». Ajoutez à cela un peu de gras comme la Ta’hina (crème de sésame), de l’avocat ainsi que de la viande, du poulet, du thon et des œufs.
  2. Il est très important de bien mâcher (tout au long de l’année d’ailleurs) et de manger lentement.
  3. Au dessert n’optez pas pour quelque chose de sucré. Le sucre provoque la production d’insuline qui donne un sentiment de faim.
  4. N’attendez pas la dernière minute pour terminer votre repas, laissez-vous le temps de boire à nouveau avant le début du jeûne.
  5. Durant le jeûne, évitez toute activité physique.

L’après Kippour:

  1. Ne pas boire vite et/ou beaucoup et/ou froid! Un thé ou un jus de fruits avec un gâteau fera le lien avec le repas. Faites ensuite un arrêt. Une petite pause d’une demi-heure avant le repas sera parfaite.

Personnes malades, femmes enceintes, personnes âgées ou prenant des médicaments pour maladies chroniques: il vous est conseillé de prendre l’avis du médecin et du Rav (les deux!) avant le jeûne pour savoir comment se conduire en cas de graves faiblesses ou malaises potentiels.

David Sebban

 

 

Yom Kippour: “une convocation sainte”

“Le dixième jour du septième mois sera pour vous une convocation sainte…..”
Dix. Ce nombre est un indice de pureté. De recherche de pureté : l’homme essaie de se dépasser lui-même pour arriver à sublimer la sainteté qui réside dans le chiffre 7 pour arriver, pierre après pierre à édifier une pureté sans tâche et sans défaut.

Nous connaissons l’arbre de vie avec ses dix sefirot. Des inférieures aux supérieures. La sphère inférieure située le plus bas représente la partie inférieure du corps humain ce qui fait allusion à la domination que l’homme doit exercer sur ses instincts et, d’ailleurs, nous y reviendrons comme cela sera démontré plus bas.

Ainsi que le demande la Torah ce jour est sacré et c’est le jour par excellence où le Peuple se retrouve et dirige ses pensées vers le Créateur de l’ Univers, vers Celui qui connaît tout de l’ existence de la créature humaine et vers Lequel l’être devra adresser ses confessions et ses prières pour implorer le pardon divin pour des fautes commises avec ou sans intention.

La Torah stipule que ce jour, le dixième du septième mois, l’homme en âge adulte doit se mortifier en cinq points bien particulier qui sont : ne pas absorber ni nourriture ni boisson, ne se réjouir d’aucune manière : ni en se lavant (même à l’eau froide) et pas plus que le bout des doigts dans tous les cas, ni en usant de parfums – sauf pour respirer des parfums et se “renforcer” et/ou faire des bénédictions supplémentaires, ni en se frictionnant (huiles, huiles essentielles, parfums ou eau de Cologne, extraits divers….), ni en se chaussant de chaussures de cuir, et, enfin, en évitant les relations intimes entre époux ou considérés comme tels.

C’est ainsi que l’homme, en domptant ses instincts s’élève vers les sphères supérieures de la Sainteté et de la Pureté non seulement avec ses prières ni seulement en s’abstenant de boire et de manger mais aussi en élevant son corps vers le monde dans lequel tout est pureté !

Contrevenir à l’une quelconque de ces abstinences – sauf pour raison médicale ou considérée comme telle – est très grave.

Pour l’abstinence de nourriture et de boisson, en cas de maladie telle que le diabète, le cœur ou autre (demander au médecin si possible quelqu’un de craignant D.) s’il n’y a pas de danger ou de contre-indication au jeûne et comment s’y prendre en général et que D préserve en cas de malaise et/ou de danger.

Au temps où le Temple existait, pour Kippour le Cohen Gadol et lui seul, entrait dans le Saint des Saints pour implorer du Saint Béni soit-IL le pardon des fautes du Peuple. Un cordon écarlate était attaché sur une colonne et, après les supplications du Cohen Gadol; et, après que le bouc émissaire, chargé des péchés d’Israël soit précipité des collines du désert de Judée, et que l’autre bouc soit sacrifié, le cordon d’écarlate devenait blanc comme neige signifiant que D. avait pardonné.

