C’est une première en Europe. Dans un village du centre de la France, au cœur de la campagne, va s’ouvrir prochainement un centre où séjourneront des résidents un peu particuliers. «Ici seront accueillis durant une période maximum de dix mois des jeunes âgés de 18 à 30 ans en voie de radicalisation et qui veulent s’en sortir», a expliqué le préfet d’Indre-et-Loire.

Fresque colorée

Pendant la visite, on constate que le traitement préconisé par les pouvoirs publics pour endiguer la radicalisation relève plus du séjour en internat que du service militaire. Les quelques parties du centre livrées à l’œil des caméras portent les traces du passé récent des lieux : jusqu’à l’an dernier, Pontourny était un centre d’éducation pour les mineurs étrangers isolés. Dans une salle dédiée aux permanences de nuit, «en cas de crise» de résidents par exemple, une fresque très colorée, vraisemblablement réalisée par d’anciens pensionnaires, représente, pêle-mêle, un ange s’exclamant «Ah ! L’amour !», Bécassine, ou encore une bande d’amis sur un canapé. On monte tant bien que mal au premier étage – la quarantaine de journalistes français et étrangers présents ne sont pas très disciplinés – pour découvrir une chambre, tout ce qu’il y a de plus classique. Murs vert anis un peu passé, lit une place (certaines chambres accueilleront deux «volontaires»), bureau, armoire, et même réveil jaune avec des chevaux. A la fenêtre, des barreaux.

centre

Autrefois centre éducatif pour mineurs en difficulté, le château de Pontourny est en train d’être transformé pour remplir sa nouvelle mission. Les premiers arrivants – une demi-douzaine – seront accueillis à la fin de septembre. ­Durant leur séjour, ils devront ­réapprendre à vivre avec les valeurs républicaines, assistant à une levée du drapeau une fois par semaine. Ils suivront des cours d’histoire, de philosophie et d’éducation aux médias, en même temps qu’ils définiront un projet professionnel, synonyme de nouveau départ dans la vie. L’enjeu étant, à la fin, d’obtenir un désengagement de la haine et de la violence envers la France.

L’admission à cet internat se fera sur la base du volontariat. Aucun résident «ne sera sous main de justice pour faits de terrorisme, n’aura tenté d’aller en Syrie ou n’aura été condamné pour des faits de violence», a assuré le préfet. Une trentaine de travailleurs sociaux accompagneront ces jeunes durant leur séjour.

20mn

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire