Des conseillers de Netanyahu auraient travaillé pour un parti roumain
Un site d’investigation roumain a révélé l’implication présumée de deux conseillers du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans l’élaboration de messages politiques et de campagnes pour le parti nationaliste roumain AUR. Selon cette enquête, des échanges privés entre les deux conseillers, Orich et Einhorn, comprendraient des brouillons de campagnes, des propositions de formulations pour des réponses politiques, ainsi que des tentatives de coordination d’une rencontre avec le leader du parti, George Simion.
L’enquête s’appuie sur des messages WhatsApp attribués à Orich, obtenus suite à une faille de sécurité dans son compte. Ces communications dévoilent des discussions sur la stratégie politique d’AUR, incluant la rédaction de contenus diffusés ultérieurement sur les canaux officiels du parti. Parmi les documents partagés figuraient des textes pour des publications, des idées graphiques pour les réseaux sociaux, un article pour un site web et un scénario pour une vidéo. Cette campagne, intitulée « 120 jours sans gouvernement », visait à critiquer le président roumain Klaus Iohannis et la coalition gouvernementale en place.
Les messages contenaient des accusations sur le retard de certaines lois liées aux salaires, des craintes concernant la perte de fonds européens, ainsi que des inquiétudes exprimées par des enseignants et des médecins. Einhorn aurait conseillé d’éviter l’utilisation de la photo de Simion, en raison des critiques adressées au parti pour avoir contribué à la chute du gouvernement sans proposer d’alternative.
L’enquête souligne une correspondance notable entre les idées évoquées dans ces échanges et les publications ultérieures sur les plateformes officielles d’AUR, notamment sur la page Facebook du parti et celle d’un député et porte-parole du parti, Stefan Abramescu. Des messages similaires sont apparus également sur la page d’une section locale du parti.
Un autre volet des échanges concerne une demande de conseils liée à un conflit politique autour des fonds alloués à la Roumanie dans le cadre du plan de relance de l’Union européenne. Des groupes du Parlement européen, associés aux partis PNL et USR, avaient sollicité la présidente de la Commission européenne pour examiner le gel de 770 millions d’euros de ce plan. Einhorn aurait proposé des messages présentant les adversaires politiques d’AUR comme des promoteurs d’intérêts bruxellois au détriment du public roumain, accusant ces derniers d’imposer des taxes plus élevées et de réduire les budgets pour les écoles, hôpitaux et infrastructures.
L’enquête met aussi en lumière la tentative d’Einhorn de rencontrer George Simion. Initialement prévue le 14 septembre, la rencontre a été retardée en raison des craintes du leader concernant les répercussions médiatiques. Finalement, la réunion a eu lieu le 15 septembre, mais Simion aurait montré des réserves quant aux conséquences de cette entrevue.
Le parti AUR a nié toute collaboration avec les conseillers israéliens, qualifiant les informations de fausses. Il a toutefois reconnu avoir reçu une proposition de services de conseil politique de leur part, sans pour autant avoir signé de contrat ou entamé une collaboration. Le parti n’a pas expliqué pourquoi des messages similaires à ceux des échanges privés étaient apparus dans ses communications officielles avant leur publication publique.
Cette affaire soulève des questions sur l’influence étrangère dans la politique roumaine et sur les relations entre certains conseillers israéliens et des partis nationalistes européens. Elle illustre également les enjeux de transparence et de communication dans le contexte politique actuel en Roumanie.
Jforum.fr
![]() |
![]() |





