Certaines personnes prennent – à leur seule initiative – et pour accumuler des mérites, soit de rester debout pendant 25 h en signe de contrition, soit de faire un Taânit dibour ou jeûne de la parole (ceci se traduit par une abstinence totale de propos profanes : l’on peut prier à haute voix, faire une berakha ou répondre amen ou même chanter ou psalmodier des piyoutim, des textes sacrés à l’exclusion de toute parole inutile). Certains autres étudient des mishnayoth ou des tehilim.

Le jeûne de Kippour commence peu avant le coucher du soleil, précédé par la “séôuda mafséketh” dernier repas consommé avant le jeûne. C’est une mitsva de manger avant de jeûner.

Avant la séôuda mafséketh, certains vont s’immerger au bain rituel de manière à se purifier avant ce jeûne d’une importance considérable. On habitue progressivement les jeunes enfants à jeûner en ne leur donnant rien à grignoter entre les repas – légers – prévus à leur effet. Il est bon de consommer des pâtes/couscous/riz pour avoir moins faim pendant le jeûne. De même qu’il est préférable de ne pas consommer de poissons ou de mets salés, trop relevés ou trop sucrés pour éviter d’avoir trop soif.

L’office de Kippour commence par la récitation à trois reprises du célèbre “KOL NIDRE” ou annulation publique des vœux.
Pendant la nuit de Kippour, certains étudient le traité de Mishna Yoma sur Kippour.

Ordinairement nous prions trois fois par jour, pour shabbat, rosh hodesh et fêtes nous prions quatre offices et, pour Yom Kippour il y a cinq offices la néîla étant le dernier office environ 40 minutes avant le coucher du soleil. Cet office se nomme ainsi car il se tenait au moment où on fermait les portes du Temple, sensiblement où l’on procédait à la clôture du service du culte (SEDER ‘HAÂVODA).

Après la fin des selihoth de Néîla, l’officiant fera retentir le shofar puis, on enchaînera sur l’office d’arvith (office du soir) du nouveau jour qui commence. Après arvith, on procèdera à la bénédiction de la lune (birkat ‘Halévana). En effet, aux mois de Tishré et de Av on ne récite pas la birkat ou kidoush ‘halévana avant que ne soit passés les jeûnes de Kippour ou de 9 beav.

MINHA DE KIPPOUR : La lecture de la Torah permet de répéter les relations interdites et c’est la raison pour laquelle les hommes appelés à la Torah ne sont que des hommes “pieux”. De même pour la ‘haftara de Jonas.
A la fin de Kippour on se souhaite “GMAR HATIMA TOVA” : Que tout se termine par une bonne signature ou un bon décret.

Kol Nidré Par Enrico Macias

Kol Nidré Par Enrico MaciasPour se mettre dans l'ambiance de Kippour. Très belle version de Kol Nidré par Enrico Macias sur des images grandioses de Jérusalem.

Publiée par Univers Torah .com sur Mercredi 12 septembre 2018

Caroline Elishéva REBOUH

DEMANDER PARDON
Il existe plusieurs façons de demander pardon ou de s’excuser devant son prochain et encore plus devant D.

En hébreu, on s’adresse à quelqu’un dans la rue ou dans un bureau pour demander l’heure ou son chemin en lui disant seliha ! En fait, cela est si courant que l’on n’y prête pas attention et que l’on n’y attache aucun sens véritable.

A l’approche des “yamim norayim” ou Jours redoutables, on y prête attention et lorsqu’on est scrupuleux, on renonce à sa propre estime ou à son honneur pour s’appliquer à demander pardon aux personnes que l’on côtoie généralement : famille, (même nos propres enfants), collègues, voisins, amis etc….

Certains s’appliquent à procéder à ce cérémonial en employant une locution toute faite dont le but est de se retrouver après cette démarche, rapidement pardonnés : mehila, seliha oukapara. Ces trois mots ont une portée et une signification différente et voire assez grave.

Si l’on emploie la méthode d’inversion des lettres pour commenter, l’on va s’apercevoir de ceci :
Seliha de la racine ס-ל-ח, pardonner contient les mêmes lettres que ח-ס-ל hassel ou liquider.
Méhila de la racine מ-ח-ל, pardonner contient les mêmes lettres que ח-מ-ל lahmol ou éprouver de la compassion.
Kappara de la racine כ-פ-ר, racheter contient les mêmes lettres que פ-ר-ך ou s’effriter.

