TEROUMA 5782 VOICI LES CLÉS DU MISHKANE NE LES PERDS SURTOUT PAS !!

 

Les Sages discutent entre eux à travers les siècles pour savoir pourquoi après la première sidra de lois on aborde une suite de parashoth ayant trait au Mishkan. Certains pensent que la « rédaction » de cette péricope énonçant les instructions afférant à la construction du Mishkan (Tabernacle) s’est produite après la faute du veau d’or et certains pensent que tout s’est passé comme l’ordre de ces parashoth tel qu’il se trouve dans la Torah.

En fait, ce qui est à mes yeux est plus important le contenu de ces chapitres et non pas l’ordre chronologique car, il faut savoir ce que représente le mishkan pour l’ensemble du peuple et pour chaque individu de manière particulière et je m’explique : Il est écrit dans le texte les mots suivants qui, eux, vont nous aider à comprendre les différences entre chaque notion.

HaShem S’exprime ainsi « VE’ASSOU LI MISHKANE VESHAKHANETI BETOKHAM c’est-à-dire : ILS ME FERONT UN MISHKAN (Tabernacle) et JE résiderai parmi eux.
En hébreu ce que nous traduisons en français par « parmi eux » devrait se traduire par « à l’intérieur d’eux » et c’est pour cela que certains exégètes comprennent qu’HaShem résidera au milieu du Peuple mais certains émettent aussi l’opinion selon laquelle HaShem n’exclut nullement le fait qu’IL habitera aussi à l’intérieur de chaque être humain désirant adopter la Torah et les mitsvoth qu’elle contient.

Avoir adopté la Torah et ses mitsvoth signifie adopter et adhérer à HaShem ce qui inclut une union complète entre le Créateur et Sa créature et ce qui inclut de manière tacite que si l’homme écoute, applique tout ce qu’HaShem a ordonné dans Sa doctrine alors, IL aura à cœur d’accomplir nos désirs. Dans des termes plus simplistes, en adoptant les règles à vivre enseignées par la Torah, le Créateur donnera à l’homme, en quelque sorte, la possibilité d’être « l’associé » de D. dans de très nombreux domaines SAUF dans 3 domaines qui restent exclusivement la propriété et l’apanage du Saint béni soit-IL, tel que nous l’enseigne la Guemara Taânit (2a) : la pluie (abondance ou manque), la vie (longueur, qualité et santé), et la Résurrection des morts à la fin des Temps.
Quel est notre rôle ? Chacun d’entre nous est fait de telle sorte qu’il est plus réceptif à certaines choses qu’à d’autres. Chacun peut prier, agir pour lui et pour la communauté (non pas seulement la communauté de ce qui est notre décorum mais de tout ce qui peut être en commun à un niveau quelconque). Le retour aux sources (la teshouva), et la prière peuvent, aussi être importants pour l’ensemble de la communauté (l’ensemble du peuple peu importe où ils résident et peu importe la taille de cette communauté. Le seul fait de se regrouper, de vouloir le bien pour tous, tout peut empêcher au « mal » de se produire ainsi qu’il est écrit dans l’Exode chapitre XV verset 9 : J’enlèverai la maladie d’entre vous car Je suis l’Éternel votre Médecin.
Lors des années embolismiques, lorsque nous avons deux mois d’Adar, nous disposons d’un mois (le premier des deux mois d’Adar pour faire un retour sur nous-mêmes et faire Teshouva, un peu à l’instar du mois d’Eloul où nous faisons notre propre examen de conscience et où nous nous apprêtons pour la fête de Pourim.

