Tsahal exige une enquête sur les fuites de la chaîne 14
L’organisation « Forum des combattants des Épées de fer » a saisi la Haute Cour de justice israélienne (BAGATS) pour exiger l’ouverture d’une enquête pénale complète contre le 14e canal de télévision. Ce recours intervient après des accusations graves de divulgation répétée d’informations militaires confidentielles en direct, mettant en danger la sécurité nationale et ayant causé la mort de soldats israéliens.
Cette initiative est portée par un groupe mené par le colonel de réserve Hanoch Daube, ancien commandant de bataillon blindé engagé dans les récents combats. Ils reprochent à la direction du canal, ainsi qu’à plusieurs figures clés, d’avoir violé de manière flagrante les règles de la censure militaire. La plainte vise aussi bien les autorités chargées de faire respecter la loi que le média lui-même.
Parmi les personnes mises en cause figurent le procureur général Amit Eisman, son adjoint Alon Altman, le chef de la police d’investigation et de renseignement, le général-major Boaz Blat, ainsi que le censeur militaire en chef, le brigadier général Nathaniel Kula. Du côté du 14e canal, sont nommés le propriétaire Itzhak Mirilashvili, le directeur général Ariel Edri, le chef du service des informations Yoram Cohen, ainsi que plusieurs journalistes et commentateurs politiques connus.
La plainte s’appuie sur plus de treize cas documentés de fuites d’informations classifiées sur une période de deux ans. Les plaignants accusent le canal de privilégier les audiences au détriment de la sécurité des soldats et du succès des opérations secrètes. Plusieurs incidents sont détaillés, notamment des révélations en direct des positions exactes des troupes israéliennes au Liban en 2026, suivies d’attaques meurtrières attribuées au Hezbollah.
D’autres exemples incluent des commentaires sur la préparation imminente d’opérations militaires, des fuites sur des plans de guerre au nord du pays, ou encore la divulgation d’informations techniques sensibles utilisées dans la bande de Gaza. Ces révélations auraient compromis des missions cruciales, selon les militaires.
Malgré la gravité des faits, les autorités judiciaires et policières sont accusées d’inaction. Le Forum avait déjà adressé des plaintes détaillées en 2024 et 2025, restées sans suite. La réponse formelle de la justice a été une simple attente des résultats d’enquêtes internes, sans mesures concrètes.
Les plaignants dénoncent un refus d’engager des poursuites, notamment de la part de l’adjoint du procureur général, considéré comme manquant à ses obligations administratives. Ils soulignent aussi un traitement inégal par rapport à d’autres affaires de fuites, où les enquêtes et les interrogatoires de journalistes ont été rapides et rigoureux.
Face à ce blocage, la demande adressée au BAGATS vise à obtenir une ordonnance obligeant la police et la justice à justifier leur inaction, ou à lancer immédiatement des procédures pénales et administratives. Une audience urgente est également sollicitée, en raison de la menace persistante que ces fuites font peser sur la sécurité de l’État.
Cette affaire met en lumière les tensions entre liberté de la presse et impératifs de sécurité dans un contexte de conflits régionaux, où la divulgation d’informations sensibles peut avoir des conséquences dramatiques sur le terrain et sur la vie des soldats israéliens.
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