Demander à quelqu’un seliha reviendrait en soi à dire à la personne qui aurait été blessée ou offensée : je te demande de m’excuser pour le tort que je t’ai fait mais, je ne l’ai pas fait exprès, je n’ai pas voulu t’offenser alors, je te demande d’effacer la chose comme si elle n’avait pas été.

Pour mehila, demander à quelqu’un méhila signifie : considère, je te prie, le fait qui a eu lieu comme venant de la part de quelqu’un d’inconscient ! Agis vis-à-vis de moi avec compassion ! Avec hemla חמלה!

Kappara : souvent les gens emploient cette expression par habitude sans comprendre qu’il s’agit de quelque chose de très grave. Lorsqu’une mère ou une grand-mère appelle son enfant ou son petit enfant “kappara” elle se porte volontaire comme rachat de cette personne.

La kappara est l’action faite par le Cohen Gadol en imposant ses mains sur le bouc émissaire pour qu’il parte emporter sur lui tous les péchés du peuple. Ainsi, ce bouc ou ce coq (pour un homme /garçon) ou cette poule (pour une femme) choisis comme kappara, périront et nos péchés s”‘effriteront” ou se disperseront comme des miettes pour les réduire à néant.

Seliha, mehila oukappara sont d’une approche différente et surtout d’une portée différente qu’il s’agisse des rapports entre humains ou vis-à-vis du Saint Béni soit IL ! Les fautes commises entre humains ne peuvent être pardonnées qu’entre humains et celles vis-à-vis de D. que par Lui-Même ! Mais, de même que D. a créé l’homme et connaît toutes ses forfaitures, D. a la possibilité de réduire les vies humaines à néant si l’homme ne se souvient pas qu’il doit être redevable de tout au Créateur et si dans ses actes quotidiens il n’a pas l’humilité “d’établir le contact” avec le Maître de l’Univers.

L’être humain a de nombreuses raisons de demander seliha, et mehila au Tout Puissant en n’ayant pas totalement adhéré aux 613 préceptes édictés dans la Torah et en ne mettant pas toute sa foi en le Créateur.

Les requêtes adressées le sont dans le cadre d’un libre échange : amour et confiance confondus du peuple vers son D et de D vers Ses enfants : c’est alors qu’il est question de Brith (d’Alliance) : ברית = 612 avec D soit l’ensemble des 613 commandements !

C’est pour cela que tout au long de l’office de kippour nous demandons qu’à notre égard D. pardonne nos fautes en cette supplique si belle qui nous rappelle à l’ordre : nos yeux sont suspendus à Toi : aies pitié de nous comme un père a pitié de ses enfants !

Sois miséricordieux vis-à-vis de nous et regarde nous avec compassion car nous ne sommes que des êtres faibles et misérables et Te demandons seliha, mehila et annihiles nos péchés comme des sacrifices pour nous racheter, annules nos péchés, annihiles nos fautes et liquides nos infractions pour nous permettre à tous de voir Ta Magnificence et que bientôt règne sur ce monde en détresse Ta Justice. Amen !

Caroline Elishéva Rebouh.

Il existe une coutume qui est de piquer AVANT la fête un coing, une pomme ou une orange avec des clous de girofle pour faire des berakhoth sur les bonnes odeurs des fruits ou sur les épices et certaines personnes s’en servent dans le but de reprendre un peu leurs esprits pendant le jeûne.
Pour multiplier nos mérites, nous nous servons de ces parfums pour faire le plus de berakhot possible.

GMAR HATIMA TOVA ET TSOM KAL QUE D. FASSE QUE TOUT LE PEUPLE D’ISRAEL SOIT INSCRIT DANS LE LIVRE DE LA VIE, DE LA GUÉRISON, DE LA PAIX, DE LA PARNASSA, ET DE LA DÉLIVRANCE. QUE D. GUÉRISSE TOUS LES MALADES!

QUE CEUX QUI ONT BESOIN D’ENFANTS SOIENT EXAUCES, QUE CEUX QUI RÊVENT DE RENCONTRER L’AME SŒUR SE MARIENT CETTE ANNÉE, QUE CEUX QUI ETUDIENT PROGRESSENT DANS LEUR ETUDE ET QUE D. AIE PITIÉ DE SON PEUPLE ! ET QU’IL PROTÈGE TOUS NOS SOLDATS !

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