Les Sages s’interrogent sur le fait qu’HaShem promet aux hommes de les récompenser pour leur amour de la Torah et pour le temps qu’ils consacrent à son étude et à son approfondissement et la question est de savoir quel en est le motif.
Pour illustrer cela, nous citerons une petite histoire tirée du Talmud (traité de Baba Metsia) que j’aime vraiment beaucoup que vous pourrez lire in extenso en annexe avec d’autres articles : il s’agit d’une discussion qui existe sur un point de loi de la Torah et, deux éminents Sages s’affrontent. (je résume donc pour ne citer ici que le point le plus beau) Rabbi Eliezer et Rabbi Yéhoshoua se mesurent l’un à l’autre et, HaShem s’écrie : NITZHOUNI BANAY (Mes Fils M’ont vaincu) et, IL sourit !!!! Ainsi tel un père fier de ses enfants, IL s’attendrit et sourit, IL est prêt à bénir Ses enfants qui Lui ont prouvé que la Torah, SA Torah est digne d’intérêt !!!
Terouma est une offrande. Ces offrandes dont il est question et qui sont détaillées avec beaucoup de précision sont obligatoires mais sont adaptées à chacun, et sont minimes, de manière à mettre pauvres et riches au même niveau c’est pour cela aussi que le dénombrement (voir parashat shekalim) le demi shekel (mahatsit hashekel) est imposé et c’est avec lui qui aura été offert par tous, que les bêtes présentées aux sacrifices seront acquises, de même que les vêtements sacerdotaux et tout ce qui servira au fonctionnement quotidien du Temple. Les offrandes sont à prendre de tout un chacun et, pour la troisième terouma chacun aura le devoir d’offrir parmi les fournitures énumérées ce qu’il aura envie d’offrir, encore une fois, selon ses moyens.
Le midrash nous rapporte d’ailleurs une très belle histoire en nous confiant que les femmes ont offert pour la construction du Temple, des ustensiles en cuivre parce que, lorsque les Hébreux étaient encore en Egypte et que les maris rentraient chez eux harassés par le labeur quotidien, les femmes se servaient de leurs ustensiles en cuivre pour se faire belles et encourager leur mari à procréer. C’est pour honorer la vertu de ces femmes que des ustensiles en cuivre offerts par les femmes eurent une part dans la construction du Temple.
Ce Temple va être la Maison de D. Mais n’est-ce pas un contre-sens de construire une maison pour D. ? En fait, le Temple va servir à permettre aux humains de mieux se concentrer ou mieux d’imaginer que D siégeant au-dessus du Sanctuaire, l’homme va se hisser vers la Sainteté, vers l’Ineffable.
Le Zohar va nous donner son interprétation du mot Terouma. Le Zohar va décomposer le mot en tarom ha c’est-à-dire élève le HE qui est l’une des lettres du Tétragramme (ou nom de D. qui s’écrit en 4 lettres hébraïques) que le Zohar scinde en deux parties : les trois premières qui résideront dans les sphères supérieures et la dernière dans ce monde-ci, parmi les hommes. La réflexion du Zohar nous permet de comprendre le mot terouma en tarom hé c’est-à-dire élève le hé de la deuxième partie du Tétragramme des sphères inférieures vers les sphères supérieures. C’est ainsi que D. va séjourner parmi Ses enfants qui s’efforceront à s’élever vers la Sainteté.
La Torah énonce :
וְיִקְחוּ-לִי תְּרוּמָה: מֵאֵת כָּל-אִישׁ אֲשֶׁר יִדְּבֶנּוּ לִבּוֹ, תִּקְחוּ אֶת-תְּרוּמָתִי דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל
Invite les enfants d’Israël à Me préparer une offrande de la part de quiconque y sera porté par son cœur, vous recevrez Mon offrande.
Dans le verset hébraïque est employé le verbe « prendre » ( ויקחו) et non pas le verbe « donner » (לתת). Que cela vient-il nous enseigner ?
Tout ce qui existe est à notre disposition de par la grâce divine, y compris les moyens dont nous disposons pour notre subsistance mais, rien n’est garanti à aucun d’entre nous et tout est éphémère. Lorsque D. met Sa confiance en quelqu’un et met chez ce quelqu’un, en dépôt, une somme d’argent c’est, en quelque sorte, pour examiner la conduite de ladite personne en possession de cet argent : va-t-il s’en servir pour s’enrichir et tout garder par devers lui ? Ou bien, va-t-il essayer de donner du bien-être à ceux qui n’en ont pas ? Va-t-il aider les plus faibles et en profiter pour renforcer ceux qui étudient la Torah ? En ce cas, celui qui donne de son argent, en recevra aussi en retour comme l’affirment les commentateurs du célèbre verset de la Torah dans la parasha de Ki Tissa à propos du mot « venatenou » que l’on peut lire de la même façon à l’endroit ou à l’envers (palindrome) car cela signifie que ce que l’on donne revient vers soi en signe de bénédiction :
