Nul doute que ce que la France a vécu ces derniers jours n’est qu’un avant-goût de ce qu’elle pourrait connaître au lendemain de l’élection présidentielle de 2027.

Nous connaissons déjà les slogans. Monsieur Bally Bagayoko nous a déjà annoncé que « la violence est légitime », selon les circonstances et les appréciations des uns et des autres.

D’ailleurs, ceux qui excusent les saccages, les violences, les vols et les brutalités défilent sur les plateaux de télévision, sans que certains journalistes de gauche y trouvent grand-chose à redire.

La France sombre progressivement dans une spirale de violence, et des affrontements généralisés, voire une guerre civile, ne peuvent plus être totalement exclus. On observe d’ailleurs les prémices d’une mobilisation à droite pour faire face aux violences d’une partie de la gauche, que ses responsables politiques ne condamnent que du bout des lèvres, de peur de compromettre l’union électorale au second tour.

Si Marine Le Pen est effectivement donnée gagnante dans certains sondages, rien n’interdit d’imaginer qu’un scandale opportunément orchestré à la dernière minute puisse venir faire barrage à son élection.

Ce scénario, déjà vécu lors de l’affaire Fillon, pourrait parfaitement se reproduire. Les révélations de Mediapart, qui exhument des propos attribués à Jordan Bardella et dont l’authenticité reste à établir, pourraient s’inscrire dans cette logique de pièges médiatiques et politiques susceptibles d’être tendus à l’approche d’une échéance électorale décisive.

La démocratie a ses secrets que la raison ne connaît pas, surtout lorsque celle-ci n’est plus qu’une démocratie de façade.

Le véritable danger pour la France ne réside pas seulement dans le résultat des urnes, mais dans le refus éventuel de certains camps politiques d’en accepter le verdict. Car lorsque la violence devient un instrument de contestation politique et que la légitimité du suffrage universel est remise en cause, ce sont les fondements mêmes de la République qui vacillent.

Présidentielle 2027 : un premier sondage post-17 octobre donne Marine Le Pen largement en tête au premier tour, devant Jean-Luc Mélenchon.

La candidate du RN progresse davantage que ses concurrents, selon cette enquête menée entre samedi soir et lundi. Le leader insoumis conforte sa deuxième place, tandis que les candidats du bloc central sont en recul.

Les violences en marge de la mobilisation du 17 octobre ont-elles eu des conséquences sur les intentions de vote des Français ? Un nouveau sondage d’Ifop-Fiducial pour LCI, Le Figaro et Sud Radio publié mardi donne Marine Le Pen toujours largement en tête des intentions de vote au premier tour de la présidentielle. La candidate du RN creuse même l’écart avec ses concurrents.

Cette enquête, réalisée entre samedi soir et lundi soir est la première depuis les émeutes du week-end dans plusieurs grandes villes.

Selon les hypothèses testées, Marine Le Pen obtiendrait entre 34 et 38 % des intentions de votes, soit une hausse de 1 à 2 points par rapport au précédent sondage. Si Gabriel Attal était seul en piste pour le bloc central, elle récolterait 38 % des intentions de vote et 36 % s’il s’agit d’Édouard Philippe.

Jean-Luc Mélenchon qualifié, le bloc central en recul
Quelles que soient les configurations testées, c’est Jean-Luc Mélenchon qui lui ferait face au second tour, comme l’indiquaient déjà plusieurs sondages ces derniers jours. Le leader insoumis obtiendrait entre 16 et 16,5 % des intentions de vote. Si Gabriel Attal était le candidat unique du centre, Jean-Luc Mélenchon serait au coude à coude avec Raphaël Glucksmann, également crédité de 16 points dans ce cas de figure.

Le candidat désigné par la primaire sociale-démocrate devancerait Édouard Philippe, (respectivement 13,5 et 12 %), en cas de division du bloc central. En revanche, si le maire du Havre était seul en piste, ce dernier devancerait l’eurodéputé Place publique (15 % et 14 %). Dans l’ensemble, les candidats du bloc central sont ceux qui observent le recul le plus net.

Marine Le Pen semble avoir davantage profité des violences en France ces derniers jours, obtenant entre 1 et 2 points supplémentaires, par rapport à la mi-octobre, là où ses concurrents stagnent.

À l’instar des enquêtes réalisées ces dernières semaines, la candidate du RN remporterait systématiquement le second tour quel que soit son adversaire, indique ce nouveau sondage. L’écart serait plus grand face à Jean-Luc Mélenchon, hypothèse dans laquelle elle réunirait 68 % des voix (+ 1). Si Édouard Philippe parvenait à se qualifier au second tour, la députée du Pas-de-Calais, obtiendrait 56 % des suffrages (=) , 58 % face à Gabriel Attal (+ 4), 57 % face à Raphaël Glucksmann (+ 2) et 59 % face à François Hollande (+ 5).

