Appel au réveil: à deux semaines de la quatrième élection – et le système politique semble être en sommeil

Une année d’épidémies, une crise économique en cours, des dizaines de manifestations à la rue Balfour ‒  à côté de la résidence du Premier ministre de Jérusalem ‒ et un carrefour politico-sécuritaire critique n’ont pas réussi à déclencher des campagnes.

  • La bataille est proche, les tensions sont à leur apogée ‒ mais la campagne électorale a jusqu’à présent rencontré un mur d’indifférence
  • Les parties commencent à s’intérioriser – interprétation.

La campagne électorale actuelle, qui s’achèvera dans exactement deux semaines, avait toutes les chances d’être particulièrement turbulente et passionnée. Elle a du mal à s’amorcer après un an d’épidémie historique et une crise économique et psychologique persistante, à la suite d’un changement de gouvernement aux États-Unis et d’un carrefour politique sécuritaire et critique sur la question iranienne. Par ailleurs, le sort de la justice est également en jeu, tout comme la règle des fonctionnaires et le rapport Etat et religion qui a atteint des sommets récemment.

Netanyahou: « Saar et Bennett mentent ‒ ils iront avec Lapid ».

Premier ministre Benyamin Netanyahou, Président du parti LIKOUD.

Et comme si tout cela ne suffisait pas, les résultats de la campagne électorale sont également tendus et angoissants… Personne ne sait qui va gagner, à savoir s’il va sortir des urnes une coalition majoritaire…Les sondages actuels sont contradictoires, comme quoi la décision finale pourrait tomber à l’avantage de telle formation ou de telle autre…

A priori, la campagne électorale devrait être bruyante et frénétique. Les manifestants de Balfour ‒ à qui on a, en fin de compte, donné une chance de remplacer ce gouvernement  de droitistes,, de conservateurs et des ultra-orthodoxes, qui se battaient pour tenter de sauvegarder leurs droits, qui ont dû monter sur des barricades et se battre avec acharnement et enthousiasme… Pas un seul semblant de présence sur le terrain ne s’est produit. Comment se fait-il que, malgré tous les chiffres d’ouverture, la campagne électorale se déroule avec une telle indifférence et presque sans que nous nous en rendions compte.

Plusieurs explications peuvent être données à ce sujet, parmi lesquelles le sentiment de dégoût et de méfiance sévère à l’issue d’une quatrième campagne électorale. Pourtant, celui qui a essayé ces derniers jours de dépoussiérer les militants endormis c’est le Premier ministre, qui a commencé à piétiner et à labourer le pays dans une série d’événements incessants du matin au soir. La grande question est de savoir s’il réussira sa mission de pousser la droite à venir le jour du scrutin et à voter en masse, ou si la plupart d’entre eux resteront chez eux cette fois-ci.

Netanyahou envoie un vibrant message contre le régime Lapid, mais il existe de nombreux autres motifs censés motiver des masses d’électeurs de droite vers les urnes. La Cour internationale de justice de La Haye a rappelé ce qui nous arrive sur la scène internationale lorsque la Maison Blanche a un locataire moins sympathique, et notre Cour suprême a veillé à mentionner que l’activisme terroriste est toujours là et frappe pleinement. Un parti envisage, pour la première fois, de faire entrer à la Knesset un représentant de la communauté réformiste, et un autre qui chercherait à détruire Zichron Yaacov et à disperser sa population en Europe, et un autre parti soutient l’interrogatoire de soldats et d’officiers des FDI devant les tribunaux antisémites internationaux.

Un pas en avant, un pas  en arrière

 

Yaïr Lapid, chef de file de la liste Yesh Atid.

Cependant, alors que Netanyahu intensifie ses apparitions, son principal rival, Yaïr Lapid, prend bien soin de se cacher. En parfaite coordination avec ses partenaires politiques du camp de la gauche, Lapid ne s’inquiète pas du nombre de sièges dans Yesh Atid, mais du nombre de sièges de tous les partis de gauche et de la liste Tikvah ‘hadasha (nouvel espoir, de Guideon Saar) réunis, pour atteindre une majorité de 61 députés afin de créer ainsi une majorité de blocage qui pourrait réussir à remplacer Netanyahou au pouvoir. Lapid s’appuie beaucoup sur le mécanisme de fonctionnement de son parti, qui a fait ses preuves à plusieurs reprises lors des tours précédents, ce qui amènerait les électeurs aux urnes au moment crucial. Pour cela, vous n’avez pas besoin d’une campagne, vous avez besoin d’un système de transport.

Gideon Saar, en revanche, doit faire campagne en l’absence de présence sur le terrain. Saar s’appuie essentiellement sur ses capacités politiques pour réussir là où Netanyahou et Lapid peuvent échouer, mais le faire avec un nombre de sièges à un chiffre semble plutôt ridicule, et les partisans d’un « nouvel espoir » ne permettraient pas que cela se produise, compte tenu la tendance marquée à l’affaiblissement de ces derniers jours.

Guideon Saar, chef de file de la liste Tikvah ‘hadasha.

Celui qui est dans l’élan, malgré l’ambiguïté de ses intentions pour le lendemain, c’est Naftali Bennett (Chef de file du parti de droite Yamina). La droite dans sa tête semble stable et ne montre aucun signe de faiblesse comme cela s’était produit avec son groupe la nouvelle droite, il y a environ un an.

Naftali Bennett, chef de file de la liste Yamina.

La bataille pour le bloc arabe

Et la prochaine grande bataille sur le terrain est celle des partis arabes réunis. Il s’agit d’une bataille sectorielle dont les conséquences affecteraient sûrement l’ensemble du système politique israélien, et peut-être jusqu’à l’identité même du prochain Premier ministre. Les partis arabes ont une énorme base d’électeurs mais avec des taux de participation de vote réduits. A savoir si la capacité de persuasion   sera en mesure, cette fois-ci, de constituer un bloc majoritaire pour Netanyahou ou se terminera par un marasme.

Pour ainsi dire, la tâche de secouer le camp national pour le réveiller de son coma et de le pousser aux urnes est devenue la tâche principale de Netanyahou, mais pas seulement la sienne. L’opinion du Premier ministre sera probablement déjà difficile à changer, mais la décision finale de se relever et de quitter le pouvoir est également possible.

Eliezer Zis JForum, inspiré de Israel Hayom

1 COMMENTAIRE

  1. Si ces crétins de politiciens qui ne pensent que stratégie personnelle et carrière ne cessent pas leurs simagrées, on finira avec la liste arabe au gouvernement.

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