כִּי תִשָּׂא אֶת-רֹאשׁ בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל, לִפְקֻדֵיהֶם, וְנָתְנוּ אִישׁ כֹּפֶר נַפְשׁוֹ לַיהוָה, בִּפְקֹד אֹתָם
Le mot לתת en hébreu montre de façon graphique avec la lettre lamed suivie de deux fois la lettre tav que celui qui donne au nom d’HaShem (valeur du Tétragramme =26) et, comme on peut le voir, les deux lettres tav sont écrites comme si l’une donne la main à l’autre.
De plus, la mitsva du demi-shekel que chacun doit donner (en signe de dénombrement et, utilisé pour le fonctionnement du Temple) se dit en hébreu : מחצית השקל (mahatsith hashekel). En découpant le mot « mahatsith » nous trouverons des indications troublantes venant confirmer le demi verset des Proverbes de Salomon : « la Tsedaka sauve de la mort » (Mishlé X, 2 ou XI, 4). En effet, le mot demi s’écrit ainsi : מ ח צ י ת la lettre qui s’inscrit au centre du mot est le tsadik initiale du mot tsedaka de chaque côté de cette lettre se trouvent le heth et le youd qui forment le mot hay (vivant) et, plus loin de la lettre tsadik se trouvent les lettres mem et tav qui, ensemble, forment le mot met (mort) ce qui revient à dire qu’en faisant la tsedaka on compte parmi les vivants et que, de plus, la tsedaka peut sauver la personne de la mort.
La tsedaka ne se donne pas sans compter : la Torah fixe des limites : de 10 à 20 % du revenu net après avoir payé ses impôts et autres frais fixes.
Pourquoi est-il spécifié que chacun doit faire une offrande selon son cœur ?
On donne avec sa main et on offre avec son cœur et, en aucun cas, ici, n’intervient la pensée. L’empathie doit intervenir et le souhait d’aider à rétablir une justice sociale en pratiquant la tsedaka mot que l’on traduit indument par charité. Pourquoi la Torah demande-t-elle : de prendre pour HaShem une offrande ? Car, on pratiquera une offrande sur ce qu’HaShem nous donne pour faire un prélèvement. Ce mot se rapproche vraiment du mot hébraïque terouma car dans ce vocable se trouve la racine « rom » qui signifie élever tout comme dans « prélèvement » se trouve la racine lever (élever). En faisant un prélèvement, on élève l’offrande à un niveau spirituel (רוחני) en la vouant à un degré de sanctification.
La terouma tout comme la tsedaka est un acte qui, le rappelle Maïmonide, est participatif. Ainsi, lorsque le Créateur a voulu détruire Sodome et Gomorrhe, D a annoncé Son intention à Abraham dont la vertu de défendre son prochain était telle que D a voulu entendre le patriarche se porter à la défense de ces créatures qui avaient d’ores et déjà été condamnées mais l’important était l’intention de vouloir défendre.
Dans la liste des matériaux qu’il est possible d’offrir se trouve l’or. L’or est l’illustration de la rigueur et de l’attribut de Jugement (מידת הדין ). Pendant que Moïse recevait la Torah au Sinaï, certains se sont tristement illustrés par tout ce qui a concerné le veau d’or. Lors de la sortie d’Egypte, les enfants de Jacob, qui, pendant les 210 années d’esclavage, n’avaient pas perçu de salaire, s’étaient remboursés avec les vases d’or et d’argent des Egyptiens. Néanmoins, ils s’empressèrent de donner tout cet or nécessaire à l’érection du Tabernacle.
Abordons, à présent, un verset qui n’est pas souvent interprété comme nous le verrons ci-dessous :
ועשו לי מקדש ושכנתי בתוכם
Ils me feront un sanctuaire et Je résiderai au milieu d’eux
Ici, on explique en général ce verset par le tsimtsoum de la Shekhina. En réalité, la Shekhina ne se trouve pas seulement dans le mishkan mais aussi elle se trouve au milieu de chacun d’entre nous et qu’ainsi chacun puisse se forger un « intérieur » doté de bonté et de piété afin que D. puisse trouver dans le cœur de chaque être humain un lieu où résider en pureté et sainteté car Il a créé l’homme בצלם אלוקים : à l’image de D.

Caroline Elishéva REBOUH

 

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