«Je ne vois pas ce qui peut nous arrêter» : après les violences du 17 octobre, Marine Le Pen assoit sa domination sur la campagne.

Au lendemain des émeutes, la candidate nationaliste est la seule à consolider ses intentions de vote au premier tour, selon notre sondage Ifop-Fiducial.

Dans un restaurant, à deux pas de l’Assemblée nationale, ce stratège nationaliste touche du bois. « La campagne est encore longue, mais aujourd’hui, vraiment, je ne vois pas trop ce qui peut nous empêcher de gagner. Je ne vois pas ce qui peut nous arrêter », dit-il. Il fait semblant de rester prudent, mais rien n’y fait : l’optimisme gagne ce député du Rassemblement national (RN), pourtant plutôt discret et réservé.

Cela ne fait que deux jours que les manifestations du 17 octobre, qui se sont transformées en émeutes et pillages dans plusieurs grandes villes, ont eu lieu. « Il va y avoir un second acte samedi prochain, et on verra à ce moment-là si cela devient vraiment un tournant de la campagne présidentielle », analyse-t-il.

Marine Le Pen, la «gagnante» électorale du 17 octobre
Même sans cela, les événements du 17 octobre ont déjà un impact électoral visible, alors que le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu dans six mois. Selon notre sondage Ifop Le Figaro-LCI-Sud Radio, publié ce mardi, c’est Marine Le Pen qui engrange le plus de points après les images violentes et stupéfiantes de ce week-end, et malgré l’allocution d’Emmanuel Macron dimanche soir. Quelle que soit la configuration testée, que ce soit face à Édouard Philippe, seul candidat du centre, ou bien Gabriel Attal, avec ou sans Raphaël Glucksmann ou François Hollande, la candidate du RN à la présidentielle gagnerait entre un et quatre points si le premier tour avait lieu ce dimanche.

Concrètement : Marine Le Pen est mesurée entre 34 et 38 % des intentions de vote. Si jamais la députée du Pas-de-Calais, qui en est à sa quatrième candidature à la fonction suprême, obtenait ce score au premier tour en avril prochain, il faudrait revenir à l’élection présidentielle de 1974 pour voir de tels scores. François Mitterrand avait terminé avec 43 % des suffrages. Et il avait été battu au second tour par Valéry Giscard d’Estaing. « La vraie nouveauté de cette élection, c’est que personne ne peut venir perturber notre domination dans notre propre camp, pointe un stratège mariniste. En 2007 et 2012, il y avait Nicolas Sarkozy. En 2017, c’était François Fillon . En 2022, c’était Éric Zemmour. Aujourd’hui, contrairement à tous les autres, nous dominons notre espace. »

Le parti de l’ordre n’est plus incarné par ceux qui gouvernent, et ceux qui en sont proches, mais par nous

Un lieutenant lepéniste

Les effets immédiats des manifestations du 17 octobre ont été très vite analysés par les proches de Marine Le Pen. « Une chose me paraît claire, c’est que nous représentons maintenant le parti de l’ordre. Et quand il y a du désordre, c’est le parti de l’ordre qui en récupère les dividendes », observait un lieutenant lepéniste, avant de poursuivre : « C’est cela qui est inédit : le parti de l’ordre n’est plus incarné par ceux qui gouvernent, et ceux qui en sont proches, mais par nous. »

À cela, les stratèges de Marine Le Pen ajoutent les deux dernières années durant lesquelles, sur le front économique, ils ont profité de l’absence de majorité à l’Assemblée nationale, de la crise budgétaire qui se profile et des mauvais résultats économiques d’Emmanuel Macron pour capter un nouvel électorat. « Tout cela s’additionne. À la fin, on est perçu comme des gaullistes, les seuls capables de sauver la situation », constate un proche de la candidate nationaliste.

Les successions de crises qui frappent durement la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron ne doivent pas pour autant perturber la marche lepéniste vers le pouvoir. « Ce qu’on ne souhaite pas, c’est une accélération du calendrier. Il faut que la campagne présidentielle ait lieu pour que l’on arrive au pouvoir avec une légitimité impossible à questionner », fait valoir un cacique nationaliste. Une démission précoce du président de la République ? Marine Le Pen n’en veut pas. Rien ne doit entraver sa conquête de l’Élysée.

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